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Lecherous Gaze

On the skids

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Oakland, c’est la grande cité portuaire qui mouille la baie de San Francisco. Il faut traverser un pont de Frisco pour la rejoindre. Elle était devenue universellement célèbre au cours des sixties, célébrant alors l’apogée du mouvement hippie, son flower power et le rock acide. Lecherous Gaze en est issu. Un groupe qui pratique un punk rock teinté de psychédélisme. Il avait publié deux Eps à ce jour, "Bagagazo", en avril de cette année, et "Born on a river", en juin dernier.

En 2001, le guitariste Graham Clise et le bassiste Chris Grande fondent Annihilation Time, un groupe de hardcore punk. Ils sont alors rejoints par le drummer Noel Sullivan. En 2009, la formation remplace son vocaliste et en profite également pour transformer son patronyme en Lecherous Gaze. Depuis, le line up a encore changé de chanteur, un rôle qui a été confié à l’ex-Char-Man, Zaryan Zaidi…

La voix de Zaidi est agressive. Elle semble refléter une extrême souffrance. Le plus souvent garage/punk, la musique est puissante, offensive, saignante, dévastatrice même. La rythmique est dense. Dès la première plage, "Lyin' in the road", la guitare en profite pour se réserver un billet de sortie. Et elle savoure cette liberté. "Scorpion" adopte un schéma semblable. Le tempo est échevelé. Plus punk, le chant peut rappeler un Iggy Pop juvénile, face à un mur du son construit par des cordes très rock’n roll, au sein de la Motor City à Detroit. Le riff qui gouverne "Bagagazo" est particulièrement âpre. Le tempo nous renvoie au Led Zep du début des 70s. La voix est cependant ravagée, totalement différente de celle Robert Plant. Clise a tout le loisir de se libérer. Il dispense de nombreuses notes bien inspirées. Son envol est impressionnant, déterminé. Il s’autorise des débordements spatiaux, nous réserve une véritable panoplie de teintes psychédéliques, mais manifeste une sauvagerie qui n'est pas sans rappeler le MC5. Zaryan adopte parfois le timbre et les inflexions d’Alice Cooper. "Fustrated" n’hésite pas à prolonger ses soli, à la manière du Thin Lizzy de la grande époque. Bien construit, "Born on a river" laisse s’échapper une pluie de sonorités de grattes. Mr Zaidi implore. Clise se libère et est incapable de s'arrêter. La voix est à nouveau fulgurante et féroce tout au long de "Ravenous", une autre compo sculptée dans un punk très MC5. "War woman" véhicule une agressivité qui symbolise bien le style de LG. Zaryan ne peut souffrir en silence. Il est au bord de l’agonie, noyé dans un bain de cordes tumultueux. Sur "Passion flower", Graham Clise démontre tout son potentiel créatif. L’imagination au pouvoir ! "The grasp" nous replonge dans le hard rock des 70’s, même si la mise en forme est plus contemporaine. Un stoner rock qui a néanmoins la pêche! L’elpee s’achève par un bref instrumental plus paisible, "Redeemer".