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Lester Quitzau

So here we are

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Vivant du côté d'Edmonton, à Alberta très exactement, Lester Q est canadien. La slide guitar est sa spécialité. De quoi déjà plaire aux amateurs de blues ! Il est aujourd'hui aux commandes de son Very Electric Trio. Greg Johnston est à la basse, aux claviers et à accordéon, Lyle Molzan aux drums. Lester a aujourd'hui 27 ans. Il est né de père danois et de mère hollandaise!! Il a longtemps fait partie d'un groupe qui répondait au nom des Yard Dogs. En 1993, il a sorti un album intitulé "Keep on walking". Puis un second album, plus personnel et électrique en 96, "A big love". Pourtant Lester fréquente surtout les milieux ‘folk’. Ce qui l'a poussé à enregistrer en 2000, un album en compagnie de Bill Bourne, spécialiste en folk celtique, et du guitariste Madagascar Slim : "Tri/Continental". Double album, "Tri Continental Live" a vu le jour en février 2002.

"So here we are" s'ouvre par une version très électrique et un tantinet hard du "Rollin' & tumblin" de Muddy Waters. La section rythmique est en béton. La voix adaptée au style. La slide ronronne furieusement en produisant des montées en puissance très métalliques. Un important travail de production a été accompli tout au long des sessions d'enregistrement. Le son est très rempli, le dépouillement n'est pas ce monde. Le calme peut cependant faire partie de l'univers quitzalien. A l'instar du 'deltaesque' "Waiting", enrichi par la mise en forme d'effets amplifiés. "Honey Bee", autre classique de Muddy Waters, adopte un jeu assez technique de recherche sonore et de réverbération. Le reste de l'album relève de la plume de Lester. La trame musicale reste cependant semblable. Il opère un travail synthétique sur le son chez l'atmosphérique "Here we are". La voix est proche de celle de Jimi Hendrix. J'apprécie tout particulièrement "Release me", un blues lent, dépouillé, dégageant fièvre et menace. La guitare électrique est certainement inspirée par Billy Gibbons du ZZ Top. Au milieu du déluge émerge une chanson acoustique : "Broken heart. Une composition épicée d'un piano et d'un orgue discret ainsi que du violoncelle de Christine Hanson. "Devil's dues" est une composition assez complexe, à la sonorité originale. Elle peut rappeler El Fish de l'époque "Wisteria". La puissance de feu revient pour "Home on the range". La slide crache son venin. Un boogie dramatique rappelant une nouvelle fois ZZ Top! "Time takes time" est une somptueuse ballade, proche de la country music! L'album s'achève par "Heart & Soul", une complainte jazz funk, marquée par les percussions. Un étrange album aux saveurs inattendues...