Le rire de Will Paquin

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

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La fuite d’Ellside

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Liars

L’art de faire du neuf avec du vieux…

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Formation intemporelle par excellence, Liars se produisait ce vendredi 2 novembre au Botanique de Bruxelles, afin de nous présenter son dernier et sixième album, « WIXW » (NDR : prononcez ‘Wish You’). Pour cette formation, il s’agit d’un énième tournant dans leur carrière. C’est donc impatient, que j’attendais la transition de l’album à la scène, de cette nouvelle œuvre. Surtout que le trio jouit d’une belle notoriété en ‘live’…

La première partie du concert était assurée par The Haxon Cloak, projet solo du Londonien Bobby Krlic. L’électronica expérimentale et ténébreuse de l’Insulaire s’adresse surtout aux aficionados d’Aphex Twin et de Burial. Elle se révèle dispensable pour les autres.

C’est à 21h pile que les lumières de l’Orangerie s’éteignent. Il est étonnant que la salle ne soit pas comble. En outre le public réunit une majorité de quadragénaires voire davantage… Il est vrai que leur premier album remonte à une décennie, déjà. Il y a deux ans, lors de leur prestation au même Bota, le line up était enrichi de musiciens de tournée. Aujourd’hui, il se résume au trio de base. Ils portent un costard. Un look qui contraste avec leur tignasse ébouriffée, mais également leur expression sonore si peu conventionnelle…

La première demi-heure du concert est consacrée à leur dernière livraison. Julian Gross, le batteur, reconnaissable à ses deux tresses qui retombent sur ses épaules, passe son temps derrière des synthés tout comme ses acolytes. Si les rythmes tribaux ainsi que les guitares dissonantes sont absentes des premiers morceaux, on reconnaît la patte du groupe : les basses sourdes, le chant si caractéristique du géant Angus Andrew ainsi les ambiances hypnotiques. Pour illuminer cette ‘électro-pop’, un écran diffuse des images psychédéliques. Mais aussi un light show coloré et des stroboscopes. Une mise en scène idéale pour pénétrer dans l’univers vaporeux de Liars. L’auditoire est subjugué par le set. Et pour cause, malgré les gesticulations du chanteur, il écoute et regarde.  

Après quelques titres, Gross prend sa place derrière les fûts, alors que ses compères troquent régulièrement leurs synthés pour la guitare ou la basse.

Cette seconde partie de set va permettre au combo de revisiter leur catalogue, hormis le tout premier elpee, il faut le préciser. Mais pas question de reproduire les compos, comme en studio. Elles sont réadaptées suivant l’inspiration du moment. Et sous cette forme nouvelle, les morceaux se révèlent aussi surprenants qu’impressionnants. Liars est toujours en constante évolution. Il l’a de nouveau démontré. Et mérite amplement son statut de groupe avant-gardiste.   

(Organisation Botanique)

 

Liars

Drum’s not dead

Écrit par

Liars. Déjà, le nom claque. Les New-yorkais sont violents, sauvages, sexy et insaisissables. Après un premier album punk-funk couillu, un deuxième effort arty au possible, incompréhensible pour 99 pour-cent des oreilles de la population mondiale, voilà que déboule le grand trip cosmique, psychotique à souhait. Probablement influencés par le krautrock ou un groupe comme les Silver Apples, le groupe ne fait aucune concession. La gloire ? Rien à cirer ! Les radios ? Et puis quoi encore ? Céder, c’est mourir. Les leçons de « White Light White Hea »t ont enfin été tirées. Et le projet porte bien son nom, « Drum’s Not Dead » s’exprime essentiellement par la batterie, colonne vertébrale autour de laquelle serpentent voix et guitares incandescentes. Le chant, désormais, est psalmodié. Cris, mantras obsédants, hululements drogués donnent le tournis. La rythmique est répétitive jusqu’à la transe, le chaman déclame des incantations menaçantes, vous prend à la gorge et vous relâche pantelant dans un dernier sursaut de pitié. L’hombre se rapproche. Le sang se glace. Ici, l’indifférence n’a pas cours. On ne peut en sortir indemne. C’est une mer de lave en fusion à laquelle on fait face, un territoire inexploré dont l’Annapürnä est ce « Drum And The Uncomfortable Can », crescendo symphonique d’une intensité brutale et salvatrice. Et au moment où on s’y attend le moins, une berceuse hypnotique en diable « The Other Side Of Mt. Heart Attack », le calme après la tempête, qui vous trotte dans la tête des heures après avoir quitté le disque, comme désarmé devant tant de beauté. Les Liars représentent le passé, le présent et le futur. Les Liars font peur. Et franchement, il y a de quoi. Jamais rien ne sera plus pareil.

 

Liars

They Were Wrong, So We Drowned

Qui a eu tort ? La plupart d’entre nous, qui pensions que les Liars allaient sauver la face du punk funk revival avec leur premier album sorti il y a deux ans, un mix décadent de guitares incendiaires, de basses addictives et de groove mutant. Parce que les Liars sont (déjà) de retour, et ça n’a plus rien à voir : finies les mélodies, les refrains, les poses de rock stars,… « They Were Wrong, So We Drowned » est taillé dans le bruit le plus tribal, sur les ruines indus d’un rock exposé aux pires radiations, comme Sonic Youth en son temps. Pour faire ce disque, Angus Andrew et Aaron Hemphill se sont enfermés dans une baraque au fond des bois. Ce qui explique la présence de fantômes qu’on entend aux détours de chaque titre. « Fly, fly, the devil in your eye, shoot shoot ! », chante Andrew sur « We Fence Other Gardens With The Bones of Our Own » (sic) : peut-être qu’il a vu un truc bizarre en pleine nuit, et qu’il exhorte son pote à sortir son flingue. On n’est jamais trop prudent ! Ou peut-être que c’est dans l’œil de son pote qu’il a vu le diable, et qu’il panique comme en plein « Evil Dead ». Ce disque pourrait d’ailleurs servir de bande-son parfaite au « Blair Witch Project », d’autant qu’il parle beaucoup de sorcières, même si on n’y comprend que pouic. Ca fout les boules, cet amas de dissonances et de batterie martelante, de bleeps crissants et de riffs à la (massacre à la) tronçonneuse. Les Liars se sont perdus en pleine nature, et doivent combattre les démons qui n’ont qu’une seule envie : défoncer leur porte. Et leur crâne. Et le nôtre. Au loin, des tam-tam : peut-être des cannibales. Il fait noir. Qui est là ? C’est quoi, ces cris ! ? Pourquoi tu te promènes avec cette perceuse ? ! ? Mais, qui… Aaaaahh ! ! ! ! (Long silence, il fait jour, les oiseaux chantent, des traces de sang sur les murs, un disque traîne par terre, entre deux corps… Seule pièce à conviction de ce carnage affreux. « Mais que s’est-il passé ? », se demande l’enquêteur en insérant le CD dans son autoradio… To be continued).

Liars

They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top

Au rayon du post-punk no-wave revival circa 1978-1982, j'appelle : les Liars. Guitares abrasives, voix torturées, rythmiques hypnotiques, haine du couplet-refrain : les Liars jouent du rock dans l'urgence, sans compromis ni véritables mélodies. Leur vie en dépendrait-elle ? Sans doute, tant on sent, au détour d'un cri primal, d'un riff proche du viol auditif, d'un beat martelé comme on se flagelle, l'explosion imminente, la déflagration d'un rock tranché à vif, puis plus rien… Seulement une boucle, répétée à l'infini (" This Dust Makes That Mud ", 30 minutes), déroutante, effrayante, assommante. Narcotique. Car le rock désossé des Liars fait l'effet d'une drogue dure : une fois qu'on y touche, on ne peut plus s'en passer. L'enfer ou le paradis, c'est selon. Au rayon du post-punk…, j'appelle : les Liars. Enfants terribles de Gang Of Four, d'ESG, de Liquid Liquid et de Wire, les Liars usent nos nerfs et nos jambes (leur musique, punk limite, est aussi furieusement funky). Jusqu'à la corde, jusqu'à l'os, jusqu'au sang. Après eux, le silence.