Le cœur brisé de Peter Kernel

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Lifestream

Post Ecstatic Experience

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‘My expectations will only ever be an illusory feeling of a reachable happiness’. Ces quelques mots qui figurent à l’intérieur du livret de « Post Ecstatic Experience », premier album studio des Bordelais de Lifestream, illustrent bien l’atmosphère imprégnant cet opus : une recherche vaine, une ascension vers l’insondable, une quête emplie de détermination mais tournant à vide. Neuf compositions aériennes, planantes et froides alternant entre voyage aux pays des songes et accélérations brusques et à tombeau ouvert. Aussi angoissante que mortuaire, l’ambiance est accentuée par des parties vocales de temps à autre chuchotées, mais en général, vomies au fil des morceaux. Proférées à mi-chemin entre morbide et dédain, elles évoquent celles d’Attila Csihar voire de Mayhem ; à moins que ce ne soit –et c’est géographiquement plus proche– les hurlements de l’ex-vocaliste d’Hell Militia, Meyhnach… 

Bien que très prometteur pour un premier LP, Lifestream ne révolutionne néanmoins ici pas le genre et emprunte sans équivoque la route toute tracée d’un Black Metal direct, sans grande fioriture et malheureusement à tendance un peu linéaire. Quelques passages viennent cependant rompre la monotonie, telle l’envolée heavy de guitare sur « Parasite Glory », les riffs mélancoliques qui clôturent « Celestial Scourge Subjugation » ou encore les pistes instrumentales « Sad Thoughts Overdose » et « Banshee ».

Les Acteurs de l’Ombre (bien que ce soit ici leur subdivision ‘Emanations’) produisent généralement des groupes de qualité ; et force est de constater que ce premier effort de Lifestream en est un. On regrettera cependant un manque de prise de risques, audace qui aurait permis de déployer pleinement leurs capacités afin de les détacher de la masse, de leur forger une identité propre et de dissiper ce voile de monotonie parfois un peu trop opaque.