Malka Spigel était la chanteuse et la bassiste du groupe mythique israélien Minimal Compact. La formation a essentiellement sévi de 81 et 88, et si elle s’est reformée en 2003/2004, c’était uniquement pour accorder quelques concerts. Faut dire que tous les musicos ont depuis leurs propres projets.
Malka est également l’épouse de Colin Newman, le frontman de Wire. Ensemble, ils participent d’ailleurs à l’aventure de Githead. Mais elle se consacre aujourd’hui surtout à la photographie et à la vidéo. Il lui arrive cependant de tenter l’aventure en solitaire. A l’instar de ce nouvel elpee, « Everyday is like the first day », qui n’est que son quatrième publié sous son propre nom. Enfin, en solo, c’est vite dit, puisque lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de son époux, de Johnny Marr ainsi que de quelques autres. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette de Ronald Lippok, Teho Teardo et Gil Luz, tantôt à Berlin, Rome ou Tel Aviv. Le tout après avoir dégrossi les compos à Londres, en compagnie d’Andy Ramsay (Sterolab, High Llamas, Add N to (X)), et surtout pu se servir d’instruments insolites ou vintage, tels que le bouzouki, le vibraphone ou les synthés analogiques).
En résulte un album découpé en 12 plages inégales. Lorsque les compos glissent excessivement vers l’électro/ambient, on a l’impression d’entendre du Stereolab sous prozac (« Lost in sound », « Dream Time », « After the rain » et même « European weather », malgré la présence de drums). A contrario les morceaux les plus vivifiants nous replongent dans un post punk digne de Wire, mais dynamisé par les interventions de basse pulsantes de Malka. A l’instar du tempétueux titre maître, du magnétique « See it sideways », de l’hypnotique « Finding you », caractérisé par ces accords de gratte presque en boucle, des accords encore plus saturés sur les excellents « Chasing shadows » et « Two dimensions in a single frame », cette dernière plage jouant parfaitement sur le contraste entre la section rythmique nerveuse et la voix éthérée de Malka. De l’opus, j’épinglerai encore « Ammonite », une mélopée ténébreuse, enrichie d’arrangements de violon, dont la progression de cordes tout en subtilité me rappelle quelque part Bel Canto ; et puis enfin l’énigmatique « Back in the old city », piste hybride réussie, à cause de l’équilibre parfait entre instrumentation organique et électronique.