La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

Manitoba Hal

Live in Ghent

Écrit par

Canadien, Manitoba Hal Brolung est issu de Winnipeg. Mais c’est surtout un performer et un conteur. Il brille également au ukulélé. Il aime teinter son blues de références diverses : cajun, rock, gospel, country, folk et même celtique. De son impressionnante discographie, entamée en 1997 par l’album "Flatland Cafe", on épinglera surtout l’excellent "Ukulele Bluesman", paru en 2007. Lors de sa tournée européenne, il s’est produit au Missy Sippy Blues & Roots Club, à Gand. Il a donc immortalisé ce set, accordé le 28 avril 2016, sur ce double cd. Qui réunit 24 plages. Un spectacle conséquent qui lui a permis de réaliser ce projet. Et l’illustration de la pochette reproduit de jolies vues de la belle ville flamande. Une performance unique en son genre. Et pour cause, l’artiste est quasi-seul sur l’estrade. Cette véritable force de la nature possède une voix naturellement puissante et autoritaire.

Il entame les hostilités par "Come on in my kitchen", un classique signé Robert Johnson. Belle surprise, la cover remarquable du "Way down in the hole" de Tom Waits, pour laquelle il est épaulé par un second gratteur. Dont l’identité n’est pas révélée. Manitoba Hal alterne compositions originales, comme "Atlanta Moon", et canons du blues, qu’il filtre à travers son ukulélé. A l’instar du "Baby please don't go" de Big Joe Williams, qu’il interprète d’une voix impérieuse. Mais également du "Let the Mermaids flirt with me" de Mississippi John Hurt, du  "Sweet home Chicago" de Robert Johnson auquel il imprime un tempo très alerte, du "My babe" de Willie Dixon ainsi que de la version épatante réservée au traditionnel "St James Infirmary". Il brille également tout au long de "Dancing in the moonlight"… une danse exécutée au clair de lune, au sein d’un climat propice au culte vaudou…

Et son deuxième compact disc est tout aussi intéressant. Il est entamé par le "Ain't no grave" de Johnny Cash et recèle d'autres reprises, comme le "They're red hot" de Robert Johnson, le "Somebody on your bond" de Blind Willie Johnson, le "Key to the Highway" de Big Bill Broonzy et le "My Creole Belle" de Mississippi John Hurt. Sans oublier celle de "Built for Comfort", une titre que Willie Dixon avait écrit pour Howlin' Wolf. Plus expérimental, "Dig me a grave" se distingue par des échanges entre les instruments à cordes. Et le résultat est particulièrement réussi. Les deux titres finaux sont épatants. Tout d’abord le "Who do you love" de Bo Diddley. Caractérisé par son ‘Diddley beat’, cette longue piste (10’) bénéficie d’arrangements très personnels. Puis une version inoubliable du "The thrill is gone" de BB King. Que du bonheur !

 

Manitoba

Up In Flames

Dan Snaith aurait-il pété un câble ? Alors qu'on croyait le jeune Canadien féru d'électronica coriace (" Start Breaking My Heart ", son premier album), le voilà qu'il nous revient déguisé en vieux beatnik post-Summer of Love, avec 10 nouveaux morceaux au psychédélisme tranquille. D'entrée, ces percussions, ces guitares, cette voix éthérée à la Jason Pierce : nous voilà bien de retour en pleines années soixante, à l'époque ou Syd Barrett avait encore toute sa tête et Robert Wyatt ses deux jambes. " Skunks " et " Hendrix With KO " (déjà les titres…) continuent d'ailleurs sur cette lancée hippie : trompettes, harpe, flûte, chœurs chabadabada,… Avec quand même une touche de synthé et de breakbeats, parce que Snaith travaille avant tout sur laptop (tant pis pour les puristes). Un peu comme si Love avait découvert l'ecstasy en 1969 et s'était mis à faire du Can avant l'heure. La suite nous plonge encore dans le passé, mais toujours avec ces touches d'électronique qui font la différence. Batterie, violon, tromblon, harmonium, bruits d'oiseaux et de verre qui se brise, voix en canons,… Manitoba revisite avec bonheur ces belles années de franche défonce, en compagnie des fantômes de Sun Ra et des Grateful Dead. Pareil voyage à travers les Portes de la Perception ne nous était plus arrivé depuis le " Ladies and Gentleman … " de Spiritualized… Bienvenue, avec " Up In Flames ", dans la quatrième dimension.