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Maria Muldaur

Sweet lovin´ ol´ soul

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Maria D'Amato est originaire de New York. De Greenwich Village, très exactement. Elle y est d’ailleurs née. En septembre 1943. Au début des 50’s, elle s’intéresse surtout au country & western ; et en particulier à Hank Williams. Mais au fil du temps ses goûts commencent à changer ; et elle élargit son champ de vision à la roots music, au blues, au gospel, au folk, au jazz et au bluegrass. Sans le savoir, elle devient membre d’un mouvement dont émergeront John Sebastian, Bob Dylan et John Hammond Jr. Maria écoute aussi beaucoup des artistes ou des formations comme le Rev Gary Davis, Mississippi John Hurt, Son House et Victoria Spivey. Et puis, se passionne pour les jugs bands. Si bien qu’en 1964, elle rejoint le Jim Kewskin Jug Band, en compagnie desquels elle enregistrera 3 albums pour Vanguard. Elle se marie même au chanteur de cette formation : Geoff Muldaur. Mais en 1972, le couple se sépare. Maria entame alors une carrière en solitaire. Et commet un opus patronymique qui paraît chez Warner. En 1974. Ce sera le début d’une longue série… Dont les sorties les plus récentes comptent quand même deux elpees sur Black Top et trois pour Telarc. En 2000, elle concocte un opus pour Stony Plain : "Richland woman blues". Taj Mahal, Bonnie Raitt, Tracy Nelson et Alvin Youngblood Hart y participent. Rendant hommage aux bluesmen d'avant-guerre, cette œuvre reçoit une critique favorable. Ce disque lui vaudra deux W.C Handy awards. En 2004 enfin, elle enregistre en compagnie de Rory Block et d’Eric Bibb, "Sisters and brothers". Un elpee qui paraît chez Telarc.
 
Ce nouvel album rend hommage aux femmes qui ont, dans le passé, porté le flambeau du blues : Bessie Smith, Lucille Bogan, et tout particulièrement Memphis Minnie dont elle reprend de nombreuses compositions. Elle est le plus souvent soutenue par deux brillants guitaristes : Steve James et Del Rey. Ce qui lui permet de recréer l'atmosphère des chansons de Minnie à une époque où préposée à la guitare, elle était accompagnée d'un de ses ex-maris, Kansas Joe.
 
L’elpee s’ouvre par "I am sailin". James se réserve la mandoline pour "Long as I can see you smile". Bien jolie complainte traditionnelle, le titre maître bénéficie du concours de Taj Mahal au banjo et surtout de Suzy Thompson, son ancien(ne) acolyte du Jim Kewskin Jug Band, au violon. Ce climat suranné se maintient tout au long d’"Ain't what you used to have", une plage enrichie par le chant complice de Taj Mahal et le piano de Dave Matthews, un piano dont les sonorités rappellent l’époque du cinéma muet. Mais Maria est vraiment au sommet de son art dans l’interprétation du répertoire de Memphis Minnie. A l’occasion, sa voix devient même rauque. Epaulée par James et Del Rey elle démontre tout son talent sur "Lookin' the world over", "Crazy cryin' blues" ou encore le "Tricks ain't walkin" de Lucille Bogan. J’épinglerai également la cover du "Empty bed blues" de Bessie Smith, caressé par un trombone très fin de nuit, "She puts me outdoors" qu’elle chante en duo en compagnie d’Alvin Youngblood Hart, et puis l’exquis "Decent woman blues", un slow blues rehaussé par la présence de Pinetop Perkins au piano et de Steve Freund à la guitare électrique. Elle échange deux autres duos pour ponctuer cette œuvre d’excellente facture : "I'm goin' back" tout d’abord. Elle est alors flanquée de Tracy Nelson ; et les deux voix se complètent divinement. Le gospel "Take a stand" ensuite. Taj Mahal lui donnant la réplique. Cette plaque rend hommage au blues authentique et traditionnel. Un troisième volet devrait bientôt paraître. Il s’intitulera, "Naughty, bowdy & blue".