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Micke Bjorklof

Ain't bad yet

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"Ain't bad yet" constitue le sixième album de Blue Strip. Outre Micke Bjorklof, le line up implique le fidèle guitariste Lefty Leppänen, le batteur Teemu Vuorela et le percussionniste Timo Roiko-Jokela. L’elpee a été enregistré au sein du studio Rockfield, au Pays de Galles, sous la houlette du notoire John Porter, qui a notamment bossé pour BB King, Buddy Guy, Taj Mahal et Santana.

Micke nous invite à prendre « The last train to Memphis ». Les drums de Teemu impriment le tempo sur celui du chemin de fer. Perçante, la slide de Lefty déchire l’horizon sonore. C’est toujours le batteur qui balise "Troublemaker", une piste ‘rollingstonienne’ enrichie de chœurs féminins et balayée, à nouveau, par les sonorités métalliques et réverbérées de la slide. Qui traverse l'étrange "Rain in Jerusalem", un morceau morbide qui baigne au sein d’un climat proche du Delta. Les coups d’accélérateur opérés sur cet instrument sont irrésistibles. La voix de Micke est autoritaire. "Get ya in da moon" trempe dans la même atmosphère étouffante. Nous sommes dans le Sud, le long du fleuve Mississippi. Micke souffle dans son harmonica et se réserve une jolie sortie sur les cordes. Une certaine transe hypnotique s’installe, provoquée par des rythmes réminiscents de Howlin' Wolf. Un spectre qui hante encore "Hold your fire baby", un downhome blues qui met bien en exergue la voix de Micke et ses quelques coups de griffe à l'harmo. Dépouillé, le titre maître est une jolie ballade roots. Micke est soutenu par les cordes acoustiques d'une Resonator et l'orgue de Tim Lewis. Les percussions de Roiko-Jokela entrent en effervescence tout au long de "Rat Chase". Elles propulsent la voix du leader, enveloppée par les chœurs féminins, alors que l’harmonica s’autorise un petit accès de folie. Paisible, "Sweet dream's a sweet dream" est une autre piste roots que Micke interprète d’une voix délicate, face à l'orgue Hammond de Lewis et les superbes interventions de gratte, dispensées par Lefty. Ce dernier se sert d’un bottleneck pour attaquer le country blues "Today", une plage dont le profil acoustique est bouleversé par le piano électrique et la guitare John Porter (NDR : qui assure la production). Très en verve, Lefty Leppänen propage des sonorités de cordes réverbérées tout au long de l’épatant swamp rock, "Blame it on the bright lights". De toute bonne facture, cet opus s’achève par "In chains", un morceau qui nous conduit à nouveau au cœur des swamps louisianais. Un titre dont l’atmosphère dépouillée, accablante et désespérée se nourrit de vocaux particulièrement soignés, de drums martelés et d’un harmonica blafard…

 

Micke Bjorklof

After the Flood

Écrit par

Finlandais, Micke Björklöf est le leader de Blue Strip. Un cover band de blues/rock acoustique fondé en 1991. Ce chanteur est soutenu depuis les débuts de l’aventure, par le bassiste Seppo Nuolikoski. "After the flood" constitue le cinquième elpee du combo. Un opus chargé d’intensité, car il a été enregistré à la Nouvelle Orléans, après le passage de l'ouragan Katrina, qui avait dévasté la cité louisianaise. Ce qui explique le titre de l’LP : "After the flood". Pour accentuer l’authenticité des sessions, Björklöf souhaitait engager un producteur local. Son choix s’est porté sur Mark Bingham. Toute l’équipe s’est donc retrouvée, en octobre 2012, dans le studio Piety Street Recording, pas bien loin du Mississippi et du quartier Français. Trois invités louisianais ont étoffé le team : le claviériste Brian Coogan ainsi que les vocalistes Michaela Harrison et Alexis Marceaux. Bingham avait déjà assuré la mise en forme d’artistes issus de la Crescent City, comme Rebirth Brass Band, Mem Shannon ou encore John Scofield. Et il faut reconnaître, qu’il a parfaitement exploité le potentiel de la formation finlandaise. Aussi bien la voix de Micke, la guitare de Lefty Leppänen que la batterie de Teemu Vuorela. Un potentiel qui se double du talent de compositeur de Lefty, aka Ville Leppänen (NDR : il signe la grande majorité des plages).

Dès l’ouverture, le son est puissant. La voix est bien mise en évidence. Lefty s’illustre déjà sur ce "House for the blues", avant de céder le relais à l'harmoniciste. Micke et les deux choristes partagent les vocaux sur "Jack the Black hat". Les tonalités de gratte sont surprenantes, mais impeccables. Coogan siège derrière le piano pour "Water from your shoe", un excellent blues, subtilement teinté de jazz indigène, imprimé sur un mid tempo. La slide libère des sonorités particulièrement métalliques. La structure de "Woogie or die" est plutôt complexe, un boogie tapissé par l’orgue Hammond et dynamisé par les percussions, au cours duquel le son de l'harmonica est étonnant. Excellent ! "Understanding" bénéficie d’une intro à la slide. Et elle est singulière. Le bottleneck vibre en permanence face aux rythmes syncopés. Les échanges opérés entre la voix de Micke et celles des choristes est impeccable. "King Alcohol" baigne au sein d’un climat ténébreux, presque morbide. Piano électrique et dobro métallique font paradoxalement bon ménage. Shuffle, "Sometimes" met en exergue la solidité de la section rythmique. Ce qui permet à Lefty de décoller, dans un style vraiment original. Quoique macérant dans un même climat néo-orléanais, "Gumbo Mama" adopte un profil funk. Un profil entretenu par les drums, les percussions, le Wurltizer et les sonorités de guitare triturées par des pédales wah wah. Qui se prolonge sur "Jezebel". Le bottleneck de Lefty donne le ton à "Ramblified", un delta primaire et authentique, chanté férocement par Micke. Le titre maître évoque, bien entendu, la situation de détresse vécue par la population locale, après le cataclysme causé par ‘Katrina’. Les rythmes sont syncopés et largement amplifiées, les cordes sont percutantes. Dans l’esprit d’un Carlos Santana… De bonne facture, cet elpee s’achève par "Open up open ", une ballade roots caractérisée par une dernière sortie classieuse de la slide.