Mickey Freeman est une chanteuse de couleur blanche dont le parcours musical a commencé en 1980. A Boston. A l’époque, elle avait répondu à une petite annonce qui recherchait une candidate, susceptible d’intégrer un quartet vocal. Elle est ainsi devenue membre d'un ensemble de swing, les Boo-Bettes. Pendant deux ans, au sein de cette aventure, elle se forge une belle expérience. Et monte The Ritz, en s’inspirant de Manhattan Transfer. La formation sillonne les festivals de jazz et commet deux albums, au cours des 80’s. Elle fonde alors une famille et s’établit dans le New Jersey. La décennie suivante, elle privilégie la configuration duo, avec piano, ou trio. En 2008, elle en revient à la formule de groupe vocal. En 2011, son ami Duke Robillard lui demande de se concentrer sur le chant –jazz, bien sûr– et l’invite à rejoindre son nouveau label, Blue Duchess qu'il crée en compagnie de Jesse A. Finkelstein.
Pour enregistrer cet opus, Mickey a choisi un répertoire qui embrasse une belle variété de styles : ballades, swing blues et scat. Douze compos mises en boîte sous la houlette de John Paul Gauthier. Elle est soutenue par un trio : Paul Nagel au piano, Marty Ballou à la basse et Mark Teixeira aux drums, soit la section rythmique de Robillard. Sans surprise, Duke Robillard s’est chargé de la production et s’est réservé quelques parties de guitare…
Dès le départ, le ton est donné. "I've got the world on a string" baigne au sein d’un univers jazz intimiste, couleur cabaret. La contrebasse amorce la plage, rapidement rejointe par les ivoires. Très musicale, la voix de Mickey est douce. Tout en swing, ce jazz blues évoque des divas du passé, telles qu’Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Des percussions exotiques stimulent "An occasional man", une piste traversée par les interventions de flûte dispensées par Wendy Klein. "More than you know" est empreint d’une tendresse extrême. Scott Hamilton souffle toute son émotion dans son sax ténor, lors de cette compo alliant simplicité, verve et passion, dédiée à feu son époux, Bob Zelnick. Miss Freeman injecte un zeste de sensibilité blues dans la voix pour attaquer "I ain't got nothin' but the blues", une plage fin de soirée, qu’elle interprète sobrement, soutenue par une intervention magique de Duke Robillard aux cordes. Et tout en swing, "Taking a chance on love" reproduit le même schéma. Tout au long de cette œuvre, le feeling de Paul Nagel au piano est chargé de passion. Il le démontre particulièrement sur "Surrey with the fringe on top" ou aux côtés de Scott Hamilton pour "Red top".