Cet été, le prolifique Pharrell Williams et ses deux acolytes de N*E*R*D mettaient le feu au Lokerse Feesten. Quatre mois plus tard, la formation boude la France au profit de notre petit pays. Et débarque ainsi à l’Ancienne Belgique. Explosif !
Le terme ‘sold-out’ a pris tout son sens ce soir. A 20h, on souffre déjà du manque d’espace dans la salle. Dès le début de leur set, les Hollandais de Het Jeugd Van Tegenwoordig chauffent à blanc une foule qui reprend en chœur les refrains de leurs tubes. Même si l’on n’est que moyennement friands des travaux de la formation, il faut lui reconnaître un talent scénique plutôt fédérateur.
Après une courte pause, N*E*R*D monte sur les planches. A 21h précises. Et ouvre le bal toutes guitares en avant. Dès les premières mesures, le sol se met à trembler et l’air commence à se faire rare. Pharrell Williams a manifestement un pouvoir d’attraction phénoménal sur les filles. Celles du premier rang hurlent si hystériquement qu’il est difficile de se concentrer sur la musique. Pendant ce temps, la partie du public préoccupée par les chansons plutôt que par le physique de leur interprète sautille dans tous les sens et sue à grosse gouttes. La formation calme ensuite un peu les ardeurs d’une assistance particulièrement bouillante, en dispensant un long medley de ses chansons les plus tendres dont l’excellent « Provider » et leur dernier single « Sooner Or Later ». Précédé d’un sympathique petit speech de Williams et de quelques extraits de « Seeing Sound », dont « Kill Joy » et l’excellentissime « You Know What », les hostilités reprennent ensuite lors d’un enchaînement des plus grosses machines de guerre de la discographie de No One Ever Really Dies.
« Rock Star » donne en effet le signal de départ d’une seconde partie magistrale au cours de laquelle le groupe invite quelques garçons sur le podium. Et après quelques morceaux, « Lap Dance » achève avec succès sa mission de mettre l’Ancienne Belgique à genoux. Au bout de 45 minutes, la formation met déjà les voiles. Le sexe féminin, frustré du manque d’attention, va cependant être rapidement rassuré. Pharrell et sa bande reviennent assez vite pour un rappel et invitent plusieurs filles (triées au volet) à les rejoindre. Le chanteur garde un flegme impressionnant tandis que les jolies demoiselles l’agrippent et sont à deux doigts de le foutre à poil. S’enchaînent alors « Everyone Nose (All The Girls Standing In The Line For The Bathroom) » et un grandiose final sur le tube « She Wants To Move ». Le show cesse au bout d’une heure. Court diront certains, mais plus personne présent ce soir ne doutera de l’efficacité et du talent de l’une des formations les plus originales de la scène Hip Hop.
Organisation : AB