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Noah & The Whale

Noah & Sons ?

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Votre serviteur avait quitté Noah and the Whale –dont le nom est issu d’une combinaison entre le film préféré d’un membre du groupe, « The Squid and the Whale », et celui du réalisateur américain Noah Baumbach– en 2008, lors de la sortie de leur premier et magnifique album « Peaceful, the World Lays Me Down », opus qui avait squatté mon IPod pour de nombreux mois, tant il me rappelait le folk tout en fragilité des Américains de Neutral Milk Hotel voire de Micah P. Hinson. Curieusement, une série de malencontreuses coïncidences ne m’a jamais permis de découvrir les deux albums suivants, publiés par les insulaires…

Qu’importe, leur musique chargée d’émotion m’avait suffisamment bouleversée à l’époque pour que je décide de me procurer un ticket, à l’annonce de leur passage à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. En outre, leur répertoire d’alors ne me permettait pas d’imaginer que la formation allait récolter un tel succès, aujourd’hui. Quelle n’a donc pas été ma surprise en découvrant une salle comble, pour accueillir le band, et surtout pour applaudir les nouvelles chansons d’« A Night on Earth », le dernier né de Noah et ses sbires. Un disque qui doit probablement cartonner sur les radios au Nord du pays ; car la popularité du combo demeure relativement confidentielle en Wallonie !

Dès les premiers accords, je me rends compte que l’ensemble qui se produit ce soir n’est plus (ou n’a jamais été) celui que je pensais connaitre ! Les délicats « Give a Little Love » et « Shape of my Heart », interprétés en début de set, sont artificiellement gonflés à l’électricité. Et les sonorités dispensées par la basse sont trop puissantes ; elles asphyxient carrément une expression, à l’origine, raffinée. Charlie Fink et ses acolytes enchaînent des hymnes rock à tendance celtique, à la manière de Mumford & Sons. La prestation n’est cependant pas dérangeante ni désagréable ; bien torchée, elle libère même énormément d’énergie. Mais je n’y retrouve plus ce supplément d’âme que j’avais cru déceler à travers la magnifique voix du chanteur, finalement aussi décevante, ce soir. Une bonne heure de concert plus tard, le public est conquis. Manifestement, Noah and the Whale est taillé pour les stades. Mais il vient de perdre un de ses fans de la première heure…

(Organisation AB + Live Nation)

 

Noah & The Whale

Last Night On Earth

Écrit par

Il ne faut pas toujours chercher bien loin pour se choisir un patronyme. Prenez le titre d’un film (‘The Squid and the Whale’) et combinez-le au nom de son réalisateur (Noah Baumbach). Vous obtiendrez ainsi une dénomination facile à retenir : Noah and The Whale. La bande est composée de cinq membres : Charlie et Doug Fink, Tom Hobden, Fred Abbott et Matt Urby.

« Last Night On Earth » constitue leur troisième opus. Et pour une dernière nuit sur la Terre, les mélodies sont plutôt joyeuses et entraînantes. Cet album laisse d’ailleurs perplexe à plus d’un titre car, après cinq écoutes complètes, il est quasiment impossible de se prononcer : y a-t-il juste ce qu’il faut ou est-ce un peu trop léger ? En effet, quand on met autant de force dans un titre étalé sur une pochette de Cd, il faut être capable d’assumer derrière ! Car on s’attend d’office à quelque chose de grand et de mémorable. Mais on en n’est pas là sur ces dix pistes. L’ensemble des chansons est fort sympathique… Or quand on utilise ce terme, c’est qu’on cherche encore l’étincelle susceptible de mettre le feu à ce monde, pour qu’il vive réellement sa dernière nuit. Cependant, « LIFEGOESON » nous donne très vite envie de fredonner son air à tout va. Et même s’il s’agit de notre « Last Night On Earth », ne voyons pas tout en noir, car Noah and the Whale nous offre tout de même un pur bijou incarné par « Old Joy ». Si toutes les plages avaient été d’une telle qualité, on aurait peut-être pu même souhaiter que notre dernière nuit sur Terre arrive plus vite que prévu.

 

Noahjohn

Water Hymns

 

Les champs verdoyants du fin fond de l'Amérique profonde. Des oiseaux chantent. La biche broute l'herbe soyeuse. Sur une colline surplombant les terres en jachère de l'Indiana, un homme, ex-fermier, chante et joue de la guitare. Ses amis l'appellent Noahjohn. Pour l'aider dans sa quête du son clair comme de l'eau de roche, quatre amis, eux aussi élevés au lait battu et au travail agricole. A cinq, ils tentent de mettre en musique l'étendue sauvage qui s'étend devant eux, à perte de vue. Comme Songs : Ohia, Dirty Three, Neutral Milk Hotel et Radar Brothers, ils excellent dans la complainte paysagiste, à peine illuminée par quelques éclairs de chaleur. De l'Americana pour cow-boys solitaires, du slowcore pour paysans grabataires. Carl Johns, le type qui chante, n'a cure des styles à la mode qu'il entend sur sa vieille radio portable. Seul avec la nature, il fait corps avec elle. La scie de son atelier lui sert même comme instrument de musique (" Saw Right "). Du violon s'en mêle aussi, parfois, pour rajouter du pathos (" Rabbit is Asleep ", " Two Members "). Sans doute que notre garçon n'a pas toujours eu la vie facile, sinon comment expliquer cette lenteur automnale qui frappe cet album, jusqu'à scléroser toute tentative d'espoir ? Sur " On East Whistlin' ", Johns siffle, mais pour conjurer le mauvais sort ou se faire croire qu'il n'est pas tout seul. Ses " hymnes aquatiques " cachent un fond trouble et dangereux. Sous la vase, la vie est à l'arrêt. C'est le noir complet. N'y perce que le silence.

 

 

 

Noahjohn

Had a burning

Écrit par

Fondé en 1997, Noahjohn se résumait (!) à un collectif d'une bonne vingtaine de musiciens gravitant autour de Carl Johns. Et c'est sous cette forme que la formation avait gravé un premier album intitulé " Tadpole ". Depuis, Carl a stabilisé son line up, qui compte aujourd'hui cinq musiciens. Si Noahjohn se révèle basiquement country folk, il a le bon goût de ne pas se limiter à cette forme traditionnelle. C'est d'ailleurs lorsqu'il en écarte qu'il est vraiment le plus intéressant. Hybride de Sonic Youth, de Violent Femmes et du Velvet Underground qui serait infesté de bluegrass, de punk, de rock et de psychédélisme, il entre alors dans le monde de la musique alternative. Et pendant que le violon fulgurant, hantant, rivalise avec les cordes de guitare torturées, écorchées ou que la steel guitar pousse des gémissements sinistres sur fond de clavier gothique, le vocal de Carl, dont le timbre semble coincé entre celui de Shane Mc Gowan (Pogues) et celui de John McCrea (Cake), épanche ses prophéties surréalistes, bibliques, qui doivent autant au spirituel qu'au sacrilège, lorsqu'elles ne sondent pas, d'un œil virulent, le bas ventre de l'Amérique rurale. Dommage d'ailleurs que toute l'œuvre ne soit pas de cette trempe, sans quoi elle aurait pu figurer parmi les meilleures de l'année…