La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Pierre Lapointe

Paris Tristesse

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Ce qu’il peut être parfois agaçant ce Lapointe.

On aimerait quelquefois pouvoir lui formuler un reproche, lui balancer un uppercut ou un swing dans les dents. Une critique virulente qui permettrait de conclure : ‘Ah là, le Québécois s’est viandé’.

Ben non, pas possible. Chaque nouvelle suscite le respect, s’écoute en silence et provoque l’admiration pour ses paroles envoûtantes et d’une infinie beauté.

Il reste donc peu de place à la réprobation, face à cet artiste confirmé, cet auteur/compositeur à la plume hallucinante, ce musicien talentueux...

Et pourtant…

« Paris tristesse » avait de quoi justifier une attaque en règle. Le titre, tout d’abord. Sombre. L’instrumentation. Limitée aux cordes et à un piano. Le climat. Ténébreux, presque arrogant.

Pourtant ce qui s’annonçait compliqué pour l’artiste et à la limite du supportable pour le mélomane, s’est transformé en idée géniale…

Certes, il faut accepter notre partie sombre, ces recoins secrets que nous tentons tant bien que mal à dissimuler. Il faut admettre ces instants où le cœur s’emballe face à la mémoire de moments tendres et perdus. Il faut faire preuve d’introspection et de remise en question. Il y a un travail, « Paris Tristesse » ne se gagne pas tout seul. Mais comme par enchantement, au fil des morceaux, cet univers volé aux dénis apparaît comme sublime.

Oui, on peut être heureux d’être triste. On peut accepter d’être humain, de fondre en larmes.

Car si le bourreau fait son boulot, il l’exécute avec tant d’expérience et de volupté qu’on en vient à trouver son acte superbe.

Il n’y a ni forme de masochisme, ni conspiration affective, mais un ressenti de l’essentiel des émotions et de la réalité des événements, de la situation.

Un sentiment profond teinté d’amertume que l’on gratte, que l’on creuse, et qu’on ressort du fond de soi.

Quoique délicates, les compos de « Paris Tristesse » atteignent leur cible dans leur cœur. Un disque dont on appréhende l’écoute, qu’on finit par s’y résoudre, parce qu’on a simplement envie de communiquer avec le plus profond de ses sentiments.

Il est agaçant ce Lapointe, mais il revient quand il veut.

Pierre Lapointe

La forêt des mal-aimés

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Pierre Lapointe est la dernière sensation québécoise. En 2003, il sort son premier album. C´est le début d´un joli succès. Les récompenses pleuvent et l´œuvre est rapidement disque d´or.

Le public québécois répond à nouveau présent pour la sortie de son deuxième cd, « La Forêt des mal-aimés ». En effet, pas moins 48 000 exemplaires sont vendus en deux semaines dans la Belle Province. Il faut dire que le talent et l´originalité caractérisent cet artiste multidisciplinaire (diplômé en arts plastiques, il a également étudié le violon, le piano et l´interprétation théâtrale). Réalisé par Jean Massicotte (qui a entre autres travaillé sur le dernier album d´Arthur H), « La Forêt des mal-aimés » est un conte musical qui nous immerge dans un univers poétique et créatif. Un brin mélancolique aussi. Il suffit d´écouter des morceaux tels que « Tous les visages » ou « Moi, je t´aimerai » pour s´en rendre compte. Grâce aux divers bruitages inclus tout au long de l´album, à ses mélodies gracieuses et ses personnages singuliers (« Le lion imberbe », « Au pays des fleurs de la transe »), l´auteur-compositeur-interprète arrive à créer une ambiance bucolique, qui nous transporte au cœur de cette mystérieuse forêt. Instrument de prédilection de l´artiste, le piano est bien sûr très présent. Un titre lui est même entièrement consacré (« 25-1-14-14 »). Mais l´artiste et son œuvre se veulent éclectiques. On peut dès lors trouver sur cette plaque un morceau aux accents sixties (« Deux par deux rassemblés »), des touches d´électro (comme dans « Qu´en est-il de la chance ? » qui débute comme « Here comes the rain again » des Eurythmics) ou encore des rythmes folks (« Nous n´irons pas »).

Les compositions du jeune homme évoquent tour à tour Michel Berger, Barbara et Michel Polnareff. Ses textes sont touchants et justes. Quant au timbre vocal, si le léger accent étonne quelque peu au début, l´oreille s´y habitue rapidement. On trouve même qu´il apporte un charme supplémentaire à l´ensemble de l´œuvre. Bref, un album imaginatif et romanesque qu´on verrait bien adapté en comédie musicale.