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Pink Mountaintops

Get back

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Stephen McBean, c’est le leader de Black Mountain. Leur véritable dernier opus, « Wilderness Heart », remonte à 2010. En 2012, la formation avait bien gravé « Year Zero : The Original Soundtrack », mais il s’agissait d’une B.O. pour le film du même nom. Stephen développe cependant également d’autres projets en parallèle. Dont Pink Mountaintops. Soit ses expérimentations en solitaire. Et « Outside Love », son dernier essai, date quand même de 2009. Originaire de Vancouver, l’artiste canadien s’est depuis établi un peu plus au sud. A Los Angeles, très exactement. Et manifestement ce déménagement a eu une influence sur sa musique. En fait, lors de ses escapades en solitaire, McBean en profitait pour s’abandonner dans le minimalisme, le plus souvent acoustique. Sur ce nouvel elpee, il a décidé de délaisser le folk rock pour embrasser du psyché/rock, un style qu’il affectionne tout particulièrement.

Pour y parvenir, il a invité quelques amis, dont quelques grosses pointures. Et notamment Steve Kille (Dead Meadow), Rob Barbato (The Fall) ainsi que J. Mascis (Dinosaure Jr.). Quant à la production, il l’a confiée au leader de The Icarus Line, Joe Cardamone. Un casting idéal pour charger d’électricité une expression sonore…

Dès « Ambulance City », le morceau qui ouvre l’elpee, le ton est donné. La ligne de basse semble tourner en boucle. Les grattes sont chargées de distorsion. Un canevas hypnotique sur lequel McBean vient poser sa voix et n’hésite pas à la forcer ; ce qui n’est pourtant pas dans ses habitudes. Caractérisé par ses accords de guitare spasmodiques, « The Second Summer of Love » adopte un format rock plus direct. Plus paisible, « Through All the Worry » évoque plutôt les long playings précédents de Pink Mountaintops.

Pourtant, tout au long de cette œuvre, la patte de McBean est parfaitement identifiable. Surtout quand les compos trempent au sein d’un climat plus ténébreux.

« Get Back » est un album de bonne facture, mais qui s’adresse surtout aux aficionados de Black Mountain. Dans ces conditions, on ne comprend pas trop, pourquoi il l’a réservé à Pink Mountaintops…

 

Pink Mountaintops

Outside Love

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Stephen McBean, tête pensante de Black Moutain, n’est pas du genre à rester les bras croisés entre deux publications. En attendant le successeur de « In The Future », dernier recueil de sa formation principale, le grand barbu s’est consacré à l’écriture du troisième ouvrage de son énorme projet parallèle, Pink Moutaintops. En l’espace de trois ans, les exigences artistiques de McBean ont manifestement évoluées. Oubliée, la lo-fi. The Pinkmoutaintops peuvent enfin se démarquer de Black Moutain.

« Outside Love » est, en un sens, le petit écart sans conséquence du Canadien. Il s’amuse à brouiller les pistes à travers dix morceaux légers. Du moins en apparence. Car McBean est un être réfléchi. Derrière un thème qui sent bon l’eau de rose, le chanteur déploie une plume continuellement incisive (« Come Down », « Holiday », « Outside Love »…) Le troisième recueil de Pink Moutaintops évoque sans complexe The Velvet Underground (« The Gayest Of Sunbeams »), Phil Spector (« Come Down ») et The Magnetic Fields (« Execution »). Une sacrée bonne pioche.

Pink Mountaintops

Axis of Evol

Stephen McBean traîne ses savates de folkeux sous ‘amphets’ depuis belle lurette (Jerk With A Bomb), mais il y a seulement deux ans que le grand public est témoin de ses humeurs psychédéliques. D’abord chez Black Mountain, dont l’album éponyme sorti l’année dernière sentait bon le garage rock gonflé à l’EPO, puis avec ces Pink Moutaintops, projet plus serein, quasi à fleur de peau. « Axis of Evol » fait suite au disque tout rose sorti chez Jagjaguwar en 2004, et en moins d’une demi-heure convoque les fantômes du Velvet, des Sonics et de Jefferson Airplane. « Comas », c’est du folk sixties susurré d’une voix suppliante, une petite ritournelle qui n’a l’air de rien, et pourtant… Ca doit être ça, le talent : n’avoir ‘l’air de rien’ (être désinvolte ?), et réussir en quelques pincements de cordes une chanson qui vous hante le cerveau, tel un résidu d’acide. « Cold Criminals », c’est du V.U. pur jus, avec un ‘beep’ qui donne la cadence, comme si la boucle n’était jamais bouclée et qu’on était parti pour un trip infini, turbulent. « New Drug Queens », c’est du garage rock qui ‘fuzze’ et qui claque dans les doigts. Imaginez les Raveonettes en mieux (facile), du Primal Scream circa « Rocks » (et de fait, ça détonne). Puis arrive « Slaves », la pièce de résistance, huit minutes de stoner-folk tribal qui résume mieux la défonce que l’intégrale du bouquin de Tom Wolfe sur les Merry Pranksters (« Acid Test », pour rappel). Après ce trip fractal qui heureusement détend (on parle de langueur), une jolie ballade s’enquiert de Satan (« Plastic Man, You’re The Devil »). Il va bien, sa fête approche (le 6 juin prochain : le 06/06/06, 666, aaaargh !!!), d’où la bamboula qui s’empare de lui et de son pote Jésus. Ca s’appelle « Lord, Let Us Shine », et tout le monde chante en ouvrant grand ses bras. Mais toute fête a une fin, et c’est envahi de tristesse qu’on quitte Stephen McBean, qui s’interroge sur la liberté (« How We Can Get Free ») en murmurant comme au début. La liberté se conquiert-elle par la pensée, ou ne serait-ce qu’une utopie d’hippies, dont McBean serait le dernier des apôtres ? Laissons donc la musique parler, elle se débrouille très bien toute seule.

Pink Mountaintops

Pink Mountaintops

Si du haut de sa montagne, le Canadien Stephen McBean voit le monde en rose, c’est sans doute parce qu’il a consommé des substances illicites : celles que les hippies gobaient à la fin des années soixante, en écoutant le Velvet Underground, Electric Prunes et les Byrds. Et sans doute qu’en même temps ils s’envoyaient en l’air, de manière plus terre à terre (ce sexe plein la bouche de McBean, de « Sweet ’69 », année érotique, au bien nommé « I (Fuck) Mountains »). Pour garder cet équilibre précaire entre folk psychédélique près des nuages (« Bad Boogie Ballin’ », « Leslie ») et rock garage pied au plancher (« Can You Do That Dance ? », « Sweet ’69 »), McBean et ses sbires tendent les bras afin d’éviter la pelle. Le plus étonnant, c’est qu’ils y parviennent, sans passer pour des clowns : en trente minutes, The Pink Mountaintops convoque ainsi les fantômes de Lou Reed et de Ian Curtis (« Atmosphere », cover hantée comme si le V.U. était né en 1980), et l’on reste bouche bée. La chute est donc évitée, et nos tympans lévitent : avec ce disque Stephen McBean vient d’accoucher… d’une montagne. Rose, comme les lapins qu’on croise étonnés dans nos rêves.