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Purge

Il neige en Syrie

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Fondé en 1999, ce trio canadien s'est illustré, au cours de ces trois dernières années, lors de différents concours organisés au Québec (Envol, Macadam, Francouvertes, Polliwog). C'est également de sa capitale du même nom que Purge est originaire. En toute logique, les textes sont écrits dans la langue de Voltaire. Pour la plupart, ils sont issus de la plume de Yannick Essertaize, en outre préposé à la basse. Mais des textes excellents, brillants mêmes. Poésie juvénile décapante hantée par les spectres de Jacques Prévert, Renoir ou encore Blaise Cendrars. " Blaise Cendrars ", c'est d'ailleurs la meilleure chanson de l'album (NDR : leur deuxième). Et la plus contagieuse ! Chantée en duo décalé, par Yannick et sa sœur Sophie (NDR : c'est son unique participation à l'opus !), avec pour seul accompagnement majeur une guitare acoustique, elle est tramée sur une toile de fond atmosphérico-psychédélique. Une perle ! Autre fragment acoustique, " Jacques Prévert " épouse des ondulations mélodiques, mais avec davantage de punch. Yannick n'a pourtant pas une voix extraordinaire, mais dans le style, elle passe bien la rampe. Ah oui, le style ! Pas forcément acoustique comme vous auriez pu le supposer. En fait le guitariste, Eric Leblanc, possède plus d'une corde à son manche électrique. Autrement dit, il est capable d'adopter des styles totalement différents, suivant son inspiration. Parfois même, il à recours à l'overdubbing pour coupler le motifs imprimés sur sa six cordes ; des sonorités qui oscillent ainsi de la new wave stratosphérique ( Snake Corps, Sad Lovers & Giants) au metal industriel le plus menaçant (Nine Inch Nails, Ministry), s'autorisant même parfois quelques dérapages dans le hard rock (NDR : ce qui n'est pas toujours une bonne idée de vouloir égaler les performances nombrilistes de Van Halen…) Enfin, la richesse et la souplesse du drumming de Frédéric Talbot, qui a remplacé Martin Vallancourt, donnent davantage de corps aux compositions. Un reproche cependant : on a parfois l'impression que Purge cultive une certaine uniformité dans le ton. Une imperfection qui pourrait facilement être gommée, si le trio avait davantage recours à la formule semi acoustique. M'enfin, le groupe est tellement jeune, et son style tellement personnel, qu'il mérite franchement le détour. En outre, il effectuera une tournée en Belgique au cours de l'année 2003. Et paraît que sur scène, leur musique prend une toute autre dimension…