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R.J. Mischo

Make it good

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R.J est l’un des tous grands harmonicistes contemporains. Il est originaire de Minneapolis où il s’st forgé sa notoriété en se produisant auprès de musiciens noirs locaux comme Mojo Buford, Sonny Rodgers ou Milwaukee Slim. Au tout début des années 90, il monte son premier groupe et publie dans la foulée son premier album, “R.J and Kid Morgan Blues Band featuring Percy Strother”. Soit l’année suivante. En 98, il décide de déménager à San Francisco. La scène blues californienne y est beaucoup plus vivace! Il y embarque son backing band. Depuis peu, il est parti vivre à Fayetteville, dans l’Arkansas.

« Make it good » constitue son dixième opus. Mischo rock et rolle immédiatement lors d’un “Trouble belt” explosif. Les guitares de Johnny Moeller (Fabulous Thunderbirds) et Nick Curran sont à l’affût. Nick Connolly sautille derrière son piano. Ronnie James Webber secoue sa lourde contrebasse pendant que Wess Starr martèle ses fûts. Le leader sort un harmonica diatonique de sa poche et entraîne son ensemble dans un instrumental proche du Memphis sound. Faut dire que Connolly est passé à l’orgue Hammond. Moeller semble possédé. Il joue très nerveusement, comme si sa vie en dépendait. R.J jouit d’une classe naturelle. Il peut tout faire. Et repousse les limites de son talent, sur les compos instrumentales. “Elevator juice” en est certainement la plus belle démonstration. Mais aussi “Papa’s S.T special”, un country blues qui rend hommage à Sonny Terry, une piste caractérisée par ses cris en whooping, dans une ambiance reproduisant la séquence d’un film au cours duquel un train bien sur rails est lancé à vive allure. Ou encore “Arumbala”, une plage découpée en deux parties. Dévastatrice, elle est fouettée par des percussions tribales. “Minnesota woman” ressuscite le blues chicagolais du bon vieux temps. Chevrotante, la voix de Mischo souffle en sanglots comme Sonny Boy Williamson II. Blues lent de toute bonne facture, “Not a good man” traduit toute sa passion, son mal de vivre. Il emprunte des cris d’harmonicas à Little Walter! Et au chant, R.J s’en tire avec panache. Remuant, dansant, “I got you covered” lorgne vers le R&B. Jump à la californienne, “The biscuit is back” est chargé de swing. Moeller se déchaîne. R.J souffle une nouvelle fois comme Sonny Boy (NDR : au cours des années 40, ce dernier animait l’émission “King Biscuit” sur une radio sise du côté de Helena, en Arkansas, non loin des berges du Mississippi). “All over again” puise dans le Chicago profond, concédant un ultime appel à Little Walter. Deux plages ont été immortalisées à Saint Paul, dans le Minnesota. Pour la circonstance, il avait reçu le concours d’amis locaux. La plage éponyme, tout d’abord. Un excellent Chicago shuffle. Aux cordes, son pote Jeremy Johnson est impressionnant. Ses interventions sont chaleureuses, torrides, alors que Richard Medek balise le tempo. “Up to the brim” est un autre instrumental. Mathis et Jeremy se partagent ce titre en duo. Ce dernier dans un style proche du swamp blues rythmé de Slim Harpo. Nous sommes alors à nouveau au cœur des marais de la Louisiane. Du blues 5* que je vous recommande vivement !

 

R.J. Mischo

Knowledge you can't get in College

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RJ Mischo est un excellent harmoniciste. Ce n’est pas encore un vétéran, mais il compte déjà vingt bonnes années de carrière au compteur. En outre, il jouit encore et toujours d’une solide réputation sur la scène contemporaine. Il se considère même comme un monarque de l’harmo. D’ailleurs, lorsqu’il est photographié, il aime poser la tête ceinte d'une couronne. Il a opéré ses débuts à Minneapolis, sous l'œil bienveillant de Mojo Buford, autre souffleur qui avait milité au sein du band de Muddy Waters. Il monte sa première formation en compagnie du guitariste Teddy (alors Kid) Morgan et du chanteur noir Percy Strother. De ce projet naîtra un elpee : "Ready to go". Publié en 92. Au cœur des années 90, il tourne régulièrement en Europe et signe deux opus pour l’écurie allemande Crosscut : le live "Rough 'n' tough" et "Cool disposition". Respectivement en 96 et 97. En 1998, RJ émigre sur la côté Ouest des States. A San Francisco, très exactement, où il ne tarde guère à se faire une solide réputation. Il enregistre régulièrement et participe à deux volumes des "Blues Harp Meltdown", pour le label Mountain Top, et concocte un superbe album en 99, "West wind blowin'". Il participe au projet Downhome Super Trio, en compagnie de Frank ‘Paris Slim’ Goldwasser et du drummer Richard Innes, une aventure immortalisée par le long playing "Live at Lucerne Jazz Festival", un disque à nouveau publié chez Crosscut, en 2003. Il commet encore, toujours pour la même boîte, "Meet me on the coast" la même année et "He came to play" trois ans plus tard. Son dernier cd, "King of a mighty good time" date de 2008. Depuis, il s'est installé à Fayetteville dans l'Arkansas.

“Knowledge you can't get in College” constitue donc déjà son dixième album. Et pour le confectionner, il est retourné en Californie, du côté de San José, dans le studio Greaseland du guitariste Chris ‘Kid’ Andersen. Il a en outre reçu la collaboration de professionnels du style : Kid Andersen et Rusty Zinn aux guitares, Sid Morris aux claviers, June Core aux drums et Kedar Roy à la basse. Rien que du beau monde!

La ‘connaissance’ de Mischo s’ouvre par "Two hours from Tulsa", une compo évoluant sur le rythme d’une rumba. Les deux gratteurs sont à l'affût ; mais c'est le Kid qui décroche le droit de sortie. Toujours aussi inspiré, l'homme du nord ne concède que les notes qui tuent. Il est toujours au sommet de son art. Au sein du décor sonore, Zinn écrase modestement une pédale. RJ souffle judicieusement dans son instrument chromatique. Tout en jazz et swing, "Too cool for school" est un instrumental court, nerveux et rapide. La section rythmique est mise à l'épreuve. Kedar Roy assure pourtant sur sa lourde contrebasse acoustique, tout comme June Core derrière ses fûts, à l’instar de Matthew Dallonge, l'œil rivé sur la silhouette féline de son leader. Le titre maître démarre en puissance. Une compo qui avait forgé la notoriété de Slim Harpo, sur les routes humides qui reliaient la Louisiane au Texas voisin! Mischo chante "Little Joe" d'une voix soul. Une ballade légère et atmosphérique baignant au sein d’un climat empreint d’une grande sérénité. June et Rusty entretiennent de subtiles percus à l’aide de leurs mains, alors que Lisa Lou y pose son timbre féminin. Le sextet est vraiment convaincant tout au long d’"Ain't nothin' new", une plage légèrement R&B, illuminée par la guitare largement amplifiée de Rusty Zinn. Une petite perle dans le style, digne d’un certain Paul Butterfield. Sid Morris s’installe derrière son piano pour introduire "Ruthie Lee", une compo issue d’un autre pianiste légendaire, Roosevelt Sykes. Une bonne tranche de Chicago blues caractérisée par les excellents soli d'Andersen et RJ. "Big plans" et "Rich cat" évoluent dans un même registre, tout en poussant Rusty Zinn à l'avant-plan. Imprimé discrètement sur un tempo boogie, le "Please don't leave" de Big Lucky Carter est certainement un des meilleurs morceaux de l’elpee. Très en verve, Zinn y tire parfaitement son épingle du jeu. Accrocheur et hypnotique, "Don't look twice" emprunte un thème proche de Slim Harpo. Mischo souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II, sur un autre instrumental intitulé "Teacher's pet". "Devil's love sin"/The wrong man" est un medley relevant successivement des plumes de Walter Vinson et Mojo Buford. L’immersion dans les profondeurs du Chicago Souhside est totale. Et lors de cette adaptation, Mischo est vraiment dans son élément. Les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans envahissent "Down in the bottom", Sid se chargeant de baliser le tout de ses ivoires. RJ se retire en toute quiétude en interprétant le "Mama don' t tear my clothes" de Snooks Eaglin. Un excellent album!

 

R.J. Mischo

King of a mighty good time

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RJ est un des meilleurs chanteurs/harmonicistes contemporains. Il arpente les routes du blues depuis plus de vingt ans, et se produit régulièrement, chez nous. Il a accompli ses débuts au sein de son Minneapolis natal. Notamment pour y accompagner des musiciens noirs locaux : Mojo Buford, Sonny Rogers, Percy Strother et Milwaukee Slim. Il est d'ailleurs l'un des enfants chéris du label allemand Crosscut. Cette écurie a ainsi distribué quatre de ses albums : "Cool disposition" en 1997, "West wind blowin'" en de 98 ainsi que les superbes "Meet me o the Coast" en 2001 et "He came to play" en 2004. Pour enregistrer « King of a mighty good time », Mischo n’a conservé qu’un seul musicien ayant participé à son opus précédent : le Norvégien Chris ‘Kid’ Andersen. Ce dernier s’est chargé des parties de guitare, du mixing, et de la production. RJ s'est entretemps établi en Californie. Il réside, semble-t-il, à Fayetteville, dans l'Arkansas.

L’elpee ne démarre pas par un brûlot, mais un morceau divertissant : "Cheap wine". Apparemment assoiffé, RJ est à la recherche de vin bon marché. Instrumental, "Joint!" libère du groove et de l'énergie. La cohésion entre les musiciens est parfaite. La voix de RJ me plaît beaucoup. Rugueuse mais très mélodique, elle se révèle terriblement expressive sur "Too little love" (too much religion)". Une plage quasi tribale au cours de laquelle Hans Bosse secoue ses maigres percussions. Jon Lawton glisse son bottleneck sur son Resonator. L’étonnant Kid produit des sons incroyables sur un sitar tandis que l'harmonica gémit au cœur de ce décor étrange. Signé Otis Spann, "Who's out there?" est introduit par le piano de Bob Welsh. RJ est très en verve sur son instrument tout au long de ce Chicago blues. L'émotion envahit "Crawlin' kingsnake", un fragment imprimé sur un tempo primaire, indolent. RJ épuise tous les artifices chers à Sonny Boy Williamson II. Manifestement son influence majeure. "Greyhound" nous invite ensuite à accomplir un périple sur les routes californiennes. Propice à la bonne humeur, cette plage déborde d’enthousiasme. On y sillonne les itinéraires ensoleillés de l'Ouest. Kid sort enfin de sa réserve et produit un solo nerveux tout en picking. Mr Mischo nous avertit : "RJ's back in town". Toujours aussi soutenu, le rythme semble pour la circonstance emprunté à Jimmy Reed. Il déménage même. L'harmo se déchaîne face aux cordes rythmiques d'Andersen et Welsh. Plus classique, "Bird nest on the ground" évolue sur un tempo aussi élevé. Tout au long de cette compo musclée, mais légèrement teintée de R&B, la rythmique d’Andersen est implacable, pendant que Welsh assure sur ses ivoires. Mischo rend enfin un hommage à son maître Rice Miller alias Sonny Boy II sur le blues lent et dépouillé "I can't do without you". Il embraie par un shuffle léger. La basse acoustique de Kedar Roy colle à l'harmo dont la magie expressive de Sonny Boy est à nouveau parfaitement rendue, alors que Bob Welsh entretient parfaitement l'ambiance fiévreuse des clubs du Chicago southside. Cet excellent opus nous réserve encore d’autres facettes de son talent. A l’instar de "Good bad Co", un morceau découpé dans un swing léger presque manouche. Il rend un autre hommage, mais à un de ses mentors qui ont guidé sa voie lors de ses débuts, à Minneapolis : George ‘Mojo’ Buford. Il reprend ici l'excellent "Watch dog", en appuyant ses phrasés d'harmo comme le faisait cet ancien membre du Muddy Waters Band. Cet elpee s’achève dans la bonne humeur. Il pose une couronne sur sa tête et devient le "King of a mighty goodtime", en exécutant une musique joyeusement acoustique, face aux chœurs des Heart Stoppers. 

 

R.J. Mischo

He came to play

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Originaire du Wisconsin, RJ est âgé de 46 ans. Il a fait ses armes sur les scènes de Minneapolis et St Paul dans le Minnesota ; surtout après avoir assisté à un concert de Muddy Waters. Musicien professionnel depuis 1978, il a accompagné le regretté chanteur Percy Strother. En 1980, il rencontre Mojo Buford, un ancien musicien de Muddy Waters. RJ commet son premier album en 1992. "Ready to go" sur Blue Loon. Le guitariste Teddy Morgan et Percy Strother y participent. Il embraie par "Gonna rock tonight" en 94 et entame alors une tournée en Europe où il est signé par le label allemand Crosscut. Il commet successivement "Rough & tough", un opus immortalisé ‘live’ sur le Vieux Coninent et "Cool disposition" ; tous deux en 1996. "West wind blowin" paraît en 99, "Meet me on the Coast" en 2001 et "In the house", flanqué du Down Home Super Trio en 2004. Il a également enregistré pour le label californien Mountain Top Productions dans la série "Blues Harmonica Meltdown", en compagnie notamment de Mark Hummel.

Pour ce nouvel elpee, il a reçu le concours de son ami français, Frank Goldwasser, de musiciens du groupe de Charlie Musselwhite, du guitariste norvégien Chris "Kid" Andersen, du batteur June Core, du pianiste Sid Morris ainsi que du bassiste Marcus Carino (ex-Fabulous Thunderbirds). L'album a été enregistré en prise directe au sein des studios Wally Sound. A Oakland en Californie. Signé Mr Bo, "The train " est une ouverture de choc très jump. La section rythmique assure le tempo. L'harmonica de RJ est doublé par le honky sax de Barry Shulman. Ce dernier hurle pour prendre l’ascendant, mais RJ veille au grain! Les musiciens maintiennent un tempo très vif mais dans un style très différent, proche du Chicago Southside, pour attaquer la cover du "20% alcohol" de J.B Hutto. Le piano barrelhouse de Sid Morris soutient l’ensemble en arrière-plan, pendant que Goldwasser sort le grand jeu de manière très agressive. "Mojo lounge" est du pur Mischo. Il amorce ses interventions, l’esprit hanté par Big Walter Horton. Les poumons dilatés, il souffle dans son harmo qui gémit, se plaint, hurle au loup. Un solo étincelant, saturé de ‘wailing’ harp, qui force vraiment l'admiration. Percutant, "The switch" est un petit joyau. Probablement l’exercice instrumental le plus impressionnant de l'album. La partie rythmique est assurée par June et Marcus. La puissance et la cohésion des guitares démoniaques impressionnent. Le piano de Morris virevolte. L'harmonica s'envole dans les aigus lorsque soudainement, une autre râpe fait son apparition dans le décor sonore. Probablement celle de Kid Andersen. La sortie très atmosphérique, libre de toute contrainte, sort des canons habituels du blues. Superbe! "Telephone drive" relate un fait divers dramatique. L’histoire d’un accident grave causé par l’utilisation abusive d’un mobile dans un véhicule. Musicalement, la transposition est réussie. Les guitares et le piano sont parfaitement complémentaires. June Core entretient le groove. L'harmonica de Mr Mischo fait le reste. Du bien bel ouvrage! Autre instrumental ravageur, "The pull" évolue au sein d’un univers proche des thèmes abordés naguère par Freddie King ; mais en plus riche encore. Le piano est insatiable. Le sax de Shulman soutient une nouvelle fois l'harmo. Classique, le "Bluebird blues" de John Lee "Sonny Boy" Williamson permet aux musiciens de faire un break. Le tempo se complait dans l’indolence. C’est le moment d’éteindre les lumières… Mais la frénésie refait rapidement surface lors d’une seconde cover de JB Hutto : "Please help". Goldwasser saisit l’occasion pour faire glisser son bottleneck le long de ses six cordes. Elles semblent même souffrir le martyre. Une agitation intense envahit le "Hippie's playground" de Jimmy Dawkins. Les musiciens sont très nerveux. Les deux guitares sont incapables de se contenir et dominent finalement cette plage. Frank opère une sortie très sèche alors que Chris fait vibrer ses cordes comme un Otis Rush des grands jours. La cohésion et la puissance conjuguées par June et Marcus sont impressionnantes. Et ils le démontrent une nouvelle fois lors d’un autre instrumental intitulé "The waddle". L’énergie dispensée par les ivoires de Sid est destinée à sublimer le jeu du maître RJ. Bref interlude, "RJ come and get it" est emprunté à la mélodie de "My Babe". RJ est uniquement soutenu par les baguettes de June et le sax de Shulman. La fin de parcours s’avère cependant moins intéressante ; mais globalement ce "He came to play" constitue certainement l'un des meilleurs albums de R.J Mischo.

 

 

R.J. Mischo

Meet me on the Coast

Écrit par

R.J est un des harmonicistes les plus doués de sa génération. S'il a établi aujourd'hui ses pénates à San Francisco, il a entamé sa carrière à Minneapolis. Il y déjà plus de vingt ans. Il y a signé tous ses premiers albums ; et en particulier son elpee initial, "Ready to go!". En 92. Un disque pour lequel il avait reçu le concours du Kid (Teddy) Morgan Blues Band et de Percy Strother. Il y commet encore "Gonna rock tonight". En 94. Il fonde ensuite son Red Hot Blues Band. Tous ses derniers albums sont sortis sur le label allemand Crosscut : "Rough 'n' tough" en 96, "Cool disposition" en 97, et "West wind blowin" en 99.

" Meet me on the coast " est issu de différentes sessions. Six plages ont été commises au studio Wally Sound de Berkeley, en Californie. Puis mixées dans notre plat pays, à Houthaelen très exactement, sous la houlette de Marc T. On y retrouve les musiciens qui côtoient habituellement R.J : son ami Jeremy Johnson à la guitare, Marc Carino à la basse, Robi Bean aux drums, Bob Welsh au piano et notre Marc T à la guitare. Les autres plages ont été enregistrées au studio Goldmine, à Ventura. R.J. et Frank 'Paris Slim' Goldwasser en assurent la production. Frank y prend même une part active dans l'instrumentation. Et pour quatre plages, Junior Watson se réserve les guitares, John Juke Logan l'orgue, Ronnie James la basse, et Eddie 'le cheyenne' Clark la batterie.

R.J chante un curieux "Put you down", les intonations de Marc T dans la voix. Le climat funky repose sur un riff pas vraiment éloigné de Magic Sam et son West Side sound. La paire Mischo et T s'attaque au "Take it easy" de Sonny Boy Williamson II. La guitare est nerveuse. Elle déverse des flots de notes avec parcimonie. Le solo est très bien construit. R.J qui a très bien compris le message, reste sur la défensive. Un excellent exercice de style très respectueux du titre original. L'adaptation du "Passing by blues" de Howlin' Wolf Blues est un autre blues classique. Mischo a écrit "Funky room" dans l'esprit le plus radical du Chicago blues des fifties. Tout est parfaitement mis en place. La section rythmique est solide, mais discrète. Le piano de Bob Welsh efficace. La guitare de Marc bien amplifiée, réverbérée. L'envol à l'harmonica sublime. Digne de Sonny Boy. Du blues comme on aimerait en entendre au quotidien. Susceptible de vous débarrasser du stress ! "You can lie to me" prend un faux départ. Ce titre me fait un peu penser à "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais, c'est ici qu'on se rend compte que Marc T à la main mise sur la mise en forme. Et le confirme tout au long "Don't cross me". Si la ligne de basse est intéressante, c'est Fillmore Slim qui lacère les cordes de guitare. Du vécu ! Les sessions de Ventura se distinguent par un son plus propre. La finition est volontairement plus léchée. Ce qui n'empêche pas les deux formules d'atteindre des résultats plus que convaincants. En soufflant dans l'instrument chromatique sur "Old nightcat", R.J. prouve que sa fixation californienne n'est pas usurpée. "You think I'm lying?" marque un changement le style. La production communique de la puissance au son. James et Clark échafaudent une section rythmique de plomb. Juke Logan est à l'orgue. R.J chante avec autorité. La puissance sonore se communique au jeu de l'harmonica. L'homme semble disposer de quatre poumons. Et si Junior Watson est bien présent, il se limite à la rythmique, accentuant ainsi l'intensité dramatique de l'ensemble. Impressionnant! "My baby she's got it" de Slim Harpo campe un rock'n'roll foudroyant. Dommage que cette plage victorieuse soit si courte (1'36"), parce que déménager plus que ça, tu meurs!!! Le funky et exotique "One good woman" est une autre plage qui s'impose par sa force rythmique. Mischo chante divinement de sa voix un peu poussée. La plage titulaire est un slow blues. Le jeu de R.J est ici inspiré par Little Walter et toute la cohorte des grands harmonicistes blancs de la West Coast. Watson vient confectionner un court solo dans son style inimitable. R.J fait étalage de tout son savoir-faire, de toute sa technique, sur l'instrumental saignant "Bobsledding". Un fragment qui se fond dans "My muddy story". Les cordes de Paris Slim impriment un rythme très enlevé à cette chanson qui relate la première rencontre entre R.J et Muddy Waters. "Lucky that's me" est une composition très funky. Dans le passé, elle aurait pu être enregistrée par le Paul Butterfield Blues Band. "I'm your sideman" est taillé dans du Chicago blues soutenu. Le chant colle à ce style de manière indélébile.Les guitares de Junior Watson et de Paris Slim s'autorisent, à leur tour, un billet de sortie. Ronnie James prend son pied sur sa basse au son lourd. La fin de l'album nous réserve un titre acoustique : "I'll take the whole thing" ; une plage illuminée par l'harmo lumineux de Mischo, sur laquelle on retrouve Paris Slim, Ronnie James et Eddie Clark. Excellent!