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Randall Bramblett

Devil Music

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Originaire de la Georgie, Randall Bramblett est âgé de 68 ans. Au sein de la scène musicale du Sud des Etats-Unis, c’est donc un vétéran. A l’origine, il était destiné à embrasser une fonction de séminariste. Mais finalement il a opté pour une carrière musicale. Chanteur, compositeur, musicien de studio et showman, il s’est forgé une notoriété en côtoyant –notamment– Greg Allman, Bonnie Raitt, Robbie Robertson, Elvin Bishop et Stevie Winwood. Il a également et longtemps milité chez Sea Leavel. Drivé par Chuck Leavell, ce groupe de southern jazz/rock a sévi à la fin des 70’s. Ce muti-instrumentiste est capable de jouer aussi bien des claviers, du saxophone, de la guitare, de l’harmonica que de la mandoline, mais également de s'attaquer à des tas de styles différents, tels que le blues, rock, folk ou gospel. Il compte déjà une bonne douzaine d'albums personnels à son actif. La majorité des plages de son dernier opus, "Devil Music", ont été enregistrées au studio Sound Stage de Nashville, sous la houlette de Gerry Hansen. Pour la circonstance, il a reçu le concours de son backing group, ainsi que de quelques invités. 

"Dead in the water" est une ouverture classieuse. Randy Hanse, le drummer, imprime le tempo de cette plage, caractérisée par la présence de trois guitaristes ; en l’occurrence, Davis Causey (ex-Sea Level), Nick Johnson (Bramblett Band) et, surprise, Mark Knopfler en personne. Randall se consacre au chant et siège derrière l'orgue Hammond. Une légère rythmique balise "Devil woman". Les percus sont hypnotiques mais très contemporaines. Le tempo est versatile. Randall est partagé entre orgue et saxophone. Terne, la voix colle bien au style. Surprenant ! Et la compo traite du dialogue difficile entre le jeune Howlin' Wolf et sa maman à propos du blues, la musique du diable. Un style qu’approfondit Bramblett sur le très riche "Bottom of the ocean". Soutenue par des chœurs, la voix est un peu plus exposée. Les grattes de Causey et Johnson tirent leur épingle du jeu face à une solide section de cuivres, constituée de Randall au sax ténor ainsi que Tom Ryan et Kevin Hyde aux barytons. "Angel child" baigne au cœur d’une atmosphère chaleureuse. La voix est overdubbée. Une des meilleurs plages de l’elpee qu’illumine la slide de Derek Trucks (NDR : aujourd’hui, il est considéré comme un des maîtres sur cet instrument, à cause de son talent, mais aussi de sa créativité). Randall et Davis Causey cosignent "Pride in place", une piste nerveuse au cours de laquelle la voix originale et étrange du Georgien est parfaitement exploitée. L’un des deux gratteurs (probablement Causey) se réserve un bel envol sur ses cordes, se servant du tremplin proposé par les percussions généreuses de Hansen. Insolite, "Reptile pilot" est un morceau qui aurait pu naître d’une jam intégrant des éléments de jazz, rock et blues. Un créneau exploré jadis par Sea Level. D’ailleurs, l’ex-leader de ce combo, Chuck Leavell, se réserve, pour la circonstance, le piano ; un piano qui rivalise avec le saxophone de Bramblett. Des arrangements complexes, étranges, troublants même, entretiennent "Whiskey headed woman", une plage qui met en exergue les différentes facettes du talent de Randall, tant aux claviers qu’au saxophone, mais également du bassiste, Michael Rhodes. "Strong love" change encore de profil. Une compo qui baigne dans une ambiance R&B. Elle monte progressivement en puissance, tirant parfaitement parti de l'orgue Hammond et du synthétiseur. Piano et orgue tapissent "Ride", un blues particulièrement lent, minimaliste et dépouillé. Et le reste de l’opus est toujours d’aussi bonne facture, à l’instar du plus soul "Thing for you" et du R&B entraînant, "Missing link". Randall Bramblett est de nouveau parvenu à concocter une œuvre totalement différente de ses précédentes. Et sans jamais se départir d’un souci permanent de qualité.

 

Randall Bramblett

Now it's tomorrow

Écrit par

Randall est un musicien issu du sud des Etats-Unis. Compositeur et multi-instrumentiste, il roule sa bosse sur les routes de la rock music, depuis bien longtemps. Originaire d’Athens, en Georgie, il a d’abord été marqué par la soul music ; et en particulier celle de James Brown et de Ray Charles. Au cours des 70’s il a participé à l’aventure du groupe de southern jazz rock, Sea Level. A cette époque, il apporte sa collaboration à Gregg Allman, Elvin Bishop ou encore à l’Atlanta Rhythm Section. Et puis décide d’entreprendre une carrière solo. « Now it's tomorrow » constitue son septième opus ; et le quatrième pour le label New West. Edité par Polydor, son tout premier remonte à 1975. Il s’intitule "That other mile". Il a toujours plongé son écriture jusqu’aux racines américaines, en lui conférant des accents blues et country. Mais pour concocter ce "Maintenant, c'est demain", il a décidé d’élargir sa palette, n’hésitant pas à revisiter les Beatles, la musique psychédélique et indienne. Lors de la confection de cet elpee, il a bénéficié de la collaboration de ses fidèles musiciens. En l’occurrence les guitaristes Davis Causey et Mike Hines, ainsi que le bassiste Michael C. Steele. Sans oublier son ami Garry Hansse, préposé aux drums, mais également responsable des sessions d’enregistrement, du mixage et de la production.

Le leader se concentre sur le chant, les claviers et le saxophone. Plage d’ouverture, “Sun runs” est un condensé parfait de l’univers musical au sein duquel cet opus baigne. Une sorte de pop/rock légèrement acide, complexe, riche même. Vous ne serez donc pas étonnés d’apprendre que l’œuvre est truffée d’accents psychédéliques. L’assise rythmique établie par Steele et Hensen constitue la pierre angulaire de cet elpee. On comprend beaucoup dès lors, le privilège d’un producteur lorsqu’il est également le batteur. L’introduction d’“Everybody glows” est à la fois chiadée et tordue. Pourtant, cette plage demeure très pop et mélodique. Un peu dans l’esprit d’Eric Clapton. Et coïncidence, la voix est ici terriblement proche de celle de Delaney. Pas facile d’écrire des chansons à la fois contagieuses et complexes. On pourrait même ajouter raffinées, intelligentes et constamment à la recherche de nouvelles sonorités. Et “Blue Road” en est une parfaite illustration. “Let’s go” est à mon humble avis, le meilleur morceau de l’opus. Un périple musical très séduisant. Au cours duquel les claviers apportent une délicatesse à l’échafaudage sonore… “Some mean god” exsude un parfum d’Orient. Une compo majestueuse, réminiscente de l’univers musical des Beatles. Celui au cours duquel ils étaient sous l’emprise de leur gourou. Mais les compos caractérisées par leurs sonorités en couches, nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. “Mess about it” s’ébroue en douceur. A cause de la fragilité et de la délicatesse de la voix. Mais la quiétude cède ensuite sa place au rythme. Explosif ! Alors que la guitare torturée de Davis crie toute sa souffrance, elle laisse à son tour, la place libre aux claviers issus d’un autre monde. Plus classique, “Use to rule the world” émarge au R&B. Funky, la rythmique est alimentée par tous les instruments. Bramblett nous invite à partager une danse nerveuse, en la dynamisant, pour la première fois, de son saxophone. “Visions” (NDR : le titre est bien choisi !) dérive vers des paysages sonores multiformes. Les images sont traitées à l’acide. Le riff est solide. Une aventure reconduite sur “You better move”. Ballade empreinte d’une grande simplicité, mais aussi d’une beauté intemporelle, “Don’t waste your time” est caressée par la voix paresseuse et expressive du leader et illuminée par une jolie échappée de Steele sur sa basse. Cet opus terriblement excitant s’achève par une autre ballade empreinte de tendresse : “You better move”. Clapton  n’est pas loin… D’ailleurs, Delaney fréquente souvent des jam bands comme Govt Mule ou Whitespread Panic. Et à mon humble avis, il doit y laisser des traces…