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Royal Blood

Typhoons

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Troisième album pour Royal Blood et première constatation, le duo de Brighton a injecté davantage d’électronique dans sa solution sonore. Les synthés sont bien plus présents, et puis parfois la voix est vocodée. Ce qui n’est pas vraiment une bonne idée. Heureusement, le traitement est ponctuel. Plus intéressant, la musique recèle des traces de glam. Pensez à T. Rex. Mais aussi de disco. Afin de la rendre plus groovy et dansante. Les chœurs accentuant parfois cette impression. Ce qui n’est pas forcément dérangeant. A l’instar de « Trouble’s coming », le morceau qui ouvre le long playing. Ou du titre maître dynamisé par son riff de gratte fuzz.

Sans quoi, féroces, la plupart des pistes ont vraiment la pèche ! Et tout particulièrement « Who needs friends ». Enrichi de chœurs falsetto, il aurait pu figurer au répertoire de The Black Keys. Ou « Boilermaker », un morceau percutant produit par Josh Homme (Queens of the Stone Age).

Tramée sur des accords de piano, « All we have is now » campe une ballade sentimentale. Dispensable et clôturant la plaque, elle permet peut-être au mélomane de reprendre son souffle.

Enfin, tout au long de cet LP, les lyrics abordent des thèmes plutôt sombres tels que les troubles psychiatriques, l’addiction et l’autodestruction…

Royal Blood

Royal Blood

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Aimes-tu le bruit cinglant d'une lanière de cuir qui se tend ?

Apprécies-tu ces moments moites, où sous des impulsions répétées, les corps suintants laissent perler les gouttes de sueur sur leurs corps ?

Est-ce pour toi une forme de jubilation, lorsque celui-ci devient incontrôlable sous les assauts d'un rythme endiablé ?

Si tu réponds affirmativement à toutes ces questions, tu vas adorer Royal Blood.

Issus de Brighton, les deux lascars du combo semblent avoir hérité, dans leur gènes ADN, des luttes vécues au sein de leur cité balnéaire, au cours des 60’s.

Pour rappel, c'est à Brighton, chaque week-end, que les Mods et les Rockers entretenaient des rixes, devenues mythiques, sous les yeux médusés des touristes. Et c’est sans doute le souvenir de cette arrogance et de cette violence qui alimente l’inspiration de Mike Kerr et Ben Thatcher. Retenez bien ces noms !

Mike Kerr se charge de la basse. Ses cordes sont grasses, lourdes mais taillées à l’aide d’un diamant. Incisives, répétitives, minutieuses, à la limite de la saturation, elles blessent dès qu’elles touchent leur cible. Tout en profitant de ces effets, elles sont modulées, chauffées sous des effets techniques ou électroniques particulièrement vicieux.

Ben Thatcher se consacre à la batterie. Maîtresse. Point d'orgue du combo. Tout s'incline devant elle. La reine des reines, gourou et despote. Elle fait frémir, flagelle, arrache et décolle.

Mais l’un ne serait rien sans l'autre. En fait, c’est cette association qui s’avère parfaitement maléfique.

Ce Royal Blood ne fait aucune concession, n’a aucune pitié. Il semble se moquer de toute allégeance, de toute convention. Il envoie, balaye et plie sans détail…

Royal Blood mitraille, conspue et attaque. C'est la claque que tu provoques et que tu regrettes aussitôt. Celle qui laisse une marque longtemps après son impact.

Royal Blood, c'est de la dynamite, du rock qui fait passer The Vines pour des amateurs de foire foraine et rendrait jaloux Arctic Monkeys. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien que l'on aperçoit régulièrement Matt Helders vêtu d'un t-shirt du combo.

Royal Blood, c'est un pas vers l'abîme ; et pourtant, une fois tombé dedans on regrette de ne pas y avoir plongé plus vite.

« Royal Blood » est déjà considéré comme un des meilleurs albums pour 2014. Et je partage entièrement ce point de vue…