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Rufus Wainwright

The Show Must Go On

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En naissant au sein d’une famille comme la sienne, Rufus Wainwright était voué à devenir l’artiste qu’il est aujourd’hui. Fils de Loundon Wainwright III et de feue Kate McGarrigle, le singer-songwriter, aujourd’hui âgé de 36 ans, publie son sixième album studio, « All Days Are Nights : Songs For Lulu » dont la grande majorité des morceaux est dédiée aux membres d’une famille pour le moins artistique. De passage à Bruxelles, le Canadien a jeté son dévolu sur la superbe salle Henry LeBoeuf, l’âme musicale du Palais des Beaux-Arts, pour y présenter un spectacle particulièrement surprenant.

A quelques sièges près, la salle est comble. Vers 20h30 un collaborateur du Bozar s’avance sur le podium pour annoncer le programme. Plus qu’un simple concert, le public apprend que la représentation de Rufus Wainwright sera scindée en deux parties distinctes. La première est constituée d’un récital d’une heure. Pendant celui-ci, il est demandé au parterre de ne prendre aucune photo et de ne pas applaudir entre le moment où l’artiste apparaît sur scène jusqu’au moment où celui-ci l’a quitté. De quoi attiser la curiosité. La seconde partie, elle, est consacrée à la partie concert ‘standard’.

Seul un piano trône sur les planches. Lorsque les lumières s’éteignent, un silence de mort règne dans la salle. Rufus Wainwright s’avance à pas lents vers l’instrument, vêtu d’une sorte de toge bleue dotée d’une traîne interminable. L’ambiance dans la pièce est unique. A la fois intense et apaisante. Le chanteur s’installe délicatement sur son siège et entame son répertoire, centré essentiellement sur les compositions extraites de « All Days Are Nights : Songs For Lulu ». « Martha », dédié à sa talentueuse frangine, le trio de « Sonnet », « What Would I Ever Do With A Rose ? » ou « Les feux d’artifices t’appellent » s’enchaînent tandis que l’auditoire écoute, dans un respect le plus total. Et, pourtant, ce n’est pas l’envie d’applaudir cette superbe prestation qui manque. Une heure plus tard, Wainwright se retire de la scène. Sa démarche fantomatique communique une atmosphère toute théâtrale à la prestation sans faille de l’artiste.

Après un court entracte d’une vingtaine de minutes, le chanteur est de retour sur scène, souriant, décontracté. Il remercie le public pour le respect qu’il lui a témoigné pendant la première partie et entame une seconde partie de spectacle qui parcourt un large pan de sa discographie. Pas avare en paroles, il évoque son opéra « Prima Donna », son père, ses sœurs, son petit ami et, surtout, sa mère décédée en janvier dernier. Il reprend d’ailleurs « Walking Song », un morceau des sœurs McGarrigle. Le Canadien en profite également pour manifester sa colère, suite à l’attentat déjoué deux jours auparavant, qui s’est produit en plein Manhattan, et rend un vibrant hommage à New York au son de son tube « Going To A Town ». Le deuxième volet du set s’achève au bout d’une heure vingt par une ‘standing ovation’ tout à fait méritée. Wainwright est sans nul doute ce que l’on appelle un artiste accompli.

(Organisation : Live Nation)