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San Fermin

Talent à l’état pur…

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Attention talent à l’état pur ! Slogan quelque peu bateau et lancement de chronique un rien ‘marqueté’, mais rarement le Bota n’a autant eu l’impression de découvrir un petit groupe dont on sait pertinemment qu’il deviendra grand une fois le concert terminé… Tout chez San Fermin permet en effet de croire qu’ils trusteront les grandes scènes d’ici peu ! Le contraire ne serait que flagrante injustice.

La formation a emprunté son patronyme aux fêtes de la San Fermin qui se déroulent chaque année, au mois de juillet, à Pampelune, en Espagne. Elles célèbrent, depuis des siècles, le saint patron de la communauté autonome de Navarre, saint Firmin (voir article Wikipédia ici), un événement devenu autant sacré que profane, caractérisé par ces fameux lâchers de taureaux dans la foule.

Intitulé « Daedelus », son premier elpee est sorti en août 2013. Plus d’une vingtaine de musiciens y avaient participé. Mais la figure de proue est incontestablement le jeune mais tout-puissant compositeur Ellis Ludwig-Leone. Qui dirige un backing group de 7 musicos particulièrement talentueux. Et le concert de ce mercredi soir à la Rotonde du Botanique en a été la preuve parfaite. Derrière son clavier, le New-yorkais mène sa troupe d’une main de maître. Pas un hasard que ce fraîchement gradué de Yale ait été assistant du compositeur Nico Muhly, connu pour avoir bossé pour Antony and the Johnsons, Sufjan Stevens et Grizzly Bear…

Les morceaux du groupe de Brooklyn sont particulièrement brillants et auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre Sufjan Stevens (« Daedelus (What We Have) ») et The National (« Rennaissance », « Bar »), soutenue par un improbable brass-band légèrement jazzyfiant. Et ce cocktail de pop baroque a l’avantage de la diversification, atout qui procède notamment de l’alternance entre la voix de la chanteuse Rae Cassidy (sur le magnifique « Sonsick ») et celle, très proche de Matt Berninger, du chanteur Allen Tate. Mais l’instrumentation n’est pas en reste, le trompettiste, le violoniste et le saxophoniste –instrument remis au goût du jour ces derniers temps– apportent également leur pierre à l’édifice. Immédiats et entraînants, les morceaux à tiroirs de San Fermin sont épiques et euphorisent un public pourtant clairsemé ! En à peine plus d’une heure de concert et un rappel énergique à souhait, les New-yorkais ont entamé leur marche en avant sur les terres européennes. Les quelques nouvelles compos dévoilées annoncent, en outre, un nouvel album à la hauteur du premier.

Enfin, les huit musiciens sont de showmen, ce qui ne gâte rien. Ils n’hésitent pas à se fondre dans la foule ou à entamer d’improbables mini-chorégraphies pas prétentieuses pour un sou. Un concert vraiment irrésistible dans une salle qui semblait déjà être trop étroite pour eux !

(Organisation Botanique)