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Sean Costello

In the magic shop

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Ce chanteur/guitariste américain est décédé en avril 2008, la veille de son 29ème anniversaire. Il était originaire de Philadelphie et sa famille s'était installée à Atlanta alors qu'il n'avait pas encore dix ans. A 16, il grave son premier elpee, "Call the cops". En 1996. A 20, il publie "Cuttin' in", un opus très bien reçu par la scène musicale blues. De son vivant, il publie encore "Moanin' for molasses" en 2001, "Elvis Costello" en 2005 et "We can get together" en 2008. Il avait une voix étonnante et était aussi bien capable d’aborder le blues, le R&B que la soul. Mais ces deux derniers long playings s'éloignaient quelque peu du blues pour aborder le southern soul et le rock. Hélas, il a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel, à Atlanta, probablement des suites d'une overdose. Il souffrait de désordre bipolaire, une maladie qui pouvait le rendre euphorique un instant et morose le suivant, proche même du suicide. Ses parents ont depuis fondé le ‘Sean Costello Memorial Fund for Bipolar Research’. En septembre 2009, son label Landslide a sorti un "Best of" baptisé "A Memorial Retrospective". Sean s’était bâti une solide réputation d’artiste live. En 2011, l’écurie a publié "At his best – Live", un LP dont les bénéfices ont permis d’alimenter le Fonds. Vizztone s’est chargé de graver ce petit bijou, immortalisé au cours de l'automne 2005 et mixé durant le printemps 2014 au studio ‘The Magic Shop’ à New York, sous la houlette de Steve Rosenthal.

"In the magic shop" débute de manière… magique! Blues lent, "It's my own fault" est une cover de B.B King, une compo extrêmement dépouillée, mais particulièrement efficace. Pour jouer ainsi, Costello avait certainement le blues. Il ne dispense que les notes indispensables, et elles font mouche. Les moments de silence sont importants. Et Paul Linden le seconde impeccablement. Un exercice de style opéré sur le fil du rasoir. Et au cours de la dernière minute, Sean se met à chanter. En transe, comme s’il était possédé ! Tapissé par l'orgue Hammond de Linden et le piano électrique de Brian Jackson, "Can't let go" embraie en mode soul. Passionnée, la voix de Sean est soutenue par deux voix féminines. "Hard luck woman" est imprimé sur un tempo indolent. Un blues alimenté par les vocaux, le chant, la gratte, l’harmonica, le piano et une section rythmique constituée du bassiste Melvin Zachery et du drummer Ray Hangen. "Trust in me" (Traduction : Faites-moi confiance) déchire l’atmosphère. Il ressemble à un cri de douleur, un appel à l’aide extrêmement expressif, face aux ivoires et aux cordes acoustiques. Blues amplifié, "Feel like I ain't got a home" rocke, une plage au cours de laquelle Sean hurle ses mots. Autre cover, "You don't know what love is" est issue de la plume de Fenton Robinson. Du Chicago westside blues coloré de soul. La six cordes est bien sentie. La voix est dévorée par la passion. "Check it out" est une plage écrite par Bobby Womack. La nouvelle version trempe dans un cocktail de soul, R&B et funk plutôt sauvage! "I went wrong" nous transporte dans le monde du Memphis blues. La guitare marche sur les traces d'Albert King, avant de planer dans la stratosphère. La reprise du "You wear it well" de Rod Stewart est surprenante. Sean adapte cette ancienne compo de l’ex-(Small) Faces issue de l’elpee "Never a dull moment", parue en 1972. Et la voix de Sean est encore plus écorchée que celle de Stewart. Tout comme sur "Told me a lie", une ballade blues tourmentée, lancinante, parcourue par une guitare effarouchée. Fruit de la rencontre entre funk et r&b, "Make a move" célèbre le retour des voix féminines. Signée Johnny Fuller, "Fools paradise" est une piste minimaliste tellement chargée de passion. Une finale aussi bouleversante que l’ouverture. Dommage que cet artiste soit disparu si jeune. Car son talent était vraiment exceptionnel!

 

Sean Costello

Sean's blues – A Memorial Retrospective

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Sean Costello était l'un des plus solides espoirs du blues de ce début du XXIème. Hélas, à la veille de son 29è anniversaire, il nous a quittés. C’était en 2008. Il venait de concocter son meilleur album : "We can get together". Sur le label Delta Groove. Une œuvre qui lui avait permis d’être reconnu par ses pairs. Au cours des premières années de sa carrière, il avait commis trois elpees : "Call the cops" en 1996, sur Blue Wave ; puis "Cuttin' in" en 2000 et "Moanin' for molasses" l'année suivante, tous deux chez Landslide. Ce dernier label lui rend aujourd'hui hommage et justice en publiant cette rétrospective. Pas moins de vingt titres sont réunis sur cette plaque, dont douze inédits.

Trois plages de la plaque sont extraites de "Call the cops". Sean n'avait alors que 16 ans. Et c’est Cub Koda en personne qui produisait le disque. Son excellent "Take me back" ouvre donc les festivités. Le timbre vocal de Sean est encore juvénile, pas très assuré ; par contre, il s’affirme déjà à la six cordes. Efficaces, ses attaques sont redoutables. Il embraie par une version acoustique mais très respectueuse du "Sail on" de Sonny Boy Williamson I. Son ami Paul Linden démontre soute sa rigueur sur son harmonica! Ce dernier est passé au piano pour affronter "Call the cops", une plage de brève durée, mais très offensive.

Plusieurs sessions inédites avaient été immortalisées en studio. Elles remontent à 1998. "Lovin' machine" adopte un style jump, chargé de swing, en empruntant au passage des phrasés de T-Bone Walker. Instrumentaux, "The plumber" et "Big beaver", mettent en exergue les prouesses de Linden à l’harmo. Traditionnel, "Tell me baby" est interprété en Chicago shuffle classique. Plus notoire, le "Walkin' blues" de Robert Johnson est exécuté en Mississippi blues. Largement amplifié, il est enrichi par la voix féminine de la séduisante Susan Tedeschi.

Trois titres figuraient sur "Cuttin' in". "Mellow chick swing" est une autre reprise signée Williamson I. Costello est au sommet de son art. Sa voix a pris sensiblement de la consistance. Il est soutenu par Linden et Matt Wauchope au piano. Il opère également une très bonne lecture d'un des meilleurs titres lents du blues, "Double Trouble" ; un morceau popularisé par Otis Rush. Durant plus de sept minutes, il étonne par sa parfaite maîtrise du style et en manifestant une maturité incontestable. "Who's been cheatin' who" adopte le rythme du chemin de fer. Et la machine s’emballe ; mais nonobstant la vitesse vertigineuse du tempo, l’exécution est sans faille.

Parmi les extraits de concerts, deux ont été accordés à Marquette, dans le Michigan. Soit les classiques "All your love" d'Otis Rush" et "Mojo boogie" de J.B Lenoir. L'artiste y démontre tout son talent sur les planches. Autoritaire, il maîtrise parfaitement son sujet. Sa voix est désormais puissante et rugueuse. Sa version fiévreuse et délicate du "Motor head baby" de Johnny Guitar Watson a été enregistrée à Chicago. Sean y adopte le rythme nonchalant du swamp blues.

Deux plages sont issues de l'album "Moanin' for molasses". Tout d’abord "Don't be reckless with my heart", un solide et classique shuffle texan. Et puis "It takes time", une autre cover d'Otis Rush (NDR : qui décidément l'inspire beaucoup). Elle recèle de superbes sorties de cordes devant le piano de Linden et l'orgue de Wauchope.

Quatre titres inédits émanent d’une session studio accordée à Atlanta. C’était en 2002. Le "Your love is amazing" de Robert Ward macère dans une ambiance curieusement orientale. Une plage très soul blues, au cours de laquelle Sean épanche toute sa passion, d’un timbre vocal devenu plutôt graveleux. Signé Fenton Robinson, "You don't know what love is" est parcouru d’arrangements délicatement funky. Et pour terminer on a droit à deux titres coécrits en compagnie de Paul Linden. Soit le remuant et récréatif "Feel like I ain't got a home", dont la bonne humeur communicative est entretenue par le piano roadhouse. Ainsi que le très R&B "She changed my mind", au cours duquel la voix de Sean se prête idéalement à ce style!

Cette collection rend manifestement justice à un des artistes les plus doués de la génération montante, trop rapidement disparu. A l’instar de "WRFG Memorial", recelant seize plages rares ou inédites, les bénéfices récoltés pour la vente de « Sean's blues – A Memorial Retrospective » seront versés à une association luttant contre le ‘Bi-polar disorder’, une maladie souvent liée à la dépression…

 

Sean Costello

We can get it together

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Présenter ce nouvel album du jeune Sean Costello aurait dû être un plaisir. Malheureusement, Sean est décédé la veille de son 29ème anniversaire. On l’a retrouvé seul dans sa chambre d'hôtel, à Atlanta. Il était né le 16 avril 1979 et était à l'aube d'une brillante carrière. Il avait tapé dans l'oreille de Delta Groove, le label blues le plus entreprenant de ce début du XXIème siècle. "We can get it together" est donc déjà une œuvre posthume. Sean était né à Philadelphie. Il avait ensuite émigré à Atlanta. En compagnie de toute sa famille. Il joue de la guitare depuis son plus jeune âge. En 96, alors qu'il n'a encore que 17 ans, il concocte son premier opus : "Call the cops". Il est alors engagé au sein du backing band de la chanteuse Susan Tedeschi. Son album suivant, "Cuttin' in", paraît en 2000. Et "Moanin' for molasses", deux ans plus tard. Les deux elpees chez Landslide. Un opus éponyme est encore édité en 2005 sur Tone Cool. « We can get it together » constitue donc son cinquième. Ce sera aussi son dernier! Au fil du temps, Sean était devenu un redoutable guitariste ; mais aussi et surtout un excellent vocaliste. Ainsi qu’un compositeur affûté. Quoique notoire au sein des milieux du blues, son potentiel lui avait permis de répondre aux sirènes de la soul music et du R&B. En outre, s'il citait volontiers Otis Rush, Freddie King et Robert Lockwood Jr, comme influences majeures, il se sentait aussi proche d'Otis Redding, Johnny Taylor et Otis Clay! Depuis deux ans, ses prestations scéniques bénéficiaient de la présence d'une section rythmique unique, composée d’Aaron Trubic à la basse et et Paul Campanella Jr aux drums. Ils sont bien entendu de la partie.

En ouverture, "Anytime you want" souligne son timbre rugueux, terriblement expressif, très souple. Il colle bien à ses accès de gratte. Il y dispense des accords plaqués, pour y asseoir une assise redoutable à ses vocaux. Cette voix est éclatante, mais déjà bien ravagée. Elle illumine le blues rocker tonique "Same old game". Imprimé sur un tempo proche du "Cocaïne" de JJ Cale, cette plage nécessite un volume maximum pour être appréciée à sa juste valeur. Et son pouvoir de pénétration est irrésistible. "Can't let go" nous dévoile sa facette soul blue. Proche, sans aucun doute, de son idole Johnny Taylor. "Told me a lie" est une petite merveille sculptée dans la pop presque parfaite. A cause des arrangements très ‘beatlenesques’ et de la production luxuriante. En outre, la richesse de l’instrumentation accentue l’opulence de l’expression sonore. Un sousaphone communique des effets de basse saisissants. Un accordéon et chœurs entrent en ligne de compte. Impressionnant! "Hard luck woman" carbure dans l’esprit du Costello le plus pur. Un hard rocker imprimé sur un mid tempo. L’échange opéré entre le chant et la guitare est permanent. Les arrangements assez complexes. D’ailleurs la production est le fruit de la collaboration entre les trois musiciens. A ses débuts, Costello a été influencé par Stevie Ray Vaughan. Le puissant et ravageur "How in the devil" en est la plus belle démonstration. Un shuffle frénétique, implacable et conquérant. Très texan aussi. Ballade indolente, "Have you no shame" bénéficie de la participation de Rich Iannucci à l’orgue Hammond. Les répliques vocales sont ici accordées par Donnie McCormick. Une fameuse dose d'intensité, mais également de sensualité émane de la conjugaison des vocaux entretenue entre les deux comparses. "Going home" baigne au sein d’un climat paisible. Dense, mais aussi palpitant. Le ton est gospel. Donc les harmonies vocales importantes. En particulier les chœurs masculins concédés par le Northside Men's Choir. L’orgue Hammond est toujours de la partie. La voix du leader sanglote… "All this time" baigne dans la musique soul. Mais bluesy. Un style qu’il apprécie tout particulièrement. L’amplitude des intonations de sa voix est un réel plaisir des oreilles. "Feel like I ain't got a home" émarge au southern rock. Le son puissant, bien gras et réverbéré de sa Gibson Les Paul correspond admirablement à ce style sudiste particulièrement sauvage. Pour achever l’elpee, il adapte "Little lies", un traditionnel enseigné par son ami Levon Helm (du Band). Une plage nonchalante, qu’il chante en s’accompagnant –et pour la seule fois– de sa slide. Il s’y montre convaincant tout en manifestant beaucoup de sensibilité. Un album d’excellente facture !  

Sean Costello

Sean Costello

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Comment remettre la musique populaire américaine au goût du jour ? Rien de plus simple. Prenez Sean Costello, par exemple. Une guitare grinçante mais agile, un illustre patronyme (n’est-ce pas Elvis ?), un timbre vocal coincé entre l’afro-funk d’un James Brown sous Prozac et le blues guttural enfumé d’un Joe Cocker sautillant le long des rives du Mississipi et le tour est joué ! A 25 ans, le petit Sean signe un quatrième enregistrement abouti et pétillant.

Malheureusement, en ce qui concerne un éventuel succès populaire, le rendez-vous est pris pour le prochain album. L’auditeur à beau écouter, chercher encore et encore, retourner le disque sous toutes ses circonférences, il manque le hit, ce sursaut ‘tubesque’ nécessaire pour faire la différence. Pourtant, l’objet proposé par ce jeune pensionnaire d’Atlanta démontre d’un redoutable savoir-faire, d’une solide énergie et d’un ton incisif, calqué sur les grandes voix de la musique noire américaine. Combien de bluesmen Sean Costello ingurgite-t-il à l’heure du petit déjeuner ? Cette question demeure encore un mystère mais il y a fort à parier qu’il dépasse largement l’apport journalier recommandé !

 

Sean Costello

Moanin´ for molasses

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Originaire de Philadelphie et résidant aujourd'hui à Atlanta, ce jeune chanteur/guitariste blanc a fait son petit bonhomme de chemin en un minimum de temps. Il n'a que 23 ans. Et son premier album, "Call the cops", remonte déjà à 1996. Il était paru chez Blue sun. "Cuttin' in", le suivant, est sorti en 2000 sur Landslide. Sean a également collaboré à l'opus de son amie Susan Tedeschi, "Just won't burn".

Pour concocter ce troisième elpee, Sean s'est tout simplement entouré de sa propre formation. Matt Wauchope aux claviers, Melvin Zachary à la basse et Terence Prather aux drums. Il a également reçu le concours d'un des plus célèbres bluesmen canadiens : Paul Linden. Il y joue du piano, de l'harmonica et coproduit le disque !

La plage titulaire ouvre l'album. Un instrumental destiné à libérer les articulations. Soutenu par le superbe travail de Matt au piano, le climat baigne dans le jazz. L'ensemble s'attaque à "You're killing my love". Une composition signée Mike Bloomfield/Nick Gravenites, qui s'appuie sur un riff à la Albert King. La section de cuivres est bien présente. Sean est particulièrement à l'aise sur ces motifs. Ayant manifestement assimilé l'essentiel du génie musical de Bloomfield, il peut y disserter à souhait. Arc-boutée sur une ligne rythmique chargée de groove, "Don't be reckless with my heart" campe un bon blues rock tonique. Melvin et Terrence portent littéralement leurs compères. "You're a part of me" constitue probablement une des meilleures compos de l'opus. Costello me fait alors penser à un autre guitariste aussi diabolique, Duke Robillard. Et c'est également vrai dans la manière de chanter. Signé Willie Dixon, "One kiss" est un bon blues rythmé. Tout comme "It takes time" d'Otis Rush, une plage au cours de laquelle les cordes passablement dévastatrices tirent leur épingle du jeu. Tout comme les accords du piano de Paul Linden et ceux d'orgue de Wauchope. La clef de voûte de l'album repose probablement sur la voix posée, naturellement modulée de Sean. Elle peut se faire rocailleuse mais sans faiblesse. Elle brille sur "No lie", un morceau co-écrit par Billy Emerson et Buddy Guy. Et encore une fois, il démontre toute son étonnante faculté d'assimilation des meilleurs styles. La guitare ne distille que les notes nécessaires. Cette voix impressionne aussi sur des reprises très réussies. A l'instar d'"I want you so bad", une ballade R&B signée James Brown. Paul Linden souffle dans son harmo, avec une puissance inouïe, sur "The plumber". Une plage instrumentale qui fait des ravages. A la manière d'un Lee Dorsey, Costello nous convie à New Orleans sur son "Miles away" : piano, cuivres et chœurs en toile sonore. Il a également composé "Low life blues", un fragment très Chicago, proche du célèbre "Key to the highway". L'album se referme sur deux dernières reprises : le R&B Memphis Stax "You can't win with a losing hand" d'Eddie Floyd, et "Good advice" de J.B Lenoir, une clôture roots au cours de laquelle Sean chante seul en s'accompagnant d'une guitare acoustique. " Moanin' for molasses " constitue le meilleur album de Sean. Ne le manquez pas lors de son prochain passage près de chez vous. En septembre prochain. Que ce soit au Beersel Blues Festival, aux 4 Ecluses de Dunkerque, à Marcq en Baroeul, au Crossroads ou encore au Spirit of 66.

Sean Costello

Cuttin´ in

Écrit par

Ce jeune chanteur/guitariste avait sorti un premier album prometteur en 97, "Call the cops". Il réapparaît, signé par Landslide et entouré d'une solide bande de musiciens.

L'album est essentiellement constitué de reprises, qui baignent, pour la plupart, dans le Chicago blues. A commencer par une version musclée du "Talk to your daughter", de J.B Lenoir. Puissante, agressive, elle s'appuie sur une section rythmique très cohérente. Malvin Zachary est à la basse et Tim Gunther à la batterie. Le disque enchaîne immédiatement avec la plage titulaire, en l'occurrence le célèbre "Cuttin' in" de Johnny Guitar Watson (NDR : qui ne connaît pas le fameux "Excuse moi partenaire! " ?). Et de nouveau, le traitement de ce classique est impeccable. Sean s'embarque alors sur son "Cold cold ground", traçant à la guitare des phrases inspirées par BB King, mais bien plus saignantes et amplifiées. Son camarade, Paul Linden, pose le décor à l'harmonica pour la reprise de "Mellow chick swing", de Sonny Boy Williamson, et favorise un théâtre d'échanges entre les cordes et le piano de Matt Wauchope. Sean a bien pris ses marques dans la Cité des Vents, le voici dans une démonstration de puissance, au cœur de "I want to be loved", de Willie Dixon. L'énergie atteint son paroxysme sur "Who's been cheatin' who", un véritable forcing rythmique qui porte le chant et l'harmonica. Pour l'exercice du blues lent, Costello force le respect dans une cover de "Double Trouble". D'Otis Rush bien entendu ! Le résultat est superbe, croyez-moi! Et Sean manifeste une sensibilité exacerbée jusqu'au bout des ongles. "Goombay rock" est savamment parfumé d'Orient! Effluves de R&B, "I got loaded" et "Those lonely lonely nights" sentent bon les vieux juke-boxes des sixties. La lutte finale se concentre à Chicago. L'harmonica de Linden hurle de plaisir sur "Close to you". Et pour clore cet excellent album, Sean cède les vocaux à Paul pour attaquer le "Ah'w baby", de Little Walter.