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Secret Colours

Peach

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Il s’agit déjà du troisième opus de ce groupe chicagoan fondé en 2009. Un sextuor dont le line up semble avoir sensiblement changé depuis sa formation. Et je dois avouer être tombé sous le charme de leur musique. Ainsi que de cet album.

Leur expression sonore baigne dans une sorte de psyché/pop qui puise son inspiration à la fois dans les 60’s et le début des 90’s. Lorsque le groove trempe dans la house mancunienne, inévitablement on ne peut s’empêcher de penser aux Stone Roses originels. A l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Blackbird (only one) ». Ou du plus tribal et sensuel « Euphoric collisions », caractérisé par ses accès de guitare limpides et ce zeste d’orgue suranné. Plus indolent, « Legends of love » évoque davantage les Doors. A cause de ces interventions de piano électrique. Les Beatles ont certainement marqué le band. Le soin apporté à la fin des morceaux en est une des illustrations. Comme sur « Blackhole », parcouru par des accords de piano ‘plink plonk’ et à l’épilogue énigmatique. Ou le titre maître, dont le dénouement dévastateur se fond progressivement dans les bruits de conversations. Mais la compo la plus proche des Fab Four est manifestement, la toute dernière, « Love like a fool », les harmonies vocales limpides et le piano classique balisant cette chanson mélodieuse et tendre à la fois. Un sens mélodique particulièrement soigné qu’on retrouve tout au long de ce long playing. Et des vocaux duveteux, parfois sinusoïdaux (NDR : floydiens pour ne pas dire sydbarretiens), trempés dans la reverb’ ou bien sûr beatlenesques. Quant aux lignes de guitares, elles sont tour à tour brumeuses, cristallines, tourbillonnantes, gémissantes ou en couche. Sorte de boogie mis sous pression, avant d’exploser, « Faust » lorgne davantage vers les Black Keys. Contagieux, envoûtant (ce melodica !), « Me » aurait pu être composé par Damon Albarn, chez Blur. Deux pistes plus enlevées, allègres : « World through my window », illuminée par des accents de guitare surf et caractérisée par ses changements de tempo ; et puis le plus basique (Dandy Warhols ?) « Who you gonna run to ». Et « Lust » opère un petit retour vers le début des 90’s. La ligne de basse serrée et le zeste de farfisa évoquant alors Inspiral Carpets. L’LP a été produit par Brice Deck (Modest Mouse, Gomez, Iron & Wine). Et il mérite vraiment de figurer dans mon Top 20 de l’année 2014.