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Seluah

Red Parole

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En 2002, lors de la sortie du premier Ep de Seluah, un critique local affirmait que ce disque était l’un des meilleurs jamais enregistré par un groupe issu de Louisville. Malheureusement après avoir commis ce coup d’éclat (NDR : qui n’a d’ailleurs pas atteint le Vieux Continent), le band a disparu de la circulation. Enfin, pas tout à fait, puisque les membres ont collaboré à différents projets chacun de leur côté (Rachel’s, Boom Bip, …) Ce n’est qu’en 2010, que ce mystérieux combo décide de revenir à la surface, comme par enchantement. Et il se remet à bosser sur un nouvel opus, intitulé « Red Parole », elpee qui a bénéficié de la collaboration de Kevin Ratterman (My Morning Jacket, Young Windows, The Broken Spurs).

« Red Parole » s’ouvre par le brûlant « We Way Never Make It Home ». L’atmosphère est lourde et le tempo lent. Et le rythme imposé par les drums en est la principale cause. Nourri au psychédélisme et au rock 70’s, ce morceau évoque un Black Mountain sous morphine. Et la suite est de la même trempe. Les mélodies sont languissantes, les riffs de guitares hypnotiques, les nappes de claviers généreuses et la voix est douce et éthérée. Et pourtant, si toutes les pistes dépassent largement les 5 minutes, elles ne suscitent jamais de lassitude. Dans le style, Seluah maîtrise parfaitement son sujet. Au fil des plages, l’expression sonore devient de plus en plus féroce. A l’instar de « Black Sand » et « Hell and Back », deux morceaux fouettés par des grattes bien crades et noisy.

Pour concocter cet opus, Seluah a reçu le concours de quelques invités, parmi les quels on épinglera la présence de Christian Frederickson et Rachel Grimes, respectivement au violon et au chant sur « We Way Never Make It Home ». Et ma foi ces participations apportent une autre dimension à ce long playing, tout bonnement parfait.

Je ne reviendrai pas sur l’avis concernant la scène musicale de Louisville. Sa notoriété n’est pas encore établie. Par contre, il est évident que dans le style psyché/rock, il y a bien longtemps que je n’avais plus eu le loisir d’écouter une œuvre aussi remarquable. La dernière fois, c’était probablement « In the Future » de Black Mountain.