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Sonic Jesus

Neither Virtue Nor Anger

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Tout auréolé d’une couronne d’épines psychédélique sur le front, Sonic Jesus vient de débarquer.

Parrainé par Black Angels –une filiation concrétisée par un split single– ce combo italien est sans doute ce qui se fait de plus original dans un genre qui tend à se mordre la queue (NDR : même si la redondance appartient à ce mouvement).

Mais cette singularité procède surtout de sa large palettes d’influences, qui oscillent de Sisters Of Mercy à Can, en passant bien entendu par les inévitables et incontournables papes du style.

Ainsi « Locomotive », qui introduit ce premier opus, évoque l’ouverture du « Turn On The Bright Lights » d’Interpol.

Quand l’expression sonore est sur les rails, prête à traverser un climat ténébreux, perturbé et angoissant, une tempête sonique nous propulse dans la stratosphère avant de nous rabattre sur la terre, turbulence au cours de laquelle on croise des spectres de glace au profil gothique, rarement rencontrés sous ce format musical.

C’est sans doute ce qui fait la richesse de « Neither Virtue Nor Anger ».  

Drums martiaux, semblant émaner directement de l’enfer, voix d’outre-tombe, guitares fuzz fiévreuses, orgue dérangé et ligne de basse hypnotique, susceptible de broder des motifs en spirale ascensionnelles, alimentent cette atmosphère sépulcrale.

Dès les premières mesures, on est pris aux tripes. Peu de répit pour recouvrer son souffle, qu’on ne souhaite de toute façon pas reprendre.

C’est donc haletant qu’on arrive au bout du premier CD, se précipitant tout de go sur la suite.

Car Sonic Jesus ne se la joue pas à l’économie. Il y a de la quantité sur ces deux disques. 16 titres. Et surtout de la qualité.

À l’image de cette Pietà illustrant la pochette, le band confère à sa musique un romantisme torturé et une folie électrique, comme si un ange déchu avait été jeté dans le tourbillon des flammes de l’empire des morts, suite à une descente psychotrope hallucinée.

Puissant mais chargé de nuances, cet opus traduit un cri primal et urgent destiné à dépasser les cimes de l’indifférence. Un premier essai qui marque le premier pas d’une discographie qu’on souhaite prolifique.