L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (4 Items)

Centro-Matic / South San Gabriel

Dual Hawks

Écrit par

Split album plutôt étonnant, puisqu’il réunit le nouvel opus de Centro-Matic et celui de South San Gabriel sous le même écrin. C'est-à-dire les deux projets de Will Johnson. Manquait plus qu’il soit triple et consacre un exercice en solitaire (NDR : aventure qu’il a déjà tentée à deux reprises : en 2002 et 2004). Si l’artiste explore sa face la plus rock chez Centro-Matic, il embrasse des desseins plus acoustiques au sein de South San Gabriel.

Le line up de base est identique au sein des deux formations ; mais chez SSG, on y rencontre une belle brochette d’invités. Et pour la circonstance Matt Stoessel (pedal steel), Bryan VanDivier (basse, guitare, percussions), Jeffrey Barnes (clarinette, saxophone, flûte, etc.), Buffi Jacobs (violoncelle), Tamara Cauble (alto, violon), David Pierce (trombone), James Driscoll (contrebasse) ainsi que Robert Gomez aux arrangements. Une solution sonore qui pourrait sembler luxuriante, vu la présence de ces collaborateurs. Et pourtant on est loin du compte, ces musiciens se révélant d’une grande efficacité, mais aussi d’une remarquable sobriété. Atmosphériques, mais également particulièrement sombres, les 12 plages de ce disque manifestent ainsi une grande richesse dans les subtilités. Depuis le majestueux « Kept on the sly » au légèrement psyché, exotique, « Trust to lose », en passant par un remarquable « When the angels will put out their lights » aux influences vocales nettement soul et le menaçant, sinistre « Of Evil/For evil », déchiré entre blues et musique de chambre, on ne peut que se montrer admiratif face à une telle puissance d’écriture. Tout ceci sur un rythme lent, parfois même slowcore ou au moins imprimé sur un mid tempo. Et lorsque la solution sonore vire vers la lo-fi (« My goodbyes »), le spectre de Bonnie ‘Prince’ Billy se met à planer…

Plus électrique, l’opus de Centro-Matic s’illustre d’abord par une grande sensibilité mélodique. Les compos contagieuses et souvent hymniques sont balayées de savoureux accès d’électricité. Jamais envahissants, mais toujours judicieux. Inoculés dans l’esprit du mouvement Paisley Underground (Dream Syndicate en tête) et bien sûr du légendaire Neil Young. Une des ses influences majeures. Tout Bruce Springsteen et Bob Dylan, « Twenty-four », me rappelant étrangement « Blowin’ in the wind », mais en plus allègre. Bref si l’essentiel de ce disque est agité par des riffs de guitare grésillants, crépitants, déchiquetés, crazyhorsiens, quoique insidieux voire rampants (NDR : ces accès d’électricité vivifiants sont même parfois enfouis sous la ligne de flottaison instrumentale, avant de remonter à la surface, comme s’ils avaient fait le plein d’énergie), la fin de parcours en revient à une formule plus acoustique. Minimaliste et semi-acoustique sur « Counting the scars » (NDR : on entend les doigts glisser sur les cordes de la gratte) et le final « A critical display of sankes », morceau étrange mais romantique évoluant à mi-chemin entre Centro-Matic et South San Gabriel. Ben tiens !

 

South San Gabriel

The Carlton chronicles : not until the operation´s through

Écrit par
Pour pouvoir écouler son stock de chansons, Will Johnson n’a guère le choix : multiplier les formules. Ce qui explique pourquoi il commet des albums pour Centro Matic, South San Gabriel ou en solitaire. Mais au lieu de vider ses fonds de tiroir, Will prend un malin plaisir à écrire (NDR : ça rime !). Donc, pour concocter « The Carlton chronicles : not until the operation´s through », il s’est fendu de toutes nouvelles compositions. C’est pas demain la veille qu’il épuisera ces fameux stocks ! Une plaque pour laquelle il a reçu le concours de toute l’équipe de Centro-Matic. C'est à dire Matt Pence, Scott Danbom et Mark Hedman. Ainsi que de toute une série de collaborateurs, dont Matthew Stoessel à la pedal steel et à la slide. Non seulement, Will est un lyriciste prolixe, mais surtout il compose des chansons à thèmes qui suscitent la réflexion. Il a cependant recours à un langage simple pour dépeindre des images abstraites. Ainsi, pour ce nouvel elpee, il s’est mis dans la peau d’un chat pour traiter de sujets aussi universels que le conflit, le succès, la solitude ou la cohabitation. Avant de les transposer sur le plan humain. La plupart des plages de ce disque évoluent sur un tempo lent, parfois même extrêmement lent, dans un registre alt country dépouillé, que Will interprète de sa voix fatiguée, austère, rongée par la douleur. Mais si on a souvent l’impression que ses compos naviguent dans un style proche d’Iron & Wine, de Sufjan Stevens voire de Smog, les harmonies vocales cristallines, extrêmement soignées, sont tout à fait dignes de Crosy Stills & Nash. Seuls « The dark of garage », déchiré entre piano et boîte à rythmes, le pseudo tango « Sicknessing », ainsi que l’allègre « I feel too young to die » ou encore l’opulent et excellent « I am six pounds of dynamite », balayé d’oscillations de claviers et de harpe, sortent quelque peu de cette léthargie visionnaire, pour ne pas dire hallucinatoire…

South San Gabriel

Welcome convalescence

Écrit par

South San Gabriel est le projet de Will Johnson, le leader de Centro Matic. Il y consacre ses chansons les plus calmes, les plus mélancoliques. A sein du line up, on y retrouve, bien sûr, ses fidèles musiciens. C'est à dire Matt Pence, Scott Danbom et Mark Hedman ; mais également quelques invités de marque. Chris Pladival, le percussionniste/bruitiste de Stumptone qui avait participé à l'enregistrement du précédent opus, a cédé le relais au joueur de pedal steel Joe Butcher (Pleasant Groove), à celui de slide Brent Bent (Slobberbone), ainsi qu'au guitariste Bryan Vandivier (Wiring Prank). Première constatation, la technologie moderne y est plus présente. Un peu comme sur le fameux album de Wilco, " Yankee hotel foxtrot ". Et la comparaison n'est pas usurpée ! Des pépiements électroniques parsèment ainsi l'opus. Et en particulier sur l'angélique " New Brookland ". Ensuite, chez " Everglades ", une compo de plus de 8 minutes qui parvient à conjuguer vibraphone et steel. Des pépiements qui me font penser au clapotis de l'eau qui caresse le rivage avant de se transformer en battements de cœur. Epique, subtile, la mélodie de cette chanson me fait, en outre, penser à un Neil Young circa " Heart Of gold ". " Smelling medicinal " et de " The splinter angelic " constituent cependant, et à mon goût, les deux meilleures compositions de l'elpee. La première parce qu'elle est à la fois belle et contagieuse. La seconde parce que, tout en épousant la formule du crescendo, elle parvient à trouver le parfait équilibre entre violon grinçant et guitare acoustique, sur fond de bruitages, palabres et de feedback. Un crescendo qui balise également " Saint Augustin ", une plage hantée par un piano tellement limpide. " Ariza/184 " constitue le titre le plus curieux. Will y chante a cappella sur crachotements sonores. Tout au long de ces chansons spectrales, déchirantes, visionnaires, dont les lyrics parlent de séparation, de désolation, de désespoir et de mort, on a l'impression que Will chante dans son sommeil. Des mélodies aux lyrics sombres, poétiques, qui se consument lentement au cœur de paysages claustrophobiques et poussiéreux. Un bien bel album !

 

South San Gabriel

Songs music

Écrit par

Si vous appréciez la lo fi de Smog, Will Oldham, Lamchop, Navigational et consorts, vous ne pouvez passer à côté du premier album de cet ensemble texan, de Denton pour être plus précis. Un projet, plutôt qu'un groupe, puisqu'on y retrouve les quatre membres de Centro-matic, rejoint pour la circonstance par le percussionniste/bruitiste de Stumptone, Chris Pladival. Chez South San Gabriel, ce sont apparemment Will Johnson et Scott Danborn qui tirent un peu toutes les ficelles. Ils chantent à tour de rôle. Le premier possède un timbre écorché. Il se réserve les compositions les plus minimalistes, en s'accompagnant même parfois uniquement de sa six cordes. Le second un timbre falsetto. Qu'il met au service des chansons les moins dépouillées. Et même d'une chanson tout à fait pop, commis dans l'esprit d'un Sunny Day Real Estate, " Proud son of gaffney ". Ou encore sur les deux plus belles compositions de l'opus, " Glacial slurs " et " Innocence kindly waits " ; Will en profitant pour y démontrer tout son talent de violoniste. Et lorsqu'il passe au piano, c'est pour nous transpercer l'âme sur le douloureux " One-hundred thousand bridesmaids ". Dommage d'ailleurs que tout l'opus ne soit pas de la trempe de ces quatre petites perles, la fragilité émotionnelle du reste de l'album nous plongeant dans un climat tellement morose qu'il en devient déprimant…