Steve Earle est aujourd’hui âgé de 54 ans. Il est originaire de Virginie. Mais c'est en regardant vers le Texas et le Tennessee qu'il a trouvé sa voie musicale ; et notamment à l’écoute des disques de Waylon Jennings, Willie Nelson et… Townes Van Zandt. Steve souhaitait rendre un vibrant hommage à son ami et mentor : le chanteur/compositeur Van Zandt. Les deux hommes s'étaient rencontrés en 1972 à Houston, au Texas. Townes nous a quittés en 1997, il n'avait que 52 ans.
Le premier elpee d’Earle remonte à 1986. Il s’intitule "Guitar town". Steve a rencontré pas mal de succès dans sa carrière artistique mais aussi des échecs dans sa vie privée. Ainsi, ses quatre premiers mariages ont foiré. Dans la foulée, il se réfugie à Los Angeles, où il devient accroc aux drogues ; et notamment au crack! Il échoue ensuite à Nashville, mais toujours sous addiction. Ce qui va lui valoir une peine d’emprisonnement, d’une année, dans un pénitencier du Tennessee. Désintoxiqué, ce rebelle revient à la musique, et concocte toute une série de disques mêlant rock et country. Steve vit aujourd'hui à Greenwich Village. Il y a d’ailleurs enregistré son dernier opus.
Folk blues entraînant, "White freightliner blues" est soutenu par le violon enjôleur de Shad Cobb, la mandoline de Tim O'Brien et le banjo de Darrell Scott. Une solide participation qui confère une touche bluegrass à la plage. Une situation qui se reproduit encore sur "Delta Momma blues" et "Don't take it too bad". La plupart des compos de cet opus baignent dans un univers folk intimiste, privilégiant le plus souvent le chant et la guitare acoustique de Steve! Et "Colorado girl" en est la plus belle illustration. Ce qui ne l’empêche pas de se réserver l’harmonium sur "Loretta" ou de partager les vocaux avec son épouse Allison Moorer, pour "To live is to fly". Parmi les meilleures compos de l’elpee, j’épinglerai "Lungs", caractérisé par ses changements de rythmes et dynamisé par la six cordes largement déjantée de Tom Morello (NDR : le guitariste de Rage Against The Machine), le très rythmé "Where I lead me" et un blues intense d’une grande pureté intitulé "Brand new companion". Mr. Earle chante cette compo d’un timbre graveleux. Ses accords de gratte sont nonchalants. Il souffle dans un harmonica poussiéreux. La plaque recèle également un duo échangé en compagnie de son fils, Justin Townes Earle, lors de l’adaptation d’une des meilleures chansons de Van Zandt, "Mr Mudd and Mr Gold"…