Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Stinky Lou

Original demo

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Stincky Lou & The Goon Mat

'The Crazy Blue Stuff is proud to present a Roots Blues and Boogie night with Stincky Lou & the Goon Mat!!!' Tout le Delta du Moyen Escaut en parle : du Juke Joint de Zak Janus au fameux Tanasse Pub de Molenbaix! Un duo français très coloré, venu nous faire la leçon : à l'avant-plan, Lou Laurent Goossens toise le public en pinçant la corde de son washtub. Ou de sa contre-bassine, si vous préférez. A l'arrière, Goon Mathias Dalle est manifestement ébahi par son partenaire. La corde rythmique emmène la slide pour aborder le classique "Rollin' & tumblin". Mat chante d'une voix paresseuse, traînarde, un rien graveleuse et poussiéreuse. L'inspiration n'est-elle pas vieille de plus de soixante années ? Et je pense tout particulièrement à ces fameux songsters qui écumaient les routes de tous les milieux ruraux du Sud américain. Mat entame le chant de l'un des plus beaux blues de l'histoire : la complainte du mauvais garçon. Une composition écrite par Eddie Taylor, le guitariste qui restait dans l'ombre de Jimmy Reed. La voix du Goon se fait plus autoritaire pour revêtir l'habit du teigneux de service. C'est le moment choisi par Alain Camus pour donner du groove au rythme, en nous plongeant dans le monde de la boogie music, celui de la "Boogie tonight". N'est-ce pas docteur ? Le guitariste croise une nouvelle fois le regard du Lou qui pue. Le son produit par les cordes est si baveux et tellement sale. Insatiable, Mat se met à hurler à la gloire du boogie. Intenable! Le Lou, lui, il s'en fout. Ses doigts saignent. Il martyrise le son : "I don't care". Mais oui, la contre-bassine déborde, n'autorisant que les cordes fatiguées de respirer à la manière de Lightnin' Hopkins, au cœur de Houston. Retour du côté de Clarksdale, non loin du fameux Carrefour où l'artiste rencontra le diable. Mat pince le dobro de ses longs doigts effilés. Lorsqu'il ferme les yeux, dont il ne peut retenir les larmes, l'intensité se mue en drame. Il reprend "Walkin' man", un fragment issu du répertoire du mythique Robert Johnson. Le silence plombe le duo! "Rock me babe", un des fleurons du Roi BB, marque un retour aux vibrations. Cette sombre nuit du blues et du boogie se termine aux accents du Delta. Les ombres de Sam Hopkins et d'un jeune John Lee Hooker fiévreux, se dessinent sur les murs poisseux, pour laisser Lou et le Goon Mat nous quitter l'âme déchirée. Les fantômes passent. La lumière revient. Nous sommes bien en 2003. Chapeaux bas, gentlemen!

 

Stinky Lou & The Goon Mat With Lord Bernardo

Fat sausage for dinner

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« Fat sausage for dinner » constitue (NDR : enfin !) le premier album officiel de Mathias Dalle (The Goon Mat) et Laurent Gossens (Stinky Lou). Pour la circonstance, nos amis français ont reçu le concours de l'harmoniciste Lord Bernado. Fin 2003, il avaient commis une excellent démo, "A roots blues and boogie night". Sur cet elpee, ils en reprennent trois titres. A l’époque, ils nous avaient séduits par leur blues poisseux. Celui qui s’inspire des juke joints poussiéreux produits au cœur du Delta du Mississippi. Ils persistent et signent !
 
En ouverture, "One more time" nous plonge immédiatement dans ce Delta. Un avant-goût de l’aventure que nous allons vivre. Fermez les yeux et imaginez que vous êtes à un jet de pierre des collines sises au nord du Mississippi. Au bord des rives. Près de Clarksdale voire de Vicksburgh, très exactement. Naturelle, la slide est très roots. Lord Bernado souffle nerveusement et en rythme. La voix chevrotante de Matt est lumineuse. L'esprit local est parfaitement respecté. L’assimilation de ce patrimoine est une réussite totale. Il est d’ailleurs conseillé d’écouter plusieurs fois de suite cette entrée en matière, pour se rendre compte de l’exploit. Le profil rots est nettement accentué tout au long d’"I wonder". Matt donne de l’impulsion dans la voix. Il caresse son bass drum. Le washtub de Stinky Lou entre dans la danse. Le rythme prend son envol. La complicité opérée entre la voix et les cordes est saisissante. Elle fait même merveille tout au long d’"Its 'a shame". Marc T ne résiste plus. Il s'assied derrière les drums et secoue le shaker. L'harmonica de Lord Bernado fait son apparition sur un rythme proche des meilleurs moments de Jimmy Reed ; ceux qu’il célébrait à ses débuts. Tout un contexte qui permet de communiquer ce petit grain de folie à "You drive me crazy". La production de Marc Tee met la voix de Matt à l'avant-plan. Elle la rend percutante, puissante et tellement présente. "Somebody else" est imprimé sur un tempo immédiatement reconnaissable. Nous sommes dans l’univers du géant "Howlin' Wolf". Matt hausse la voix comme s’il était hanté par le loup mythique. L'harmo souligne chaque ligne vocale. Cet instrument enrichit la solution sonore, c’est une certitude. En outre, Bernardo dispose d’un tel registre, qu’il est capable de s’adapter à toutes les situations. Ce qui ne l’empêche pas de bien se mettre en évidence. A l’instar de "Tell me", une plage minimaliste, réminiscente de Ligthnin' Hopkins voire de John Lee Hooker. La fusion du réalisme, de l’authenticité et du magnétisme ! "Cha cha cha" manifeste des accents exotiques. Une invitation à vous remuer. Très musicale, la slide rayonne. Un fragment de courte durée particulièrement relaxant. Une pause qui prélude un nouveau plongeon dans le grand fleuve aux berges boueuses. La ligne du chemin de fer est toute proche. Elle mène au Grand Ouest. Le rêve d'une vie meilleure. La guitare menace, écrase comme si elle voulait exacerber ce songe qui tourmente l'âme avant que la folie nous rejoigne. C’est la "San fransissy line"… Les percussions au pied de Marc T passent à l'avant-plan pour imprimer une marque Fat Possum à "I don't want you". Le rythme est envoûtant et hypnotique. L'harmo répète son motif en soulignant la slide. Nous sommes dans le Haut Mississippi, un moment privilégié propice à la reprise furieuse du "Poor black Mattie" de R.L Burnside. Le climat est saturé d'humidité. Tous les regards sont orientés vers la vallée, où le grand fleuve s'étire. La guitare invite les convives à chanter en chœur "Moanin' and tumblin". Le bonheur est dans l'âme. Marc T et Elmore D rejoignent bientôt Matt, Lou et Benardo. La finale est très expérimentale. Mais dans l’esprit de Fat Possum. Marc T a créé de toutes pièces cet univers hypnotique qui enveloppe "I don't treat you right". Les sonorités fluctuent. Les voix et instruments sont trafiqués. Nous quittons ce monde du mal vivre dans une folie surréaliste. Les esprits de Stinky Lou & the Goon Mat sont en pleine ébullition. Bien que chez eux dans le monde des juke joints, ils ne restent pas en place et veulent bousculer leurs propres traditions. Ils nous réservent probablement de nouvelles surprises dans futur. Mais passeront-ils des arrières salles poussiéreuses et enfumées vers le garage débridé et sauvage?