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Stuart A. Staples

Arrhythmia

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Lorsque Stuart A. Staples prend provisoirement congé de ses Tindersticks, c’est pour emprunter d’intéressants chemins de traverse. Et il le démontre tout au long d’« Arrhythmia », son second album solo en… 13 ans ! L’élégant dandy anglais ose tout ce qu’il veut sur ce nouveau chapitre personnel. Depuis les 30 minutes de musique ‘ambient’ et post-rock dispensées tout au long de « Music For A Year In Small Paintings », un morceau qui accompagne les expositions de peintures de son épouse Suzanne Osborne, aux plages vaporeuses (« Memories of Love ») lorgnant vers l’univers de Mark Hollis (Talk Talk) en passant par des pistes truffées de moments de silence significatifs si chers à Scott Walker (le dissonant « Step Into The Grey »). Le tout enrichi par la voix veloutée du vétéran british. Les fans adoreront ces aventures sonores classieuses, cinématographiques et singulières ; les autres auront besoin de temps pour les apprécier mais pourraient en être grandement remerciés, s’ils prennent la peine de s’en imprégner…

 

Stuart A. Staples

Leaving Songs

Alors qu’il fête cette année ses 40 ans de vie sur terre, Stuart A. Staples semble se poser beaucoup de questions. Les Tindersticks en suspens, il se devait de se prouver à lui-même qu’il peut se débrouiller tout seul, d’où ce deuxième disque solo, à peine un an après le ténébreux « Lucky Dog Recordings 03-04 ». Ce qu’on y entend, c’est le souffle d’un homme qui désire changer, renaître, trouver enfin sa voie. L’aurait-il perdue de vue depuis « Simple Pleasure », titre trompeur ? A cette époque les Tindersticks semblaient, de fait, coincés dans une impasse… Et même si ce disque évoque une remise en question (le titre), aucun bouleversement ne semble pour autant au programme : on retrouve ici cette mélancolie suave déjà présente sur chaque album des Tindersticks, des duos (avec Lhasa et Maria McKee), des cordes et des cuivres, et même deux Tindersticks (Neil Fraser et David Boulter) en renfort instrumental. La seule différence tient dans l’orchestration, moins ampoulée : comme une mise à nu, un besoin de naturel, sans fioritures ni distractions éventuelles. Ainsi à découvert, Stuart A. Staples exorcise ses démons : l’humilité enfin de mise, l’homme peut s’épanouir, rêver d’une existence plus simple. Une émouvante confession intime, qui le sauvera peut-être de la 'midlife crisis'. Quand il se sentira mieux, les Tindersticks ressurgiront peut-être… Ca ne dépend sans doute que de lui.

Stuart A. Staples

Repartir, comme à quarante

A force d'attendre la lune, les Tindersticks ont mis pour l'instant leur carrière en veilleuse… L'occasion pour leur chanteur Stuart A. Staples de se lancer à corps perdu dans de nouvelles aventures, cette fois en solitaire à la poursuite de ses propres démons. Alors qu'il fête cette année son quarantième anniversaire, le crooner à la voix si suave s'interroge quant à son existence. Que laissera-t-il derrière lui pour rebondir de plus belle, après quinze ans (déjà) de sursauts musicaux ? Si ces fans le savent (quelques disques superbes, une trace indélébile au pays des mélodies altières), Staples, lui, préfère encore douter. C'est ainsi qu'on avance, et notre Anglais l'a bien compris. 

Deux albums solos en un peu plus d'un an… Faut-il l'interpréter comme une parenthèse en attendant un nouveau Tindersticks ?

J'ai juste besoin d'air en ce moment, surtout depuis la tournée qui a suivi la sortie de « Waiting for the Moon »… Dès qu'on avait une petite pause j'en profitais d'ailleurs pour bosser dans mon propre studio, pour enregistrer les idées qui me trottaient dans la tête. C'était important pour moi d'expérimenter davantage, au niveau des textures… D'approcher la musique de manière différente, selon différents angles, tout en recentrant mon écriture sur le songwriting. Il y a deux ans, je savais déjà que je sortirai un album solo, voire deux.

Cette idée de te lancer dans une carrière solo, c'est un vieux rêve ?

J'ai toujours composé des chansons de mon côté, mais le groupe passait en premier. Aujourd'hui j'éprouve vraiment le besoin d'appréhender ce qui m'entoure de manière différente… J'espère qu'on retrouvera l'envie de composer ensemble, mais pour y parvenir il faut qu'on le désire de manière collective. Je pense que nous sommes arrivés à un point où la routine s'est installée, et c'est devenu de plus en plus… (il hésite). Ce n'est pas que je n'éprouve plus de satisfaction en compagnie des Tindersticks, mais je pense qu'on a peut-être perdu cette étincelle qui nous maintenait en vie…

Comment les autres membres du groupe considèrent-ils tes escapades en solo ? Les voient-ils d'un mauvais œil ou sont-ils contents pour toi ?

Je pense que nous sommes arrivés à un point où chacun se doit d'accepter le fait que tu puisses avoir envie de faire autre chose. Et c'est valable pour tout le monde : David (Boulter, claviériste du groupe) compose aussi de son côté, tout comme Dickon (Hinchliffe), qui écrit pas mal pour le cinéma. Nous avons tous besoin d'aller voir ailleurs.

Te sens-tu à l'étroit au sein des Tindersticks ?

Il ne s'agit pas de ça… C'est juste qu'au cours des dernières années je me suis souvent posé la question de savoir si je faisais de mon mieux chez les Tindersticks, et la réponse était non. Je n'avais donc pas le choix : il fallait que je reste sincère avec moi-même… Mais ce choix n'a rien à voir avec les personnalités de chacun : je continue à voir les autres, à discuter avec eux du futur de Tindersticks. Ce n'est pas fini, que tout le monde se rassure !

D'une certaine manière, ces deux albums solos représentent donc pour toi une période de transition ?

Oui, c'est clair, même s'ils incarnent déjà le passé, puisqu'ils ont été enregistrés il y a plus de six mois, et composés il y a plus de temps encore… Je ne sais pas très bien pour l'instant vers où je vais et ce que je vais faire, mais ça me convient.»

As-tu bossé sur cet album de manière différente que pour le premier ?

Oui, l'approche était différente. Pour cet album, tout est parti des mots. Il y a longtemps que je n'avais plus travaillé ainsi, mais tout ici est basé sur l'écriture, les textes. « Lucky Dog… », c'était davantage une affaire d'expérimentation, de tâtonnement : il fallait que je trouve une nouvelle manière d'exister, en dehors des Tindersticks…

Tu parles de mots… La littérature t'inspire-t-elle, par exemple ?

Non, et d'ailleurs je n'écris jamais rien sur papier. Tout est dans ma tête… Et il y a toujours une mélodie qui accompagne ces idées. L'inspiration, elle vient du fait que je pense être arrivé à une période de ma vie où j'ai besoin de changement. Quelque chose a changé, je le sens… C'est de ça dont parle l'album : de ce combat intérieur. J'ai envie de ce changement, mais en suis-je vraiment capable ? Tu sais que ce changement en vaut la peine, mais pour cela tu dois laisser plein de choses derrière toi, d'où le titre de l'album. C'est la raison pour laquelle quand j'ai commencé à écrire, je ne pouvais plus m'arrêter : il fallait que ça sorte. Ce sentiment, je ne l'avais plus ressenti depuis le deuxième Tindersticks !

Ne s'agirait-il pas de la fameuse crise de la quarantaine ?

Peut-être bien, oui… On peut l'interpréter comme une envie de se positionner différemment, par rapport à toute cette routine qui au fil des années s'installe dans ta vie, et qui t'empêche d'appréhender sereinement l'avenir… Et je n'aime pas ce sentiment ! J'ai besoin de trouver de nouvelles façons de penser, de réfléchir, de comprendre ce qui m'entoure. C'est de là que sont nées ces nouvelles chansons.

On sentait en effet, en écoutant les deux derniers Tindersticks, que tu éprouvais certaines difficultés à te réinventer en tant que songwriter…

Sans doute, et ces deux albums-ci ont été également difficiles à écrire… Mais pour celui-ci je suis arrivé à un point où je me sens vraiment exister musicalement. J'ai composé chaque chanson sur une guitare acoustique. Ce qui s'est révélé le plus dur, c'était de traduire en musique ce qui me trottait dans la tête, mais je pense y être arrivé, même s'il m'a fallu beaucoup de temps pour trouver les arrangements que je désirais leur coller.

As-tu reçu de l'aide pour traduire tes pensées en musique, au niveau de l'orchestration par exemple ?

Oui. Terry Edwards m'a donné un coup de main pour les cuivres, et Lucy Wilkins pour les cordes. Je les connais depuis longtemps (il s'agit en effet de deux fidèles collaborateurs des Tindersticks) : ils sont toujours très patients, et ils savent mieux que personne comment traduire mes désirs en musique. On bosse à trois en discutant beaucoup : c'est comme une conversation, en somme.

Tu parles de musique 'dans ta tête', d'existentialisme musical,… Y penses-tu sans cesse, 24h/24, comme si c'était ton oxygène ?

Elle se manifeste à moi par vagues obsessionnelles. Pour l'instant je n'ai pas trop envie d'y penser, parce que ça demande beaucoup d'investissement et de souffrance… Et en ce moment je suis content de laisser les choses se faire, de rêver. Parce que dès que je bosse sur un disque, j'y pense tout le temps, et ce n'est pas bon pour ma vie de famille.

Quand tu chantes 'I keep the path under my feet/Cos I know it's the only one' (« There is a path »), c'est dans ce sens-là : la famille, à savoir la seule chose qui finalement en vaille la peine ?

Oui, c'est une chanson très romantique, qui parle du fait qu'il faut préserver sa famille, ses proches. C'est le plus important.

L'amour… a toujours été ta principale source d'inspiration, non ?

(sourire) : Comme pour tout le monde, non ? Je ne pense pas que ce soit quelque chose d'étrange à ressentir… C'est ce qui nous donne envie de vivre ! (rires)  

Parce que tu chantes surtout les sentiments amoureux, et ce depuis tes débuts chez les Tindersticks… Pourrais-tu écrire des chansons sur autre chose ?

Je ne choisis pas les sujets qui m'inspirent, ce sont eux qui me choisissent. C'est ça l'inspiration, peu importe ce que cela signifie. Si l'amour est un sujet de « Leaving Songs », il y en d'autres, et surtout celui de laisser certaines choses derrière soi pour rester libre. Pareil concernant les albums des Tindersticks, même si en les réécoutant j'y trouve aussi beaucoup de regrets et de ressentiment… A l'époque je n'aurais sans doute pas été capable de le déceler, mais avec le recul je comprends mieux ce qui nous poussait à écrire.

En regardant dans le rétroviseur, y a-t-il quelque chose que tu voudrais changer à ta carrière ?

Non, parce que chaque événement correspond à un moment précis de ton existence, à des émotions que tu captures à un instant précis. Si le temps permet d'y poser un regard critique, tu ne peux rien y changer…

Est-ce facile pour toi de réécouter tes anciens disques ?

Non, mais c'est arrivé il n'y a pas longtemps : ma femme avait retrouvé des vieilles cassettes des deux premiers albums des Tindersticks, qu'elle a passées dans la voiture. Je les ai écoutées en entier, et je me suis dit : « Ok, maintenant je pige ce qui s'est passé.

As-tu éprouvé du plaisir en les réentendant ?

Oui… Ces deux premiers albums reflètent une époque où tout allait parfaitement bien… Pendant deux/trois ans c'était comme si on flottait, comme si la musique jaillissait de nous sans heurts, en toute liberté, sans prise de tête ni batailles d'ego. C'était un sentiment merveilleux, et c'est pourquoi ils sonnent de façon si spéciale…

Peux-tu nous en dire plus sur tes duos avec Lhasa et Maria McKee ?

Pour « This road is long » j'ai cherché pendant des mois quelqu'un qui pouvait la chanter comme je le désirais, c'était vraiment problématique… Puis un jour, alors que je me promenais dans les rayons d'un disquaire, je suis tombé sur un album de Maria McKee, et d'un coup j'ai su que j'avais trouvé la personne qu'il me fallait. En réécoutant sa musique, sa voix, tout s'est mis en place immédiatement, et c'est alors que je lui ai envoyé une maquette de la chanson. Elle m'a répondu directement, m'écrivant qu'elle adorait ce titre et qu'elle acceptait de chanter dessus. C'était comme un cadeau tombé du ciel !

D'où te vient cet amour pour les duos ?

J'ai toujours aimé cette formule. Elle se prête bien à ma manière d'écrire… Parce que j'aime bien écrire en partant d'un autre point de vue que le mien, comme si d'une certaine manière j'étais en conversation avec moi-même.

Pourrais-tu envisager un jour un duo avec un autre chanteur ?

(du tac au tac) : Oui, bien sûr. J'y ai souvent pensé, mais je n'ai pas encore trouvé la personne qui pourrait s'y prêter…

Si tu pouvais en choisir un, là…

Probablement Louis Armstrong, mais ça va être difficile ! De toute façon c'est la chanson qui détermine mon choix, pas l'interprète. C'est comme si tu devais absolument trouver la voix qui va avec, et pas une autre.

Stuart A. Staples

Lucky dog recordings 03-04

Écrit par
Pour enregistrer son premier album solo, Suart A. Staples a bien sûr reçu le concours de musiciens de son groupe ; et en particulier de Neil Fraser, Al Macaulay et David Boulter. Mais également le trompettiste Terry Edwards (un ex Tindersticks) ainsi que les Françias Thomas Behom et Yann Tiersen ou encore Adrian Huge et Adrian Stout des Tiger Lilies. Sans oublier la choriste Gina Foster. Tout un petit monde qui vient tour à tour poser délicatement sa petite touche personnelle (NDR : un piano, un saxophone, de l’orgue, un glockenspiel, des chœurs, quelques lignes de basse, un zeste de guitare, un chouia de percus, quelques maracas ou encore un trombone) dans cet univers sonore minimaliste et bien sûr mélancolique. Pas d’orchestrations fastueuses, luxuriantes, comme sur les disques de Tindersticks. D’ailleurs, Dickon Hinchlife, le préposé aux arrangements de cordes n’a pas été invité. Mais dix compositions (dont deux instrumentaux) qui se consument lentement, impression accentuée par le baryton profond, velouté, caressant, unique et si reconnaissable de Stuart A. Staples. Ce qui n’empêche pas une grande diversité dans les styles. Ainsi, bossa nova (« Friday night »), alt-country (« I’ve come a long way »), jazz (“People fall down”), blues urbain ‘cavesque’ (“Shame on you”), et même britpop abordé dans l’esprit des Smiths (“Say something now”) émaillent un très bel opus empreint d’une grande tristesse. Et pour que votre information soit complète sachez que Ian Caple assure la production de l’elpee !