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Sun Kil Moon

Dr Jekyll & Mr Hyde...

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Avant de fonder sa propre formation, Adem Ilhan a joué au sein du groupe post rock anglais Fridge aux côtés de Kieran Hebden et de Sam Jeffers. Auteur d'un excellent premier elpee (NDR : voir chronique), Adem est venu se produire en  duo ; son partenaire se consacrant le plus souvent au xylophone et aux percussions minimalistes qu'à la guitare sèche. Minimalisme : le mot est lâché, pour définir la musique d'Adem. Mais un minimalisme chatoyant, enrichi par une panoplie d'instruments acoustiques particulièrement ample utilisés par Adem. Conventionnels ( six cordes acoustique, banjo) ; mais aussi insolites dont une mini harpe à laquelle il va recourir en toute fin de set. Et toutes ces sonorités chatoyantes, délicates, pastorales, chaleureuses servent d'écrin à de petites perles mélodiques, berceuses hymniques que chantent nos deux compères avec un ensemble bouleversant. Même lors des deux nouvelles compositions. Point d'orgue ; le single « Everybody needs some help sometimes », que le public avait encore en tête à l'issue de leur prestation…

Il y a plus de dix ans qu'on attendait le passage de Red House Painters en Belgique. Et R.H.P. n'est toujours pas revenu. En fait Kozelek a fondé un nouveau projet : Sun Kil Moon. Responsable d'un elpee remarquable, au début de cette année (NDR : voir chronique), S.K.M. figurait, au départ, à l'affiche des Nuits du Botanique. Mais lorsqu'il a décliné l'invitation, on s'est dit qu'il allait encore nous faire faux bond. Bref, je dois avouer, que la veille même du concert, je n'étais pas vraiment sûr qu'il soit présent. Avant que la formation ne monte sur les planches, on se rend compte qu'il n'y aura pas de batteur. Et que les musiciens seront assis sur des tabourets de bar. Cinq en tout. Pour deux violonistes et trois guitaristes dont Kozelek qui change, pratiquement à chaque morceau, de gratte. Acoustique, électrique ou à douze cordes. Un Kozelek qui s'est coupé les cheveux. Mais dont le timbre vocal falsetto, légèrement reverb, touche toujours au sublime. Autour de lui, son backing band tisse la trame sonore. Tantôt en picking, tantôt en plaquant les accords, les deux guitaristes rivalisent de virtuosité. Et que dire des deux violonistes ? Un couple asiatique dont les interventions vous flanquent des frissons partout. Tout au long du concert, on semble submergé par un océan de mélancolie douce. Parfois aussi consumé par l'intensité et la luxuriance des instruments, un peu comme sur le 3ème album du Led Zeppelin. Ou alors bercé par des mélodies ensoleillées, presque méditerranéennes. Pas de covers. Pas de titres issus du répertoire de Red House Painters. Mais uniquement des chansons de Sun Kil Moon. En rappel, seuls les trois guitaristes reviennent sur scène, l'un d'entre eux se consacrant à la slide. Puis Marc termine en solo armé de sa 12 cordes. Pour trois titres. Enfin presque, puisque en fin du dernier, il se rend compte qu'il fait fausse route, plante sa guitare et se taille. Un final à l'image du personnage…

 

Sun Kil Moon

L’art de préserver la magie d’un souvenir intacte…

Écrit par

C’était le 10 novembre 1993, et le continuum espace temps s’est cristallisé sous mes yeux, autour de la voix de Mark Kozelek.
Une expérience unique, précieuse et empreinte de magie, qu’un peu moins de vingt années n’a jamais réussi à altérer.
Un de ces moments rares dans l’existence, figé dans un recoin de la mémoire, à l’abri de l’oubli.
Mêlant, en proportions égales, attentes et craintes, le voyage vers Gand, ce lundi vingt-trois mars, était la promesse de grandes retrouvailles entre l’ancien Red House Painters et votre dévoué serviteur.
Si le concert du VK, deux décades auparavant était l’un des moments forts de ma ‘gigography’ personnelle, il m’avait jusqu’alors empêché de revenir voir l’ami Mark sous l’une ou l’autre de ses différentes moutures artistiques.
Sous son propre nom ou sous celui de Sun Kil moon.
À présent que je ne craignais plus la désillusion, je pouvais à nouveau goûter au spectacle, sans attendre en retour le même état de confusion sensorielle qui s’était emparé de moi à l’époque.
Mes aspirations canalisées, mon esprit libre des entraves de la nostalgie, je pouvais redécouvrir ce type à la voix d’ange et aux cheveux longs.

Sauf qu’évidemment, je savais qu’entre-temps, son physique avait quelque peu changé.

Les cheveux courts et le ventre dodu, mais la voix intacte, Mark Kozelek arrive donc sur l’estrade, accompagné de ses musiciens, dont un Steve Shelley complètement relooké.

Et d’office, il apparaît qu’il se passe toujours quelque chose de spécial lors d’un concert de monsieur Kozelek.

Bien que moins perceptible qu’il y a vingt ans, la magie opère néanmoins toujours, aussi intensément.

Toujours aussi déconcertante, elle émane d’un répertoire à premier abord grave et laisse croire –à tort– que sa prestation sera plombée par des lyrics fortement hantés par le spectre de la mort.

Mais il n’en sera rien.

Si l’émotion est bien entendu au rendez-vous et le recueillement respectueux de l’auditoire de circonstance, à aucun moment l’ennui ne trouvera le moindre recoin où se loger au coeur de cette soirée.

Un subtil mélange de tendresse abrité sous des airs faussement bougon, un amour de son public pourtant étrangement illustré (il ne fait pas bon se tenir au premier rang sous peine d’essuyer quelques moqueries, plutôt bon enfant), et un sens intact du songwriting mis en lumière dans son plus simple appareil. Tels sont les ingrédients imparables d’un sort auquel il est difficile d’échapper (on n’en voit d’ailleurs pas la nécessité, n’est-ce pas?)

Tout au long des deux heures trente (!) de spectacle, flanqué de sa guitare classique, le natif de l’Ohio va retisser les liens d’un passé en devenir.

Majestueux, au centre de l’univers, son propre univers, balisé de rêves brisés et de revers amoureux, de pertes d’êtres chers ou d’histoires insolites de quidams malheureux.

Comme s’il se tenait au milieu d’une rotonde cernée de grandes baies vitrées, balayées par une légère brise, qui soulèverait de légers voiles de mémoire, sans les brusquer, mais raviverait les chagrins, les joies et les peines qui peuplent nos vies.

Splendide dans sa retenue, élégant dans son interprétation, l’artiste puise exclusivement dans le répertoire de Sun Kil Moon (et notamment de “Benji”, le petit dernier), à l’exception d’une unique reprise d’AC/DC, à l’entame des ‘Encore’.

L’exécution des deux derniers morceaux est laissée au soin des musicos (dont un solo de guitare déconcertant de naïveté proclamée) pendant que le chanteur se lève pour laisser monter sa voix, jusqu’alors tamisée dans un écho lointain.

Suspendu et bercé dans cet instant de grâce, le tout mis en exergue par la splendeur du lieu, j’ai oublié ce soir de 1993.

Et me suis promis à moi-même de ne plus fuir ce magicien extraordinaire qui semble avoir encore tant de tours dans son sac.

Si beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la  première fois, c’est dans un torrent de pur bonheur que Sun Kill Moon m’a ramené aujourd’hui sur les rives de mes souvenirs.

(Organisation Handelsbeurs)

 

Sun Kil Moon

Tiny Cities

Écrit par

Aussi bien en solitaire que chez le Red House Painters, Mark Kozelek s’est régulièrement consacré à l’exercice de style des reprises. Kiss, John Denver, Yes, Simon & Gardfunkel et même Genesis ont ainsi déjà fait l’objet de l’une ou l’autre adaptation. Mark avait même consacré un album complet aux covers d’AC/DC en 2001, « What's Next to the Moon ». Et il vient de remettre le couvert en réservant un opus complet à des reprises de Modest Mouse. Honnêtement, je dois avouer qu’après une première écoute, je n’étais guère enthousiasmé. Ce n’est qu’après avoir écouté très attentivement chaque plage que j’ai enfin pu en déceler la quintessence. En fait, Mark a déshabillé toutes les compos pour les laisser absolument nues. Ce qui rend le résultat particulièrement austère, dépouillé. Pourtant, la voix de Kozelek est toujours aussi bouleversante. Les cordes de sa guitare, jouée en picking, tintinambulantes. On a même parfois l’impression qu’elles sonnent comme celles d’un banjo. Les arrangements (orchestre symphonique, guitare steel ou électrique, backing vocaux) sont tellement subtils qu’ils en deviennent à peine perceptibles. Mais l’ensemble souffre d’une trop grande linéarité. Et la présence de trois ou quatre morceaux aux mélodies beaucoup trop ternes n’y est pas étrangère. Heureusement, Mark a encore ce sens inné de la complainte mélancolique qui vous berce l’esprit et vous fait chavirer l’âme. Mais c’est largement insuffisant pour un artiste de la trempe de Mark Kozelek…

Sun Kil Moon

Ghosts of the great highway

Écrit par
Alors qu’on attendait impatiemment un nouvel album de Red House Painters, Mark Kozelek nous revient, non pas en solo, mais avec un nouveau projet: Sun Kil Moon. Un projet pour lequel il a reçu le concours du drummer de RHP, Anthony Koutsos, celui d’American Music Club, Tim Mooney, ainsi que l’ex bassiste de Black Lab, Geoff Stanfield. Sans oublier le trio à cordes issu du Conservatoire de San Francisco.
 
Nonobstant sa fidélité au style introspectif, mélancolique, « Ghosts of the great highway » explore de nouveaux horizons sonores. Une œuvre impressionniste qui évoque tantôt la littérature de John Steinbeck, tantôt l’imagerie capturée par les aquarelles d’Edward Hopper. Mark s’essaie même au cubisme (NDR : la période bleue ?), à travers « Pancho Villa » et « Duk Koo Kim ». Deux titres déjà paru précédemment, mais sous des formes différentes. Epopée psyché rock de plus de 14’, « Duk Koo Kim » est sculptée dans un subtil mélange d’acoustique (guitares sèches et mandolines) et d’électricité. Elle constitue d’ailleurs l’âme de cet opus. Quant à « Pancho villa », il achève l’opus sur un ton plus optimiste. A l’instar de l’instrumental « Si, Paloma ». Fermez les yeux et vous vous imaginez déjà sur le littoral hellène, que darde le soleil de ses rayons brûlants… Un seul fragment hausse le tempo : « Lily and parrots », une plage imprimée sur un rythme post punk ; une formule inhabituelle dans le chef de Kozelek. Si l’intensité blanche, ‘crazyhorsienne’ se consume avec la langueur vivifiante, tout au long de l’excellent « Salvador Sanchez », j’ai surtout flashé sur le beau et douloureux « Carry me Ohio », une composition dont la mélodie bercée de guitares bringuebalantes, me rappelle House Of Love. Et le reste est loin de manquer d’allure. Aussi bien « Last tide », un track sculpté dans le heavy folk, enrobé d’arrangements de cordes, réminiscent du 3ème et indispensable elpee de Led Zeppelin. Et puis le tendre et paisible « Gentle moon », caractérisé par ses notes de xylophone scintillantes, ses percussions feutrées et le ténor fragile de Mark. Un must ! A déconseiller, cependant, à ceux qui souffrent du spleen…