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TV Priest

TV Priest : un groupe qui ne prêche pas dans le désert !

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Ce samedi 19 novembre, la formation londonienne TV Priest se produit à l’Aéronef de Lille. Un quatuor responsable de deux elpees, à ce jour ; soit « Uppers », paru en 2021 et « My other people », en juin dernier. Si le premier opus reflétait les angoisses et les colères du chanteur, à travers des textes politiques, dénonçant les travers de la société britannique, le second se révèle plus sombre et introspectif, tout en abordant des sujets existentiels, tels que l’amour, la joie, la perte ou le deuil. Mais une constante : les lyrics sont empreints d’un humour caustique… bien britannique. Charlie Drinkwater (NDR : quel nom !), le leader, est également directeur artistique et signe notamment les pochettes de Sports Team ainsi que de Fontaines D.C. Enfin, le combo a signé chez Sub Pop, célèbre label de Seattle qui a, notamment, hébergé Nirvana, Sonic Youth, Soundgarden, Afghan Whigs, The Shins et White Stripes, et compte aujourd’hui, parmi ses nouveaux fers de lance, Metz et Rolling Blackouts Coastal Fever…

Il doit y avoir plus ou moins 120 personnes, partagées entre jeunes et quadragénaires, lorsque le quatuor grimpe sur les planches. Outre le vocaliste, barbu, crâne rasé et costard un peu trop étriqué pour lui, qui prononce quelques mots d’accueil en français, le band implique également un guitariste, un bassiste et un drummer, en short et la casquette vissée sur le crâne (NDR : il finira même le show, torse nu !)

Le set s’ouvre par « The big curve », une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer, un tempo que vont adopter de nombreux morceaux de ce concert. Quand il ne se révèlera pas tribal. En fait, Ed Kelland se sert d’une batterie conventionnelle, mais également d’une boîte à rythmes, un peu comme Butch Vig. A la guitare, Alex Sprogis fait grincer ses cordes, très souvent à la manière de feu Andy Gill, le leader de Gang of Four, insufflant un côté funk blanc au post punk du band. Et puis, Nic Bueth construit des contre-mélodies à l’aide de ses lignes de basse. L’ensemble se révèle excitant, intense et particulièrement cohérent. Et devant le podium, ça pogote sec. La six cordes se fait scie circulaire sur « I was a gift » et on se rend compte que Charlie est un fameux showman. Il grimpe sur l’estrade du batteur. Il brandit son pied de micro d’une main pendant qu’il tient le microphone dans l’autre lorsqu’il n’abandonne pas, tout simplement, son support. Sa voix est grave, très souvent déclamatoire. Sa présence est théâtrale, charismatique. Il semble prêcher en y ajoutant la gestuelle ou en se frottant le crâne. Alex fait sonner sa gratte comme une armée de mandolines, sur « Lifesize », dans l’esprit de Justin Jones (And Also The Trees). La basse devient latente et le baryton de Charlie, profond, tout au long du plus lent « Limehouse cut ». Charlie s’éloigne même parfois du micro pour communiquer davantage de profondeur à la compo. Des synthés préenregistrés s’invitent pendant « Bury me in my shoes », alors que des samples d’arrangements s’incrustent pendant le grondant « Unravelling ». Le light show est dominé par la couleur rouge tout au long d’« It was beautiful ». Charlie interprète même quelques vers a cappella, au milieu de la chanson.

Les musiciens ne sont pas pourtant pas suffisamment mis en exergue par le light show, à tel point qu’on a l’impression qu’ils se produisent dans la pénombre. La guitare gémit tout au long du dramatique « Powers of ten », alors que le tempo semble restituer des battements de cœur. La fin du set nous réserve à nouveau des morceaux imprimés sur un rythme infernal, et tout particulièrement pendant « House of York » …

Suite aux acclamations de la foule, TV Priest va accorder un morceau en rappel, avant de tirer sa révérence et de rejoindre le stand merchandising. Un super concert !

Voir aussi notre section photos ici

Setlist

The Big Curve, I was a gift, This Island, One easy thing, Lifesize, Limehouse cut, Bury Me in my shoes, Unravelling, Slideshow, It was beautiful, Powers of ten, Press gang, House of York, Decoration

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

 

 

TV Priest

Uppers

Écrit par

Premier elpee pour ce quatuor londonien fondé en 2019. Une œuvre qui baigne dans le post punk. Mais un post punk particulièrement dynamique et créatif. Parfois tapissé en toile de fond d’indus. Hormis l’interlude ambient « History work », les onze autres plages de « Uppers » remuent les tripes. Bien sûr le climat est, en général, sombre, reflétant un sentiment de désespoir, de hargne ou de colère, un sentiment exacerbé par la voix déclamatoire et caverneuse de Charlie Drinkwater dont les intonations semblent empruntées à Mark E. Smith, feu le leader de The Fall –encore que sur « Leg room », on pense plutôt à Captain Beefheart (NDR : oui, Don Van Vliet est également décédé, mais huit ans plus tôt) ; mais ce climat est propice à l’envoûtement.

Les guitares sont acérées, tranchantes, parfois trempées dans le funk blanc (« The big curve », « Decoration »), la ligne de basse est mordante comme celle de Jean-Jacques Burnel (The Stranglers), la rythmique lourde, mais offensive et les claviers s’avèrent aussi grinçants qu’acides. Et puis, malgré la complexité des morceaux, le sens mélodique est préservé. Enfin, l’opus s’achève par l’irrésistible « Saintless », un hymne de plus de 7’ qui monte progressivement en intensité avant d’atteindre son point culminant proche de l’euphorie…

Un must !