Ne vous fiez pas au titre de cet album, Taboo Blue n'est pas un groupe de swing moderne comme il en existe tant aujourd'hui, mais un roots rock band qui nous vient du Minnesota. J'avoue que j'en ignorais presque l'existence, mais son album m'a plu tout de suite.
Diable, entamer les hostilités par un rock boogie tel que "67 Fairlane" est idéal pour la route. La slide gronde et le piano piétine. Si on faisait abstraction de la voix, ce titre aurait pu figurer sur un bon album de Bob Seger. Deux guitares, celles de Leon Laudenbach et de Johnny Schwartz, ainsi que les claviers de Chris Schuette, forment la base d'envol de Taboo Blue. "Burn in Atlanta down" qui suit, s'ébroue calmement, monte progressivement en puissance, et au contact de la slide, prend feu en fin de parcours. Ce haut niveau n'est pas cependant pas présent d'un bout à l'autre de l'album ; mais d'autres instants intenses réapparaissent çà et là! Très rythmé, " Death bed confession " est agrémenté d'un petit break d'harmonica destiné à neutraliser les cordes qui n'attendent que le moment de cracher à l'avant-plan. Le bluesy "Ooh Pee Doo" est amusant, et le très roots "Bury the plow", apaisant. "Jack the Cat" demeure dans cet esprit très roots, mais en plus rock. Le piano en assure la base, alors que Mark Anderson a troqué son harmo contre un sax. Si la plage titulaire séduit en légèreté, elle n'en succombe pas pour autant au swing, cherchant plutôt à entretenir une ambiance où règne la bonne humeur. Et lorsque l'album est terminé, nous avons encore droit à quatre plages live. Quatre bonus tracks enregistrées au Novaks de Saint Paul. Et surprise, nous découvrons un blues band efficace qui se frotte avec beaucoup de bonheur à des reprises de classiques : "Crosscut saw", "Back door man", "Leaving your town" (de Charlie Musselwhite) et "Come back baby" (de Billy Boy Arnold). Et lorsqu'on sait que ce sont les mêmes musiciens, il y a vraiment de quoi se poser des questions. Chauffe Taboo Blue!