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Tamaryn

Cranekiss

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Néo-zélandaise, Tamaryn vit aujourd’hui à New York. A son actif, quelques Eps et trois elpees, dont ce « Cranekiss », paru en 2015. Manifestement, elle a été marquée par la musique des eighties et tout particulièrement par les artistes qui militaient alors sur les labels 4AD, Mute et Beggars Banquet. Et tout particulièrement Cocteau Twins, Xmal Deutschland, Clan of Wymox, Chapterhouse, mais surtout This Mortal Coil. On retrouve d’ailleurs dans la voix éthérée de Tamaryn, certaines inflexions empruntées à Elizabeth Frazer.

Gros changement cependant, par rapport aux deux premiers opus, elle a privilégié les synthés, machines et autres boîtes à rythmes au détriment de l’instrumentation organique. Mais son tour de force, c’est de ne pas avoir dénaturé son expression sonore, ni de l’avoir rendue linéaire. Une leçon d’efficacité à tous ces groupes contemporains qui, pour être dans l’air du temps, ont recours l’électronique, sans parvenir à en tirer le moindre avantage. Un avantage qui se transforme même, le plus souvent, en désavantage.

Il émane une intensité sonique phénoménale de ces chansons, même quand elles demeurent simplement dream pop ou shoegaze. 

Carrément cold wave, mais sur fond d’orgasme féminin, l’excellent « Softcore » nous renvoie carrément aux débuts de The Cure (NDR : pensez à « A forest »), même si en fin de parcours, la boîte à rythmes semble tourner dans le vide, sans trop savoir pourquoi. Une boîte à rythmes un peu trop répétitive voire binaire sur le final « Intruder (Waking you up »), probablement la plage la plus dispensable du long playing. M’enfin, sur 10 pistes, ce n’est certainement pas une tare !