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Terry Gillespie

Bluesoul

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Terry Gillespie est né au Canada mais il a passé toute sa jeunesse dans le Michigan. Il y a fréquenté les clubs de blues et de jazz. Il a ainsi eu l'occasion de voir et d’applaudir des légendes comme Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Buddy Guy. En 1968, il retourne vivre à Ottawa, où il est né. Il fonde Heaven's Radio, une formation qui va recueillir un beau succès sur la scène locale, publiant même deux albums à l'époque.

Sur cet elpee, Terry chante, joue de la guitare et apporte quelques petites touches à l’harmonica et à la trompette. Il signe 9 des treize plages de cet elpee enregistré live à la Maxville Musicfest. Les autres titres sont partagés entre classiques et traditionnels. Lors de ce concert, il était soutenu par son backing group. Un trio. Soit le claviériste Pete Measroch, la bassiste/violoniste Miss Lyndell Montgomery alias ‘Captain Dirt’ et le drummer Wayne Stoute. La musique de Gillespie est légère, pétillante. Les musiciens aiment ce qu'ils jouent et leur interprétation est respectueuse du style. 

Terry entame "The devil likes to win"sur le riff cher à Elmore James. Effectivement, le diable aime gagner. Même si ici, c’est dans la bonne humeur et sans éclat. Le ‘diddley beat’ domine le "What would Bo Diddley do". Pas vraiment une surprise ! Une compo imprimée sur un rythme nerveux imposé par Wayne. Terry titille quelque peu sa trompette tandis que Pete Measroch se concentre sur son orgue de manière fort rythmique. Gillespie se réserve l'harmonica pour animer "Early in the mornin'", un classique du blues. Au piano, Pete le soutient à la perfection. La voix de Gillespie est soignée mais nasillarde sur "You're gonna make me cry", une superbe ballade soul signée O.V Wright. Ses intonations sont bouleversantes. Mais il faut avouer qu’il est bien aidé par les répliques féminines des Toasted Westerns. Une rivalité judicieuse qu’on retrouve sur "Let's get together", une piste rythmée parcourue par les interventions séduisantes de Measroch au piano électrique, dans un style proche du Ray Manzarek à l’époque des Doors. Traditionnel, "My mama" est un blues lent, particulièrement dépouillé, que Gillepsie chante avec beaucoup de sensibilité. Le leader s’évertue à puiser les notes bleues de sa guitare. "It was'nt me " est un réel bonheur, une piste abordée tout en déconctraction et caractérisée par les interventions admirables aux ivoires. Une excellente ambiance qui se prolonge jusqu’en fin de parcours. Comme par exemple sur "Her mind left first" et "16 days" deux blues subtilement saupoudrés de jazz, qui mettent en exergue le talent des musicos. "She walks right in" est un jump boogie classique composé par le notoire Professor Longhair. Il passe facilement le cap en nous entraînant dans les rues de la Nouvelle Orléans. Enfin, "Magnolia tree" est un morceau d’une pure beauté. Quel plaisir d’écouter cet opus discrètement immortalisé ‘live’ !