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The Bakelite Age

The Art Of… Evil Genius

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Quel énergumène peut avoir l’idée saugrenue de faire cohabiter l’esprit des Beatles, de Howlin’ Wolf et des Pixies au sein d’un même groupe ? Le soleil d’Australie aurait-il tapé trop fort sur le crâne de Link ? Cet ex-membre des illustres Meanies, légendes du rock indé australien, réussit pourtant son improbable pari. Entouré de trois acolytes dont on ne connaîtra que les prénoms –Fiona, Ewan et Keiran, respectivement bassiste, batteur et guitariste– cette formation distille, au fil de ce second album, un cocktail explosif et savamment dosé où s’entrelacent blues rugueux, touches ‘popesques’ et dissonances typiquement indie-rock. Derrière ses fûts, Ewan, ex-accompagnateur de Dan Brodie, assure une rythmique précise, lourde et profonde mais jamais envahissante, a l’instar du très groovy « Walkin’ In My Shadow » où les guitares mordantes de Link et Keiran se complètent à merveille. Les chœurs plutôt soignés –voir l’irrésistible « Love Your Nation »– offrent un superbe contrepoint au chant de Link, littéralement nourri au gravier et contribuant largement à la coloration bluesy de cet elpee. Balancée entre inspiration sixties –« Butlerian Jihad » et ses guitares gorgées de ‘fuzz’ semble tout droit jaillir de cette glorieuse époque– et boulets de canon –le sauvage « D-Day »–, la musique des Bakelite Age possède une personnalité propre et laisse augurer, malgré quelques touches mélodiques plus pop, des performances scéniques brûlantes. L’art de génies maléfiques ?