Les mille destins d’eightycuts

Nouvelle signature du label Teenage Menopause, eightycuts réunit Siam Coudrais à la batterie et Grégoire Léauté Culioli à la guitare et au chant. Le duo publiera son premier long playing, Thousand Fates, le 25 septembre 2026. Inspiré par Solénoïde de Mircea…

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The Fiery Furnaces

Bitter Tea

Écrit par

Après s’être drogué les tympans aux sons de « Rehearsing My Choir » (2005), album conceptuel (hommage psychotique à mamy Friedberger par ses petits-enfants adorés) et hautement expérimental, Matthew et Eleanor Friedberger nous reviennent pour un quatrième disque touchant - cette fois – la réalité du bout du petit orteil. Pourtant, l’entrée en matière de Bitter Tea à de quoi repousser les derniers courageux et finir de rassembler les adeptes de la secte du rock transcendental. Culminant au sommet de cette approche déglinguée, « Black-Hearted Boy » nous gratifie d’un moment d’anthologie : une bande inversée des vocalises d’Eleanor. C’est donc barré au possible ! En grand gourou de la folie psychédélique, Matthew prêche la démence musicale et c’est tout un pan de « Bitter Tea » qui verse dans une surprenante expérimentation (« I’m In No Mood », « Teach Me Sweetheart », etc). Et puis, au grand étonnement de nos oreilles, les Fiery Furnaces renouent avec la pop. C’est le bonheur. « I’m Waiting To Know You » réactive la controverse : sont-ils réellement fous ou jouent-ils la carte de la maladie mentale ? On les pensait perdus. Et revoilà les Fiery Furnaces serpentant dans des univers chancelants, communément identifiables sur « Blueberry Boat » (2004) et « The Fiery Furnaces EP » (2005). Assez éloignés du schéma type de la chanson, tel que défini par les musicologues contemporains, les Fiery Furnaces explorent d’autres dimensions. Seuls sur leur planète, ils signent « Benton Harbor Blues », mélodie sixties désuète plantée dans un décor de jeu vidéo. Et sur ce, aucun doute : les champignons magiques de Mario Bros colorent la verte prairie de nos Fiery Furnaces !

 

The Fiery Furnaces

Rehearsing My Choir

Écrit par

On a toujours aimé la famille Friedberger. Matthew, à notre gauche, et sa soeurette, à notre droite, Eleanor. Ensemble, le duo traverse l’histoire du rock tel un météorite traqué par l’apocalypse. Ils sont partis du blues (puisque toute la musique qu’ils aiment, elle vient de là…), ont tapé leurs Converses au garage (« Gallowsbird’s Bark » - 2003), rongé des barrettes de LSD et signé un album concept aux mélodies barrées, désenchantées mais foutrement bien troussées (« Blueberry Boat » - 2004). Seulement voilà : pour se convaincre de l’intérêt de ce « Rehearsing My Choir », il convient vraiment d’adorer cette famille (en or ?). Pourquoi ? Tout d’abord, parce que ce troisième album est entièrement dédié à maman Friedberger. Ensuite, parce que le disque s’inspire de la carrière d’Olga Sarantos, la grand-mère de nos deux rejetons. Cette bonne vieille dame, octogénaire, organiste et ancienne directrice de chorale, vient même apposer sa voix tremblotante sur quelques ‘morceaux’ (choisis ?) de cette bizarrerie. Oui, le nouvel album des Fiery Furnaces est étrange. Le piano est fou, la guitare dingue et les deux protagonistes de l’affaire Furnaces se retrouvent à la croisée de leurs instruments. Quant aux chansons… Les chansons ? Ah oui, ces façades mélodiques planquées sous un amas de paroles insensées. En cherchant bien, on en retrouve derrière « Slavin’ Away » ou « Seven Silver Curses ». Mais prière de ne pas escompter de formats classiques avec couplets et refrains. Non, des pépiements de couicoui ici (« Guns Under The Counter »), des tic tacs par là (« Does It Remind You Of When ») et, peut-être, moyennant une concentration à haute teneur psychotropique, l’auditeur décèlera-t-il les prémisses d’une demi-chanson. Pourtant, à force d’écouter l’exubérante fertilité sonore de ce disque, on se met à le savourer, à percevoir des bribes de l’élan créateur qui anime ces hallucinés. Et d’y retourner afin, qui sait, d’y déchiffrer le message avant-gardiste de cette famille sans peur. Encore un tour de démence ? Oh ouuuuiiii, youppie ! Et vive le suicide commercial !

 

The Fiery Furnaces

Gallowsbird´s Bark

The Fiery Furnaces est un duo partagé entre frère et sœur, comme les White Stripes (sic). La comparaison s’arrête là. Même s’il est vrai que le folk-rock atypique de ce tandem de sang plonge parfois son bagout surréaliste (dylanesque ?) dans un bouillon garage qui n’est pas sans rappeler… The Kills, un autre couple maléfique. The Fiery Furnaces est donc un curieux mélange d’hippie folk à la Jefferson Airplane et de stridences velvetiennes, avec un sens aigu de la narration… Même s’il est vrai qu’on a parfois du mal à suivre les divagations beat d’Eleanor, qui chante le verbe acid comme en son temps Don Van Vliet et Leonard Cohen. Il y a aussi du synthé vintage, un piano boogie et une batterie libertaire : dans de telles conditions, difficile de parfois tout comprendre. Mieux vaut se laisser aller et prendre dès lors ce disque pour ce qu’il est : un recueil de chansons barrées aux mélodies bizarres, qui plaisent autant qu’elles laissent perplexes. Le genre de disque à nul autre pareil, dont la somme des influences donne quelque chose de neuf et d’insolite, bref d’inestimable.