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The Growlers

Une ouverture sur le Vieux Continent ?

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De ce côté de l’Atlantique, The Growlers est plutôt inconnu au bataillon.  Pourtant, au pays de l’Oncle Sam, ce groupe californien (NDTR : il est originaire d’Orange County, au sud de Los Angeles) jouit d’une indéniable notoriété. D’ailleurs, il a eu l’opportunité de bosser en compagnie de Dan Auerbach et assuré les premières parties de son band, The Black Keys. Et plus récemment, il a signé sur le label de Julian Casablancas, le chanteur des Strokes. Manifestement, il a la cote au sein du milieu rock’n’roll, aux States. On pourrait expliquer l’absence de recognition, sur le Vieux Continent, quand un groupe ou un artiste entame sa carrière. Mais pas lorsqu’on compte huit albums à son actif. Des long playings aussi variés qu’une carte de bières belges. Ainsi, The Growlers est passé du rock/garage, au rock-psyché en transitant par la country. Entre autres. On était donc curieux de découvrir ce combo américain qui se produit rarement en Europe. Une belle occasion, également, de découvrir son dernier elpee en date, “Nature Affair”.

Preuve du manque de popularité, l’Aéronef est en configuration club et est loin d’être comble. Le public réunit essentiellement des jeunes. Il est 21h tapante lorsque les lumières s’éteignent et que The Growlers grimpe sur les planches.  Les deux leaders et membres fondateurs du band, Brooks Nielsen (chant) et Matt Taylor (guitare) prennent place au-devant du podium. Ils sont soutenus par un claviériste, un bassiste ainsi qu’un batteur. Il enchaîne les titres avec une facilité déconcertante. Tel un dandy, cigarette entre les doigts, Brooks Nielsen affiche une certaine désinvolture ou une forme de je-m’en-foutisme, si vous préférez. Il arpente l’estrade de gauche à droite et inversement. Mais cette attitude n’est que du show, car sa prestation est irréprochable. Sa voix rappelle Julian Casablancas (NDR : ben tiens !). Le groupe passe son répertoire en revue, en proposant des titres psychédéliques ou plus rock, mais également des morceaux contaminés par le reggae ou encore le disco. L’auditoire est réceptif et quelques spectateurs audacieux se risquent au crowdsurfing. Après une heure et demie de set, le quintet quitte la salle sous les applaudissements.

Le temps d’un concert, The Growlers a replongé un auditoire quinze ans en arrière en dispensant un set de toute bonne facture. Vu l’excellent ambiance qui régnait au sein de l’Aéronef, il faut croire qu’un public a été conquis et qu’il constituera probablement, pour la formation, un premier bastion de fans sur le Vieux Continent…

(Organisation : Aéronef)

The Growlers

Hung At Heart

Écrit par

Chevauche ton fier destrier, Ô abscons rebus de l’univers ! Que valsent les variations allotropiques réglées au dixième de seconde sur l’horloge de nos vies flétries.

Reprenez donc une de ces petites pilules colorées.

Non, pas celle là, plutôt celle-ci.

Oups ! Trop tard.

The Growlers s’invite dans les esprits irrigués par le flux morose de l’univers et réinvente les golden sixties pour les régurgiter dans un panache de couleurs.

Fenêtre ouverte sur une quelconque planète baignée d’une aura rosâtre, soleils déclinants sur de bleutées collines aux contours érodés par les vents de l’espace et les soupirs du temps qui passe.

Tel un organe expulsant une longue complainte psychotrope, « Hung At Heart » prend possession de nos sens par des chemins biaisés.

A l’image de la pochette, cette solution sonore ressemble fort, au premier plan, à un fameux bric-à-brac.

Et dans ce bordel, il y a fort à parier qu’il y ait à boire et à fumer.

Quinze titres, dont certains au sens plus qu’incertain (« Salt On A Slug », « Use Me For Your Eggs ») qui redessinent les contours psychédéliques de ce groupe de surfeurs signant ici leur troisième essai.

Le plus abouti, le plus riche aussi.

Sorte de trip à demi-éveillé qui voit s’entrechoquer les petites cuillères flottantes du film Drugstore Cowboy dans la caboche du chat du Cheshire, debout sur une planche flottante, trois pieds (ou trois pattes) au dessus d’une vague de coulis sucré multicolore : cet album régit à sa manière le genre évoqué.

C’est complètement allumé, génialement foutraque et pourtant diablement accrocheur.

Les mélodies adhèrent aux parois cérébrales du subconscient, le tremolo fait mouche, l’écho renvoie dans l’un de ces tubes aqueux s’échouant sur une plage de Californie, et on se sent bien. On se surprend un sourire béat figé au dessous du nez. Les globes oculaires roulant sur des pentes extatiques.

Tout a l’air si simple…

Mais qu’on ne s’y trompe ! Derrière cette aura pailletée se trame une mélancolie qui sans raviver un sentiment de tristesse ou de nostalgie, rappelle néanmoins qu’ici, tout n’est pas rose bonbon.

Donc, point de mièvrerie. Plutôt un carrousel d’images tendres et drôles qui dans la vitesse du mouvement se marient avec bonheur.

On se réveille groggy, la chemise hors du slip, mâchouillant une sandale ou faisant des papouilles au lapin angora.

Et même dans les rares moments de faiblesse, The Growlers nous tient par la main et nous propulse au-delà de l’arc en ciel.

Délesté de toute inutile sensation.

Un jeu kaléidoscopique dans l’optique tronquée d’un prisme scintillant.

Prenez ! C’est de la bonne !

En concert ce vendredi 12 avril chez Madame Moustache (Bruxelles) et le lendemain au Trix (Anvers).