La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

The Lucky Losers

In any town

Écrit par

Etabli à San Francisco, The Lucky Losers, c’est avant tout un duo réunissant la séduisante Cathy Lemons et l’harmoniciste Phil Berkowitz. Les deux artistes se partagent les vocaux. Pour enregistrer "In any town", ils ont reçu le concours du guitariste Marvin Greene, de l’organiste Chris Burns, du bassiste Tim Wagar et du drummer Robi Bean. "A winning hand", le premier elpee de ce team, était de toute bonne facture. En enregistrant le suivant, on a l’impression que le duo a trouvé sa voie. Mais également l’équilibre entre les deux voix. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Greaseland, à San José, c’est-à-dire celui du guitariste des Nightcats, Kid Andersen. En outre, l’équipe a reçu la collaboration d’une belle brochette d’invités. Le long playing recèle neuf compositions originales et deux reprises.

"So high" nous plonge instantanément au sein de l’univers du duo. La conjugaison des deux voix ne manque pas de charme. Phil souligne parfois ses interventions à l’aide d’envols percutants sur l’harmo. Et l’ensemble est illuminé par les interventions, à la gratte, du maître des lieux, le redoutable Kid Andersen. Lemons signe "It ain’t enough", une plage empreinte de douceur. Elle la chante d’une voix soul voluptueuse. L’instrumentation alimente ce climat cool, entretenu par l’orgue de Burns et le piano électrique Fender Rhodes de Kid Andersen. "Jackson" est une chanson écrite en 1963 par Billy Edd Wheeler et Jerry Leiberfut. Johnny Cash et June Carter l’avaient traduite en hit dès 1967. Puis Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. Interprétée par Cathy et Phil, la nouvelle version est réussie ; et la sortie à l’harmonica est impeccable. Miss Lemons chante d’un timbre suave, le blues lent "Don’t let ‘em see ya cry", face à une section de cuivres au sein de laquelle s’évade Michael Peloquin sur son saxophone ténor. Marvin Greene en profite pour se réserver un solo chargé de feeling (NDR : et inspiré par BB King) sur ses cordes, alors que Phil s’applique sur son harmo chromatique. La voix purement soul de Berkowitz alimente "Blind man in the dark". La section de cuivres est toujours au poste ; mais pour la circonstance, c’est le Californien d’adoption, Terry Hanck, qui prend son envol sur le saxophone ténor. Shuffle remuant, "I can’t change ya" se distingue par une sortie impeccable de Frank Goldwasser sur sa slide. Funky, "Still enough time to cry" se signale par les excellentes interventions des solistes : le piano syncopé de Burns, les cordes de Greene et l’harmo de Phil. Cathy chante passionnément "Give me a sign", un autre blues de bonne facture qui nous entraîne dans les swamps. Jeff Jensen, le citoyen de Memphis, écrase ses pédales wah wah. Et ses interventions sont géniales. Le titre maître campe une jolie ballade. Simple, mélodieuse, elle permet à Kid Andersen de s’illustrer sur les cordes, des cordes chargée de feeling et lumineuses. Puissant, "Devil’s dream" est une plage qui agrège acoustiques et électriques. Elles se révèlent même aventureuses… Ne sommes-nous pas à San Francisco ? Sans doute la plage la plus originale. Un créneau qui mériterait d’être davantage exploité dans le futur… Soutenu par un brass band, la reprise du "Small town talk" de Richie Danko et Bobby Charles libère des fragrances à coloration néo-orléanaise…

 

The Lucky Losers

A winning hand

Écrit par

Chanteuse/compositrice, Cathy Lemons vit à San Francisco. Elle compte plusieurs albums à son actif. Excellent, le précédent, "Black crow", est paru en 2014 sur le label Vizztone. Elle a monté un nouveau projet, Lucky Losers, en compagnie du chanteur/harmoniciste Phil Berkowitz, également issu de la ‘City by the Bay’. Un excellent musicien déjà responsable de quatre elpees solos. Pour son dernier, "All night Party", il avait reçu le concours du redoutable gratteur issu de Colombus, Sean Carney, et de Bill Stuve, l'ex-bassiste de Rod Piazza. Les Lucky Losers se sont retrouvés lors de trois sessions différentes, dont la dernière, à San José, dans le studio Greaseland du Norvégien Kid Andersen, le gratteur de Rick Estrin & The Nightcats. Tous les musicos qui ont participé aux séances sont balaises. Y compris les membres de Lucky Losers, soit le bassiste Steve Hazlewood, le batteur Robi Bean et le guitariste Marvin Greene. Sans oublier les invités : en l’occurrence le claviériste Chris Burns (ex-Joe Louis Walker, Maria Muldaur, Lowell Fulson), le saxophoniste Michael Peloquin et la liste est loin d’être exhaustive.

Plage d'ouverture, "Change in the weather" est issue de la plume de Phil Berkowitz et Dany Caron. Ce dernier a longtemps épaulé le guitariste du bluesman légendaire californien, Charles Brown. Le couple chante impeccablement ce titre de funky R&B cuivré. Burns siège derrière l'orgue Hammond alors que les interventions de Phil à l’harmonica sont très originales. Paru sur le label Stax, le "I take what I want" de Sam and Dave avait décroché un énorme succès. Du bon southern soul ponctué d'une solide salve de musique à bouche. "What have I done" est un excellent blues écrit par Jimmy Rogers (NDR : il a longtemps sévi comme guitariste au sein du backing group de Muddy Waters, un mythe du label Chess de Chicago). La version de Lucky Losers est très réussie. Superbe blues, le titre maître est imprimé sur un mid tempo. Les vocaux des deux partenaires sont consistants. Complices, ils chantent cependant tout en décontraction. Guest, Steve Freund, l'un des grands guitaristes de blues contemporain, s’y réserve une sortie remarquable. Miss Lemons signe "Suicide by love", une plage de jazz cool. Elle la chante avec discernement, alors que Chris Andersen à la guitare et Chris Burns au piano, s'inscrivent subtilement dans ce contexte. L’harmo et l’orgue balisent le "What was it you wanted" de Bob Dylan, un funk léger caractérisé par une belle sortie de Marvin Greene sur ses cordes. Le "What is succes" d'Allen Toussaint est une piste bien roots. Balayée par les ivoires de Burns et la slide langoureuse du gratteur de l'Oregon, Ben Rice, elle baigne dans une atmosphère musicale propre à New Orléans. Soutenue par les cuivres et l'orgue de Kevin Zuffi (ex-Mark Hummel Band), "Long hard road" est une ballade soul qui met bien en exergue la voix de Berkowitz, un morceau au cours duquel Green s’autorise une belle sortie tout en feeling. Le "Baby, you got what it takes" de Brook Benton trempe dans le swing et le jump californien. Et irréprochable, la section rythmique facilite les billets de sorties accordés à Berkowitz et Greene. La cover du "Cry no more" de Charles Brown campe un soul blues délicat. Il ne manquait qu’un boogie. Il arrive. Et ce "Detroit City man" adresse de toute évidence un clin d'œil à John Lee Hooker. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "Don't you lose it", une piste entretenue par le piano électrique, la guitare d'Andersen et les percussions légères de Jay Hansen des Nightcats.