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The Sleepy Jackson

Personality (One was a spider, one was a bird)

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Les chansons passent, les souvenirs demeurent. En écoutant « Lovers », le premier album du dictatorial multi instrumentiste Luke Steele, on était tombé en pâmoison. Les hits lumineux de The Sleepy Jackson nous avaient frappé de plein fouet. C’était bon, intense, disproportionné. Comme Luke Steele, on voulait se laisser pousser la moustache. On soutenait que ce type existait au monde pour nous délivrer de la perte de Georges Harrison. On menaçait d’un flingue quiconque émettait l’hypothèse d’empêcher « Lovers » de tourner sur la platine. Depuis, le temps s’est écoulé. Les choses ont changé. Et ce nouvel album n’a pas la même saveur que son prédécesseur. On aimait tant ce côté ampoulé, ces mélodies grandiloquentes et ces ballades épiques. Luke Steele s’est rasé la moustache. Quelques poils en moins, l’homme perd de sa superbe. Mais plusieurs pépites de pop orchestrale viennent pourtant légitimer son propos. Le sautillant « Good Knows » se rappelle au bon souvenir de Georges Harrison. Les instrumentaux de « I Understand What You Want But Just Don’t Agree » (ce titre !) ouvrent une voie royale à un refrain succulent. Et « Dream On » (aucun rapport avec Aerosmith) esquisse les mélodies d’une ode à la rêverie. Pour le reste, la magie n’est pas au rendez-vous. Elle s’est envolée. Comme la moustache.