La terre fissurée de Daffo

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The Soft Boys

Underwater Moonlight (réédition 2010)

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Avant d’opter pour le patronyme des Soft Boys, cette formation répondait à celui de Dennis & The Experts. Le changement définitif s’est produit en 1977, soit un an après leur naissance. Mais le plus intéressant procède du line up de ce band qui impliquait le guitariste soliste Kimberley Rew, futur Katrina and the Waves et surtout Robyn Hitchcock, grand excentrique britannique, dont la carrière individuelle, souvent marginale, sera entrecoupée de deux reformations éphémère de son groupe phare (NDR : en 1994 et en 2001) et puis d’une aventure chez les Egyptians, vécue en compagnie de la plupart de ses anciens collaborateurs, au cours de la seconde moitié des eighties et le début des nineties ; sans oublier le projet The Venus 3 qu’il a monté en compagnie de Peter Buck de R.E.M, Scott McCaughey des Young Fresh Fellows ainsi que de Bill Rieflin de Ministry, qui lui ont permis de publier trois elpees entre 2006 et 2010.

Publié en 1980, « Underwater Moonlight » (NDR : ce disque avait déjà fait l’objet de deux rééditions, dont l’une, en 2001, sous le format double cd, était enrichie de quelques bonus) fait donc suite au très expérimental « The can of bees ». Les sessions d’enregistrement se sont déroulées dans des conditions extrêmement difficiles. Tant techniques que de situation (NDR : une cabane pourrie !) Provoquant un stress, une anxiété et un désenchantement chez les musiciens qui se ressent dans les compos. Mais paradoxalement, cette situation les a poussés à se surpasser. Par rapport au premier elpee, hormis le tribal et aride « Old pervert », sculpté dans un funk blanc déstructuré, les mélodies sont particulièrement soignées voire contagieuses et les harmonies vocales parfois carrément ‘byrdsiennes’ (« The queen of eye », caractérisé par ses cordes de guitares bringuebalantes, l’enlevé « Positive vibration » qui adresse un clin d’œil aux Beach Boys). Le spectre de Syd Barrett est omniprésent et pas seulement pour les lyrics complètement à la masse. Très musicale, la ligne de basse apporte une grande richesse aux compos. On a même droit à un zeste de violon et d’harmonica. Ainsi qu’à des claviers. Notamment sur l’instrumental « You’ll have to go sideways ». Fluides, atmosphériques, ils enveloppent la trame hypnotique, obsessionnelle, tissée par les guitares, un peu à la manière de Kevin Ayers (NDR : encore un grand excentrique !) Et de cette œuvre intemporelle, j’épinglerai encore le remarquable « Kingdom of love », réminiscent du Floyd circa “The Piper at the Gates of Dawn” (NDR : mais sans les claviers), le palpitant « I got he hots », qui alterne couplets blues/rock (NDR : ces breaks !) et refrains pop, la voix de Robyn passant alors du timbre rauque, déclamatoire (Captain Beffheart ?) au plus clair et nasillard, sans oublier le morceau maître, en final, plus élaboré mais complètement halluciné, dans sa vision du psychédélisme.

The Soft Boys

A can of bees

Écrit par

Avant d’opter pour le patronyme des Soft Boys, cette formation répondait à celui de Dennis & The Experts. Le changement définitif s’est produit en 1977, soit un an après leur naissance. Mais le plus intéressant procède du line up de ce band qui impliquait le guitariste soliste Kimberley Rew, futur Katrina and the Waves et surtout Robyn Hitchcock, grand excentrique britannique, dont la carrière individuelle, souvent marginale, sera entrecoupée de deux reformations éphémère de son groupe phare (NDR : en 1994 et en 2001) et puis d’une aventure chez les Egyptians, vécue en compagnie de la plupart de ses anciens collaborateurs, au cours de la seconde moitié des eighties et le début des nineties ; sans oublier le projet The Venus 3 qu’il a monté en compagnie de Peter Buck de R.E.M, Scott McCaughey des Young Fresh Fellows ainsi que de Bill Rieflin de Ministry, qui lui ont permis de publier trois elpees entre 2006 et 2010.

Mais revenons au tout premier elpee de Soft Boys, « The can of bees », un disque qui était paru à compte d’auteur sous le label Two Crabs, et qui vient d’être réédité en cd par Yep Roc, neuf années après Matador. Sur les onze titres de ce long playing figure une cover cinglante et virulente du célèbre « Cold Turkey » du Plastic Ono Band. Un des trois titres immortalisés ‘live’ qui figurent en fin de parcours. Syd Barrett est une influence majeure pour Robyn. Ils étaient d’ailleurs tous les deux originaires de Cambridge. Un spectre qui hante régulièrement Hitchcock. Et en particulier sur « Human music », le seul titre délicat de ce cd, caractérisé par sa mélodie sinusoïdale. Le reste de la plaque oscille entre blues aride (« Give it to the soft boys »), dissonance mélodique (NDR : « Do the chisel » aurait pu figurer sur un album de Sonic Youth), funk blanc déstructuré (« The progworkers »), énergique (« School dinner blues »), punk primaire et virulent (« Wading through a ventilator »), spasmodique (« The ratsprayer »), hypnotique et dansant (Blur se serait-il inspiré de la rythmique de « Leppo and the jooves » pour composer « Girls & Boys » ?) ou encore extravagant voire complètement décalé (NDR : si Dylan s’était converti au mouvement en question, il aurait bien pu signer ce « Return of the sacred crab »). Le tout, bien sûr, revu et corrigé par la vision psychédélique de Robyn Hitchcock et souligné par des lyrics sarcastiques et trempés dans l’amertume. Pas un disque accessible, à cause d’un sens mélodique constamment perturbé ou carrément mutilé, mais expérimental qui prélude la sortie d’un futur album culte : « Underwater moonlight »…

 

The Soft Boys

Nextdoorland

Écrit par

Deux bonnes décennies après leur séparation, immortalisée par la sortie de leur classique "Underwater moonlight", les Soft Boys sont donc de retour. Et sous leur line up initial, s'il vous plaît ! C'est-à-dire Morris Windsor aux drums, Mathew Seligman à la basse ainsi que Kimberley Rew et Robyn Hithcock pour les vocaux et les guitares. Les deux derniers sont les plus célèbres, Kimberley ayant sévi chez les Db's et Katrin & The Waves, alors que Hitchcock a drivé les Egyptians avant d'entreprendre une carrière en solitaire. Un peu trop confidentielle, il faut le reconnaître, même si elle a été émaillée de quelques opus incontournables. Fin des seventies, les Soft Boys s'étaient donc illustrés par la pratique d'une pop teintée de psychédélisme. Un contre-pied au punk insulaire, inspiré par les Byrds, Syd Barrett et Captain Beefheart. Vingt ans plus tard, la recette n'a pas changé d'un condiment. On retrouve toujours ces guitares spasmodiques, scintillantes, le timbre nasillard de Robyn et ces mélodies contagieuses, mélancoliques, alimentées par des lyrics à l'imagerie visionnaire. Seul changement, le quatuor a largement dépassé la quarantaine. Et semble s'être essoufflé à l'issue du septième fragment de ce " Nexdoorland ". M'enfin, sur dix morceaux, il n'y a pas de quoi faire la fine bouche. D'autant plus que le reste est largement à la hauteur. Et en particulier l'instrumental allègre " Il love Lucy ". " Mr Kennedy ", ensuite. Une longue plage dont la tension électrique se consume comme chez le défunt et mythique Television. Et enfin, l'excellent et contagieux " Sudden town ". Un morceau caractérisé par un riff de guitare chimique, probablement pompé chez " The last time " des Rolling Stones. Une bonne surprise !

 

The Soft Boys

Underwater moonlight (réédition 2001)

Écrit par

Les Soft Boys ont donc décidé de se reformer 20 ans après leur séparation et de partir en tournée. J'ignore totalement sous quel line up cette reformation a été opérée, mais une chose est sûre, Robyn Hitchcock en fait partie. Et ça, c'est une bonne nouvelle. D'autant plus que ses albums commis en solo ou flanqués de ses Egyptians sont pour la plupart remarquables. Mais paradoxalement, ignorés du grand public. Pour bien planter le décor, des artistes aussi incontournables que REM, Flaming Lips ou Yo La Tengo reconnaissent les Soft Boys comme une de leurs influences majeures. Alors que Robyn a surtout été marqué par le psychédélisme mystérieux, sinistre et pathétique de Syd Barrett.

" Underwater moonlight " n'est pas un nouvel opus des Soft Boys, mais la réédition de leur dernier elpee studio. Sorti en 1980, il incluait le single " Kingdom of love ", et puis surtout la cover de Barrett, " Vegetable man ". Petite aubaine pour les collectionneurs, la nouvelle version est double et recèle des inédits, des raretés et d'autres bonnes surprises. Soit un total de 36 compositions ! En (ré)écoutant ces chansons, nonobstant une qualité de son pas toujours irréprochable (surtout sur le bonus CD), on se rend compte de la richesse torturée et élégante produite par la musique des Soft Boys. De l'énergie et de l'intensité alternatives qu'elle dégageait. De la raison pour laquelle, cette formation mérite le statut de groupe culte. Quant à savoir si ce come-back est judicieux, c'est une autre histoire. Seul l'avenir nous l'apprendra…