La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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The Valerie Solanas

The return of Jesus Christ

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Valerie Solanas est une féministe radicale qui avait tenté d’assassiner Andy Warhol, en 1968. Violée par son père, elle s’était prostituée pour achever ses études en psychologie, puis avait rédigé un manuscrit intitulé « Up your ass », qu’elle avait soumis à l’artiste de pop art, sans avoir de retour de sa part. Mobile de sa tentative de meurtre. Elle est décédée le 25 avril 1988 à San Francisco. Elle est surtout connue pour son pamphlet ‘SCUM Manifesto’, un appel à la lutte violente contre les hommes et à la libération des femmes.

The Valerie Solanas, c’est ce patronyme qu’a choisi cette formation anversoise qui nous propose son quatrième opus, « The return of Jesus Christ », dont les paroles du titre maître, reprises dans la bio, sont sujets à controverse…

Mais venons-en à cet opus. Musicalement, les compos naviguent allègrement entre pop, (free) jazz, rock, country, cabaret et prog ; mais la grande originalité procède des interventions de flûte dispensées par le chanteur Michael Brijs. Elles nous entraînent au sein d’un univers sonore complexe, presque prog, à la croisée des chemins des Doors, des Moody Blues circa « To our children’s children’s children » et du King Crimson première mouture (« Lizard », « Islands ») ; et notamment tout au long de « The statuette », « Walk me through » et « 4th dimension », les trois plages les plus longues. Enfin, le baryton de Michael est un véritable caméléon, capable d’emprunter les inflexions ou le timbre, selon, de Bowie, Jim Morrison, Frank Sinatra, Matt Berninger (The Natinaol), Neil Diamond ou encore Neil Hannon (The Divine Comedy). L’opus recèle également une chouette valse bien électrique baptisée « Can’t grow up » et surtout en « Winter blossom » (voir clip ici), une superbe chanson pop. Romantique et arty, cette vidéo met en exergue le talent du cinquième membre du groupe, le graphiste Bert Lezy, invité régulièrement à exercer ses talents de dessinateur, lors des sets live, un peu dans l’esprit de feu Bruce Geduldig, mais dans un autre registre, chez Tuxedomoon. Un album très riche qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur.

Le release party se déroulera 21/02 dans la grande salle de l’Arenbergschouwburg à Anvers.

 

The Valerie Solanas

Manifeste d'avant-garde...

Qui est Valerie Solanas? Valerie Solanas était une féministe radicale devenue célèbre par son pamphlet ‘SCUM Manifesto’ et sa tentative maladroite d’assassinat sur Andy Warhol. Solanas reprochait à Warhol d'avoir perdu un de ses scripts, intitulé "Up Your Ass" (NDR : ça ne s'invente pas !). Donc, le 3 juin 1968, Solanas se rend dans le hall de la Factory, à New-York, et tire trois coups de pistolet en direction de la victime. Les deux premiers manquent leur cible, mais la troisième balle lui transperce le poumon, la rate, l'estomac, le foie et l'œsophage. Warhol s'en tire de justesse, mais il ne récupérera jamais vraiment et devra porter un corset jusqu'à la fin de ses jours.

Ironie du sort : plus de trente ans après sa disparition, le manuscrit a été retrouvé au fond d'un coffre rempli d'équipement d'éclairage. La première de la pièce s’est déroulée en 2 000, à San Francisco, à quelques blocs seulement de l'hôtel Bristol où Solanas est décédée d'une pneumonie, en 1988.

Une histoire hallucinante, surréaliste, qui convient très bien au style de The Valerie Solanas, une formation issue d'Anvers, qui présentait son nouvel opus, "Amazon", au Beurschouwburg, à Bruxelles. Le quatuor emmené par le vocaliste et flûtiste Michaël Brijs propose une musique aventureuse qui combine des éléments de jazz et de blues au son brut du postpunk, surtout la poésie parlée (‘spoken word’) de Jello Biafra, ex-Dead Kennedys. Une saveur unique est ajoutée par le trait saillant de la flûte, qui rappelle bien sûr Jethro Tull.

Sur scène, Michaël Brijs affiche une présence imposante. Le costume de dandy et la barbe sont noirs de jais et le débit vocal, maîtrisé. La basse de Filip Vandebril est ronde et vrombissante. Ajoutez-y les harmonies étranges de Tom Tiestla à la guitare et aux synthés ainsi que les rythmiques complexes de Dmonkey Van Remoortere, et vous obtenez un objet musical très étrange.

Pendant les premiers titres du nouvel opus, par exemple "Psycho Therapy", on se surprend à penser au Doors, à Captain Beefheart, à Kurt Weil ou encore Nick Cave. Au fond de la scène, un artiste, sans doute Bert Lezy, qui dessine les pochettes du combo, improvise la création d'une oeuvre de peinture à l'eau sur la toile blanche où sont projetées des vidéos. L'ambiance fait très Beat Generation et le fantôme de Jack Kerouac flotte au-dessus des têtes. Pendant le très dansant "Valis", le public est emporté par le refrain "Everybody Dance!". Un reprise de Serge Gainsbourg et, sans avoir pris de substances, on entrevoit aussi ‘des éléphants roses, des araignées sur le plastron de son smoking et des chauves-souris au plafond’...

Brijs se fend également d'une citation de William Blake, tirée de "The Marriage of Heaven and Hell". Je ne résiste pas à l'envie de vous la livrer:

"Prisons are built with stones of Law,
Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God."

Brijs invite ensuite la chanteuse Lien De Greef à le rejoindre sur la scène pour le titre "Lovers In A War Zone", un joli duo de crooners post-modernistes. Le combo clôture son set par le morceau caché d'Amazon, "Strange Goings-On", aux accents bluesy très Zeppeliniens (la descente de basse de "Dazed And Confused").

Au final, un spectacle étonnant, baigné dans un weltschmertz urbain, une poésie beat. Un joli manifeste d'avant-garde...

La première partie, Kras en Bijvoet, réunissait Hadewig Kras, la chanteuse/bassiste d'origine néerlandaise mais vivant à Anvers et Jan Bijvoet, guitariste et comédien. Les deux artistes sont, semble-t-il, assez connus dans le Nord du pays. Leur musique, déroutante, est un mélange entre le post punk expérimental d'Einstürzende Neubauten (le chanteur Blixa Bargeld a d'ailleurs produit un des disques de Kras) et le 'spoken word' de Lydia Lunch.

(Organisation : Beurschouwburg)