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Tim Darcy

Saturday Night

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Le leader du tumultueux quatuor montréalais Ought est de retour en solitaire. Une parenthèse solo temporaire au cours de laquelle, il a publié ce « Saturday Night »… Ce qui lui permet de dévoiler sa fascination pour le Velvet Underground et feu Lou Reed, tout particulièrement. A l’instar du morceau qui ouvre la plaque, le très rock’n’roll « Tall Glass of Water », une piste qui marche pourtant sur les pas des œuvres récentes de Parquet Courts. L’opus recèle d’autres morceaux manifestement influencés par le post punk new-yorkais. Des références, que l’artiste maîtrise parfaitement. Comme le très rock et fuzzy « You Felt Confort » ou le downtempo « Still Waking Up ». Malheureusement, Darcy s’égare, au fil de l’elpee, dans des expérimentations sonores claustrophobes. Et dans ce domaine, il est bien moins convainquant. N’est pas John Cale qui veut, même si l’ensemble ne recèle rien de fondamentalement honteux…

Car de toute évidence, en solo ou chez Ought, Tim Darcy est un fameux songwriter. Et sur sa plume, il va falloir compter…

 

Tim Darcy

45’ de concert ; il y a de quoi rester sur sa faim…

Écrit par

Ce mercredi 22 février, la Rotonde accueillait Tim Darcy. Né au Texas, il a grandi dans le New Hampshire avant d'émigrer au Canada, à Montréal plus précisément ; et c’est là qu’il fonde Ought, un groupe post punk qui va publier plusieurs elpees sur le label Constellation. Ce combo s’était d’ailleurs produit au Botanique, en 2015 et 2016. « Saturday Night » constitue le premier album solo de cet artiste, un œuvre qui compile ses meilleures compos. Et ce disque a reçu un excellent écho auprès de la presse musicale. Elle est d’ailleurs unanime à ce sujet. On avait donc hâte de le revoir sur les planches ; d’autant plus que les spectacles ‘live’ dispensés par Ought ont toujours soulevé un même enthousiasme…

La Rotonde est loin d’être remplie ce soir. Le public est assis sur les marches en attendant que le show commence. Vers 21h, tout le monde se lève. Et pas pour Danette, mais Tim Darcy, qui s’installe au milieu du podium, armé de sa guitare. Grand et filiforme, il est flanqué de deux demoiselles. Tout d’abord, sa drummeuse, Charlotte Conrfield. Elle s’est plantée derrière lui. Et puis une violoniste/bassiste (NDR : sans doute engagée pour la tournée) qui prend place à gauche. Les deux filles assureront également les backing vocaux pour plusieurs morceaux.

Le trio attaque le set par « Tall Glass of Water », single du nouvel opus. On reconnaît instantanément le timbre de voix grave et nasillard de Darcy. Et puis sa manière un peu altière, charismatique mais classieuse d’interpréter son répertoire, tout en affichant des mimiques très caractéristiques. Comme au sein de son band, Ought. Déjà les spectres des Feelies, du Velvet Underground ainsi que de Television se mettent à rôder. Il embraie par « Still Waking Up », un titre plus paisible, qu’il chante à la manière de… Morrissey. Progressivement, les morceaux adoptent un profil davantage noise, alors que le vocal se fait plus déclamatoire. Avant d’aborder « Saturday by Night », la bassiste troque son instrument contre un violon. A la gratte, Tim étale tout son talent. Malheureusement, ses deux acolytes on beaucoup de mal à soutenir la comparaison. Notamment la préposée aux fûts. Mais comme les compos sont excellentes, le mélomane lambda n’y voir que du feu. Après 40 minutes de show, Tim Darcy annonce qu’il ne lui reste deux morceaux à jouer. Il en interprète alors un nouveau, plus rock, dont les lyrics relatent un événement qu’il a vécu à Toronto… mais le résultat ne convainc guère…  

Après trois quarts d’heure de set, le trio vide les lieux. Avant de revenir pour un dernier titre, en guise de rappel. Le public semble satisfait. De peu, il faut le reconnaître. 45’ de concert ; il y a de quoi rester sur sa faim…

(Organisation : Botanique)