Wolfe, c'est d'abord Todd Wolfe, le leader, chanteur, guitariste, compositeur et producteur du combo qui porte son nom. Un New-yorkais qui a été le guitariste attitré de Sheryl Crow, de 1993 à 98. En 96, il avait fondé Mojoson, un groupe qui mêlait blues et rock psychédélique. Il a ensuite sévi au sein du Todd Wolfe Blues Project, en compagnie duquel il a sorti l'album "Live at Manny's Car Wash".
"Heaven" ouvre l’opus. La meilleure plage du disque. La slide est légèrement amplifiée, la voix assurée, l'inspiration puisée dans le Delta du Mississippi. "Light of day" et "Roll over" relèvent du southern rock offensif. A cause du jeu assez lourd de la section rythmique et des riffs de guitare réverbérés. "Silver blue" marque le retour de la slide. La prise de son est excellente. La slide transpire à l'avant-plan. Nous sommes à nouveau dans l'esprit du Delta. "Black night" a été écrit par Jesse Mae Robinson. Un slow blues mené à la manière d'un Jimi Hendrix assez bavard. Et dans le style, c'est plutôt bien réalisé. Toujours très ‘hendrixienne’, mais période Band of Gypsies, "Shame" est une longue épopée funky de plus de 8', au cours de laquelle la succession de notes torturées a le mérite de faire danser. "On the run" est un boogie rapide. La slide se veut menaçante. Elle sue de partout. L'harmoniciste de Blues Traveler, Jon Popper est de la partie. Il souffle une succession de notes bien musicales dont il a le secret. "Wing of dove" opère un nouveau retour au southern rock. La guitare mystérieuse se tourne vers les sphères psychédéliques. Le voyage continue au cœur de l'atmosphère pesante et suspicieuse d' "East of you". Wolfe commet alors une version très électrique du "Come in my kitchen" de Robert Johnson. L'opus recèle, en outre, un morceau caché. Un instrumental qui adopte un ton jazz!! Wolfe consacre les bénéfices de la vente de ce bon album de hard rockin' blues à la Croix Rouge et à l'association internationale des sapeurs pompiers. Le brave homme!