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Tommy Bolin

Great Gypsy soul

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Originaire de l’Iowa, Tommy Bolin n’est guère notoire. Et pourtant, c’était un surdoué de la guitare. Il a en effet succombé à une overdose d’héroïne. Il avait à peine 25 ans. Son parcours, il l’avait entamé au sein de Zephyr. En 1969. Un groupe en compagnie duquel, il avait publié deux long playings. Il forme Energyen en 1972, une formation de fusion jazz rock ! Il succède, un peu plus tard à Joe Walsh (NDR : dont la carrière va culminer chez les Eagles) au sein de James Gang. Nous sommes alors en 1973. Il rejoint alors Deep Purple. Entre 75 et 76. Quelques mois. Pour remplacer Richie Blackmore. Le temps d’enregistrer “Come taste the band”. Quatre mois plus tard, il s’éteignait. Et pourtant, entretemps, il avait réussi à monter son propre band. Un Tommy Bolin Band responsable de deux opus officiels : “Teaser” en 1975 et “Private eyes” l’année suivante.

« Great Gypsy soul » épingle 9 pistes issues de son premier elpee. En fait des versions alternatives et des inédits ! Une collection opérée sous la houlette du producteur Greg Hampton et de Warren Haynes (Gov’t Mule, Allman Brothers Band) ; un travail opéré à partir des bandes enregistrées originales, sur lesquelles des invités sont venus apporter leur petites touches personnelles. Une initiative curieuse destinée à faire revivre un artiste qui nous a quittés voici plusieurs décennies.

Tommy n’était pas un chanteur inoubliable. L’elpee s’ouvre par “The grind”, une compo sur laquelle intervient Peter Frampton, un personnage qui a roulé sa bosse, tant sous son propre nom que chez Humble Pie! Très bluesy, ce rock est plutôt bien charpenté. La slide est gouailleuse et les échanges de cordes s’opèrent à haut niveau. “Teaser” constitue sans aucun doute le sommet de l’elpee. Une plage sur laquelle Mr Warren Haynes, un des meilleurs sliders contemporains, y ajoute ses interventions. Et elles sont aussi riches, denses que surprenantes ; à tel point que parfois on se demande si les deux gratteurs ne sont pas côte à côte. Rock blues lent, “Dreamer” concède des accents dramatiques. Changement de décor pour “Savannah woman”, qui goûte aussi bien à la samba qu’au jazz. Des touches de jazz apportées par Scofield. Du jazz que l’on retrouve sur “Smooth fandango”, mais dans l’esprit d’un Carlos Santana, un instrumental marqué par la présence d’un musicien particulièrement talentueux, Derek Trucks. Glenn Hughes chante passionnément “Sugar shack”, une piste alimentée par les interventions redoutables à la slide du notoire Sonny Landreth. Il est toujours au micro pour le morceau final de l’elpee, “Lotus”. Un blues de bonne facture, indolent, atmosphérique, rehaussé par la présence du jeune et charismatique Joe Bonamassa ainsi que de Niels Cline de Wilco, aux six cordes. Intéressant, cet opus est double. Il est enrichi d’un bonus recelant “Flying fingers” et “Marching bag”, une suite en quatre mouvements!