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Steven De Bruyn, Tony Gyselinck, Roland Van Campenhout

Fortune Cookie

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Roland Van Campenhout est de nationalité belge. C’est un vétéran du blues. Mais surtout un artiste complet, généreux et talentueux. Il arpente les scènes depuis tellement longtemps, qu’on a peine à croire qu’il ne va bientôt entrer dans le club des septuagénaires. Si à une certaine époque, il a drivé ses Blues Workshop, il a surtout privilégié une carrière individuelle, souvent marquée de collaborations marquantes. Ami de feu Rory Gallagher, il a bossé en compagnie d’Arno chez Charles et les Lulus, dans les années 90.

Steven De Bruyn est un jeune harmoniciste. Révélé d’abord à la tête d'El Fish, ce musicien talentueux, doublé d'une personnalité forte et d'une sensibilité hors normes, est le digne successeur de Toots Thielemans, même s’il n’évolue pas dans le même registre.

Steven est également impliqué chez les Rhythm Junks tout comme Tony Gyselinck, un batteur particulièrement notoire dans le monde du jazz belge

Lorsque Filip Casteels, le guitariste originel, a quitté El Fish, Roland est souvent venu renforcer le line up, sur les planches. C’est dire si Gantois et le Louvaniste étaient nés pour se rencontrer et partager leurs valeurs musicales. Ils ont d’ailleurs enregistré un album ensemble, "Waterbottle"!

Ce nouveau trio s'était produit lors de la dernière édition du festival Roots & Roses de Lessines, le 2 mai dernier. Un set qui avait littéralement médusé l’audience. Les trois compères se sont réunis, en studio, au cours des mois de mars et juillet 2010. Ils maîtrisent parfaitement leurs instruments. Ce qui explique pourquoi leur musique est impeccable, mais aussi aventureuse. Atmosphérique également. Difficile d’ailleurs de lui coller une étiquette, puisque les différents partenaires cherchent à explorer de nouvelles voies en tirant parti, tour à tour, du blues ou du jazz. En fait, on a même l’impression que ces nouvelles sonorités, ils les découvrent au fil des sessions.

Plage récréative, "Allumeuse Bayan" ouvre l’elpee. Imaginez un Toots Thielemans évoluant au cœur d'une world music parcourue d’effets électroniques. Steven joue de l’harmo d’une manière assez classique. Jazz bien sûr. Face aux percussions profilées comme un raga indien. Le tout traversé de bruitages électroniques. Avant que Roland n’y injecte des sonorités de cordes un peu particulières, entre dobro et sitar! "Reinvent yourself" intrigue davantage. Steven récite ses mots dans un monde bien étrange. L'harmonica adopte un profil  discrètement lyrique. Lorsque les trois instruments jouent de concert, l’expression sonore baigne au cœur d'un blues subtilement funky. L'intro de "She knows how" est chaotique, presque déjantée. Le climat est pourtant hispanique. Une compo qui atteint cependant sa pleine puissance. Le chant frêle et délicat de Steven est bientôt rejoint par la voix graveleuse et tellement profonde de son comparse. Le résultat est étonnant, insolite mais toujours séduisant. Une vague électronique déferle sur "Boots & bitches". De quoi provoquer un climat de transe, rappelant à nouveau les ragas indiens, que soutiennent les percussions de Tony. L'harmonica de Steven divague dans le décor sonore, tandis que les cordes de Roland écrasent tout sur leur passage. Torturées, elles ne cessent de gémir tout au long de cet exercice de style d’une durée de près de 5'. Ballade relaxante et d’une grande pureté, "Tiny tiny" détermine une sorte de trêve instrumentale. Le timbre de Steven est serein, empreint de douceur. De Bruyn s’accompagne à la guitare résonator tandis que Roland se réserve les claviers, afin de communiquer au morceau une ambiance lugubre et cosmique à la fois! "King Kong in the Lunapark" macère dans un climat blues. Roland chante d’une voix grave. Elle pourrait émaner outre-tombe. Un certain effroi nous parcourt l’échine, tandis que Steven nous divertit de petites phrases claires et lumineuses. "Teeth grinder" adopte un tempo fort proche. Une longue fresque qui se développe très lentement. Tony balise la compo de ses fûts. Il double aussi aux claviers tandis que Steven arrache des sonorités pas possibles de son instrument. L’atmosphère ne respire pas la joie. Plutôt même un mal-être que cherche à tempérer les cordes de Roland, inspirées par cette texture minimaliste. Rien ne peut atteindre la sérénité de Mr De Bruyn. Même pas une araignée dans la figure. Il conserve son calme et son assurance tout au long de ce "Spider on my face" qui achève la première œuvre de ce trio. Sa voix est soutenue par les deux guitares. Le rythme s'accélère cependant progressivement. Le chant se dédouble. Les sonorités des cordes acoustiques sont limpides. Impressionnant ! Un bien bel album !

El Fish & Roland Van Campenhout

Waterbottle

Écrit par

J'attendais El Fish au tournant. S'il avait séduit un public amateur de créativité et d'originalité, l'album "Wisteria" avait quelque peu perturbé ses fans de blues. Un disque qui avait sans doute précipité la séparation des deux solistes, Steven De Bruyn et Filip Casteels. Mais quelle n’a pas été ma surprise d'apprendre que l'inénarrable Roland Van Campenhout prendrait la place de Filip. Qu'allait faire ce croustillant quinquagénaire devant ces fils du blues?… M'enfin, je suis quand même resté optimiste, car en abordant de multiples directions musicales, Roland est un artiste qui a toujours su se remettre en question. Il a trempé dans le Delta Blues, mais aussi réalisé des musiques de films, opéré des ouvertures vers l'Orient et embrassé bien d'autres perspectives encore. Entre artistes larges d'esprit, prêts à tout expérimenter, l'amalgame a fonctionné. "Waterbottle" est une réussite ; certes pas facile à assimiler dès la première écoute, mais cette musique si riche vous pénètre insidieusement jusqu'à vous posséder.

Vous le devinez, il n'existe pas de similitude entre la guitare de Filip et celle de Roland, ni entre le chant fin et propre du premier, et celui, rocailleux et ravagé, du père Roland. Une bonne partie du El Fish sound est restée, grâce à l'harmonica lumineux de Steven, et l'extraordinaire qualité de la section rythmique de Jan Ieven et Rohal De Ridder. Jan est une pièce importante du puzzle Fish. D'ailleurs, il se charge d'une bonne partie de l'écriture et notamment des instrumentaux.

L'ouverture "Tangah" et "Mustallah" est une longue épopée inspirée par la musique orientale. Un fragment au cours duquel Roland mord à pleines dents dans le délire psychédélique. Le dernier instrumental, "Canzoncina per Jaco", se ballade entre le Far West et le Mexique voisin. Caractérisée par une extraordinaire leçon d'harmonica, elle pourrait être la bande sonore d'un western. D'autres plages possèdent une délicate touche country. Notamment la reprise du "The end is not in sight" des Amazing Rhythm Aces ainsi que la reprise d'une plage de l'album "Wisteria", Lack of time". Cette chanson qui manifestait une tristesse infinie, subit ici un traitement plus optimiste, plus rythmé. Tel un cowboy sur son cheval, Steven déclame autour de lui "I feel fine", devant des accords de guitare d'une simplicité désarmante!! Et en conclusion, il tire des sons impossibles de son kazoo. Roland chante sa composition "Good as bad can be". Elle sonne très El Fish. L'alchimie a fonctionné ! Steven crée des motifs lugubres, blafards, très "noir et blanc". El Fish passe ensuite au tango. Etonnant, non ? Roland chante Astor Piazzolla, sur "I've seen that face before". Il pousse la plaisanterie jusqu'à livrer quelques phrases en français! La voix grasse de Roland se mêle à celle plus timide de Steven pour chanter "This or that". Bien plus roots, la finale "Bad tattoo" est balayée par deux harmonicas qui s'entremêlent. Et l'entraînant "The Chinaman in the dessert" a bien évidemment recours à une formule à la Roland, caractérisée par un méchant échange entre slide et harmonica! El Fish se maintient dans l'incontestable qualité.