Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Velvetone

Yip Yip!

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Quartet allemand, Velvetone est réputé pour son roots rock, une solution sonore née d’un cocktail de rockabilly, de soul, de R&B et de country. A leurs débuts, ils s’inspiraient de Robert Gordon, Link Wray et les Paladins. Leur premier album remonte à 1998. Intitulé "Vari-O-Sonic", il était paru chez « One Million Dollar Records ». Edité en 2001, "Dark blossom" marque leurs débuts sur Crosscut, un elpee suivi par "Switchback ride", en 2004. Le line up réunit Ray Devaryo au chant, Tammo Luërs aux guitares et à l’orgue Farfisa, Andy Merck à la basse et Steff Ulrich aux drums. Un invité : le pianiste Edwin Hettinger.

Le groupe opère son entrée en douceur par "Desperate heart". On imagine presque être en présence du Roxy Music de la bonne époque. Sans saxophone, ni synthés, mais Devaryo aurait bien revêtu son costume de Brian Ferry. Il est un rien plus paresseux, mais s’appuie parfaitement sur la riche panoplie de cordes de Mr Lüers. Tempéré, "The kooler " est caractérisé par une rythmique hypnotique appuyée par les cordes de Tammo. La musique baigne dans un climat captivant. On a envie de remuer, de danser. Tammo joue de la lap steel sur "Lil' bad thing". Il apporte des accents métalliques à ce pur rockabilly. "It ain't right" évolue dans le même créneau. "Hot rod killer" lorgne même vers les Stray Cats, tout en prenant soin de conserver cette spécificité qui n’appartient qu'à l'univers de Velvetone. De son orgue, Tammo inocule des sonorités surannées à "Mighty hand". Le rythme galope, alors que la voix de Ray reste imperturbable, se confinant dans son registre, tout en canalisant l'atmosphère Velvetone. Adoptant un tempo plus syncopé, "Smuggle" se rapproche du R&B. A moins que ce ne soit le bayou rock louisianais. A cause des courtes notes qui s’échappent des cordes. La formation réserve également un espace à la country. A travers quelques bien jolies ballades. A l’instar de "Guess things happen that way". On pourrait penser à Johnny Cash, si Ray possédait sa voix grave et uniforme. "Seven" ensuite. Un rien plus nerveuse. Une démarche assez comparable à celle que défendait Dan Stuart chez Green On Red. Balayées de guitares inquiétantes, cette plage est excellente. Véritable petit joyau, "Limbo" repose sur une rythmique travaillée. Un morceau guidé par les percussions de Steff. La tonalité de la guitare est légèrement réverbérée. Le tempo lancinant. Les chœurs envoûtants se détachent de ce climat dont un écho lugubre semble provenir de cette lune blafarde. Cette rythmique implacable nous invite à pénétrer dans le monde du rock'n'roll revu et corrigé par nos Teutons. Les cordes entretiennent un son sale, pourri tout au long de "Paycheck". Evoluant à une cadence hypnotique, "Hurt me no more" nous invite au déhanchement. Lüers nous entraîne au sein d’un monde lysergique à l’aide des sonorités libérées par les cordes déjantées, aventureuses, de sa guitare hyper amplifiée ; mais toujours en adoptant un même schéma : des plages assez courtes. La voix monocorde de Devaryo continue à se traîner tout au long "Go on home" ; mais cette impression d’indolence n’exclut pas l’un ou l’autre changement de rythme inattendu. L’opus s’achève par le titre maître : "Yip – Yip!", un exercice vocal accompli lors de ce rockabilly amusant et sautillant. La musique de Velvetone est très personnelle, c’est le moins que l’on puisse dire…

Velvetone

Switch back ride

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Formation allemande, Velvetone pratique du roots rock'n'roll largement imbibé de rockabilly. Ray Devaryo s'est forgé une voix en fréquentant des combos punk et rockabilly. Guitariste (NDR : il joue sur une Gibson Flying V), Tammo Lüers a sévi chez le Tav Falco's Panther Burns. Andy Merck à la basse et Lars Köster à la batterie complètent le line up. La discographie du Velvetone est déjà bien étoffée : depuis leur premier disque éponyme (NDR : un vinyle de 25 cm, commis en 1996, sur le label Bear Family) à "Dark blossom" (NDR : paru en 2001 déjà chez Crosscut) en passant par "Vari-O-Sonic" (NDR : en 1998, pour le label One Million Dollars).
 
L’elpee s’ouvre par "Leave me cryin'", dans un style tellement proche du Dr Feelgood de la grande époque, lorsque Lee Brillaux se réservait le microphone. Toute en rythme, la guitare est à l'attaque. Manifestement, ce quartet déborde d’énergie. La guitare ne s’accorde pas la moindre pause. Une intensité qui contamine également un "What the hell" soutenu par une section rythmique en acier inoxydable. Guère le temps de souffler, et cette danse folle envahit "Cursed (my senses)". Les deux six cordes n’y sont pas pour rien ! Velvetone évoque également les premiers bands anglais de R&B qui sévissaient il y a déjà 40 ans. Lorsque le tempo se calme, c’est pour nous plonger dans une atmosphère lourde, réminiscente des Cramps. A l’instar du "Just to satisfy you" de Waylon Jennings qu’alimente une guitare toute en réverbération. Franchement rockabilly, "What did I do?" conserve une large part d'écho dans le son de la guitare. Libérant une fameuse dose d'énergie dans l’attaque des couplets, "Rosalee" semble sculpté dans le même moule. Le Bo Diddley riff introduit le mystérieux "Voodoo love". Ray susurre ses vocaux au bord de la transe pendant que Lars martèle ses peaux. Transportés par les quatre cordes d'Andy, nous sommes proches du "Who do you love". Revu et corrigé à la sauce Velvetone, le son est volontairement sale. Ce "Voodoo love" s'étend à l'infini lorsque les trois instrumentistes se mettent à jammer sur ce riff comme pouvait le faire naguère et dans un autre style, le Quicksilver Messenger Service. "It's worth anything" trahit un petit côté pop très séduisant. Les doigts de pieds se mettent à fourmiller et on se surprend à reprendre le refrain en choeur avec l'ensemble des musiciens. Imprimé sur le rythme du chemin de fer, le vivifiant "Number nine train" nous donne l’envie de partir à l’aventure. Et à cet instant, je ne puis m’empêcher de penser à Sir Douglas Quintet, le premier groupe d'Augie Myers fondé au cours des sixties. Changement de cap et retour dans le monde étrange du voodoo. Les percussions de Köster martèlent le rythme pour nous transporter dans cet univers noir et sautillant de "Welcome to the pleasuredome" tourmenté par un chant qui rappelle parfois … Bono. "Git to gittin' baby" consomme du pur rock'n'roll. Ray chante tout en raclant le fond de sa gorge. Il donne tout ce qu'il a dans le corps pour interpréter ce véritable brûlot pendant que ses trois partenaires s'éclatent. Dave Gonzales des Paladins doit prendre son pied à l'écoute de cette plage. Nos Teutons peuvent également s’aventurer dans la musique country music ; une country personnelle, inspirée par Johnny Cash et tellement proche des Blasters. Et "Shiva's little brother" en est la plus belle démonstration. Ballade ténébreuse, désespérée, engluée dans le monde dépressif de Nick Cave, "Strange times" est limitée à un accompagnement minimaliste, mais suffisant pour éveiller cette torpeur ambiante! Coup de génie : cet opus quasi psychotique s’achève par une célébration de la joie débordante des cajuns louisianais. Car le flamboyant "Allons à Lafayette" nous invite à la fête au village. D’excellente facture, cet elpee est hanté par des artistes ou des groupes aussi différents que Robert Gordon, Link Wray, les Cramps ou les Paladins. Mais je serais curieux de les découvrir ‘live’…