Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Vinicio Capossela

Marinai, Profeti e Balene

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Quand on parle de crooner en Italie, on pense automatiquement à Paolo Conte ; et jamais on ne fait allusion à Vinicio Capossela. Pourtant, c’est un exercice de style qui lui colle relativement bien à la peau, style qu’il a régulièrement habillé de compositions jazzy. Le parallèle a d’ailleurs toujours été de mise au-delà des Alpes ; même Tom Waits lui a été comparé, c’est dire…

Cet 'espèce' de Capitaine Haddock de la chanson transalpine, du haut de ses 47 ans, barbe au vent et couvre-chef napoléonien sur le crâne, nous invite à un périlleux voyage en mer, pas une petite croisière d’agrément ! Dix-neuf titres regroupés sur deux CD, dix-neuf chansons qui délaissent quelque peu le côté jazz pour aller se promener du côté des chansons plus ‘recherchées’, plus travaillées et qui servent à merveille ce beau projet, ce voyage sur et sous les flots. Plus festives, mieux ciselées, incroyablement belles et innovantes, les mélodies soutiennent parfaitement une voix chaude et profonde qui explore un monde marin plein de sirènes, de baleines et… de monstres !

Pour rendre cette exploration plus réaliste, Vinicio a puisé son inspiration auprès d’auteurs classiques de haut vol, allant de l'Odyssée d'Homère aux romans d’Herman Melville, pour ne citer que ceux-là.

Afin de mettre toutes ses aventures en musique, le capitaine a utilisé un nombre incroyable d’instruments parfois ahurissants : clavecin, scie musicale, flûtes à bec, vibraphone, piano, chaînes, hautbois, thérémine, maracas, lyre crétoise, escargots de mer, orchestre mécanique...  Mais son plus grand talent est l’écriture des partitions qui mettent en valeur les mots qu’il puise chez ses auteurs favoris. Délaissant les rythmes jazzy, Vinicio a opté pour une grande diversité musicale, allant de la chanson de variété purement italienne aux rythmes forains en passant par des airs médiévaux ou encore des chants de pêcheurs sardes. Le tout merveilleusement arrangé et soigné aux petits oignons. Du grand art. Le qualificatif d’‘œuvre folklorique fabuleuse’ sied parfaitement à ce double album qui, petit bémol quand-même, contient un ‘silence’ de près d’un quart d’heure. Pas compris le but…

Excellente découvert d’un artiste qui, oui, oui, est une star au pays des vespas.

Riche et passionnant !

 

Patrick Vining

Atlanta boogie

Écrit par

Patrick écume les scènes du blues et du R&B américain depuis une vingtaine d’années. Peu d’infos sur ce musicien au crâne rasé. Apparemment, à ce jour, il a commis quatre albums dont "Released" en 2006 ; encore que ce dernier disque semble être une réédition américaine d’un elpee paru en 1999, sur le label anglais JSP. Probablement les sessions d’enregistrement de "Ready right now" remasterisées. Produit par Jimmy Morello, cet opus avait alors reçu le concours de musiciens issus de Los Angeles ; et en particulier Kirk Fletcher et John Marx aux cordes, Rick Reed et Paul Fasulo à la section rythmique ainsi que Johnny Viau et Troy Jennings aux cuivres. En 1998, il avait concocté "Blues with bite" en compagnie des Blue Sharks, chez Ichiban.

Patrick s’est établi en Georgie. Ce qui explique le titre de son dernier long playing, "Atlanta boogie". Vining a toujours apprécié les stars du blues et du R&B. Et en particulier les shouters. En l’occurrence BB King, Big Joe Turner, Roy Brown, Little Milton, Louis Jordan et aussi un certain Elvis Presley. Ce qui explique pourquoi sa musique campe un savoureux cocktail de jumpin' blues, de swing et de boogie woogie, épicé d’une pointe de rockabilly.  Pour la circonstance, il bénéficie de la participation d’un excellent backing band ; c’est-à-dire le guitariste Mike Bourne, le bassiste Mookie Brill, le drummer Pete Maier et le claviériste Matt Wauchope. Ce dernier jouit d’une certaine notoriété. Il drive son propre quartet de jazz à Atlanta. Il a également collaboré à la confection de deux albums de Sean Costello : "Cuttin in", un disque paru en 2000 et "Moanin' for molasses", en 2001 (NDR : sur Landslide). Et cet "Atlanta boogie" est justement dédié à la mémoire du regretté Sean Costello. Vining et Mike Bourne forment un solide tandem à la composition ; Patrick signe les textes et Mike les met en musique.

L’elpee démarre sur les chapeaux de roues par "Everybody knows". La guitare juteuse de Bourne introduit la plage. Il est vraiment doué sur ses cordes. La voix de Vining est solide et autoritaire, mais dès qu'il en a le loisir, Bourne en profite pour mettre le nez à la fenêtre ; et ma foi, il est capable alors de se révéler l'égal des meilleurs adeptes du west coast jump. Le piano de Wauchope ouvre "Last night". Caractérisée par ses accents syncopés, la musique baigne dans le style de la Nouvelle-Orléans. Très soudée, la section rythmique soutient les autres musiciens. Très affûté aux ivoires, Matt est largement inspiré par le jazz. Agé de 78 ans, Tommy Brown est un vétéran de la scène blues d'Atlanta. En 1949, il avait composé "Atlanta boogie". Il a été invité pour chanter ce titre en compagnie de Patrick. Cet échange entre un vocaliste noir et un vocaliste blanc est un véritable régal. L'ambiance très rock'n'roll et boogie est entretenue par le piano sautillant et omniprésent de Bourne. Ce dernier est loin d’être un débutant. Nourri au blues à Kansas City, il a rapidement émigré à Chicago où il a été recruté par Delmark. Il a côtoyé Barkin' Bill Smith, Abb Locke (NDR : l'ancien saxophoniste de Howlin' Wolf), le pianiste Barrelhouse Chuck. Il avoue pour inspiration majeure, T-Bone Walker, BB King, Tiny Grimes et Pee Wee Crayton! "I'm so glad" trempe toujours dans le rock'n'roll. La cohésion entre les musicos frôle la perfection. Vining chante d’un timbre passionné ; mais ce sont les cordes de Mike qui emportent les suffrages. Impressionnant ! Pas de temps mort sur cet elpee. "30,000 dollar millionnaire" aurait pu être écrit par la paire Leiber et Stoller. Les musiciens s'attaquent à trois reprises. Tout d’abord le très swing "Money's getting cheaper" de Jimmy Witherspoon. Ensuite "Someday", une autre composition signée Tommy Brown. Et enfin une adaptation sublime du "Last meal" de Jimmy Rogers en mode Chicago shuffle. Un seul blues lent sur la plaque : "Late at night", une compo dont le motif de guitare est quasi hypnotique. L’œuvre se referme par le merveilleux "Man of clay", un dernier rock'n'roll qui casse la baraque. Superbe!

 

Vinicio Capossela

Nel Niente Sotto Il Sole

Écrit par

Fils d’Italiens immigrés en Allemagne, Vinicio Capossela s’est construit une carrière atypique au sein de sa péninsule natale. Depuis le début des années nonante, il a sorti plusieurs albums et un roman. Il est ainsi progressivement devenu un artiste populaire et très respecté auprès de ses pairs, grand écart pas toujours facile à réaliser. Double cd/dvd « Nel Niente Sotto Il Sole » est un témoignage de la tournée accomplie à la suite de la sortie de son dernier album, l’ambitieux « Ovunque Proteggi ». Une tournée qui l’a amené aux quatre coins de l’Italie, mais aussi à l’étranger. Vinicio Capossela puise énormément dans le folklore méditerranéen (et mondial), la variété italienne des années 50/60 (Carsone, Celentano), mais sa musique évoque surtout Tom Waits (période « Rain Dogs » et « Bone Machine ») ainsi que Captain Beefheart. L’homme ne se contente pas de copier ses illustres modèles ; il injecte une solide dose de personnalité dans les cavalcades démoniaques qui constituent le menu principal de ce témoignage live. Musicalement très riche, la formation qui accompagne Capossela fait parler la poudre. On est très loin des nombreux rockers italiens qui s’appliquent à singer platement leurs modèles américains et anglais. Pour pleinement apprécier la musique, la compréhension de l’italien reste tout de même essentielle, tant le soin accordé aux textes est important.

Le pendant visuel du disque aide à mieux comprendre les performances scéniques de notre homme. Elles sont éminemment visuelles et tiennent du spectacle total : ombres chinoises, déguisements empruntés au folklore sarde, scénographie soignée. Le dvd n’est pas une captation classique d’un seul concert mais plutôt un grand mélange entrecoupé de paysages mystérieux de Sardaigne et de scènes jouées dénotant une grande obsession pour la mort et les thèmes bibliques. Bref, une excellente introduction au riche univers du bonhomme.

 

Vini & The Demons

Vini and the demons

Écrit par
Vini et ses Démons sont issus de Gainesville, en Floride. Ils y ont d’ailleurs accordé leur premier concert, en 1999. Hiver 2001, ils ont décidé d’émigrer à Chicago, la cité de leurs références. Cette formation compte parmi ses inconditionnels Ros, la fille de Muddy Waters, et Bo Diddley en personne. Chaque mardi soir, ils se produisent au Reservation Blues, le club d'Eddie Clearwater. Particulièrement fougueux, cet ensemble injecte beaucoup d'énergie dans son blues. Les Demons me rappellent les premiers groupes nés au cours de la vague du ‘british blues boom’ ; et en particulier les Yardbirds. Ils aimeraient, en toute modestie ( ? ! ? ! ?), faire revivre le fantôme de celui qui vendait son âme au diable : Robert Johnson. Ce qui explique sans doute pourquoi le groupe a choisi le patronyme des Demons. Ce quatuor est donc drivé par Vini. Cloué dans son fauteuil roulant, il se réserve le chant et la guitare. Il est épaulé par l’harmoniciste Skibo, le bassiste Tom Miller et le drummer Evil Evan. Nonobstant les remerciements qu’ils adressent à une multitude de personnages - notamment à Billy Branch, Eddie Clearwater, Bo Diddley, Vance Kelly et au regretté harmoniciste anglais, Duster Bennett -, les Demons écrivent l’essentiel de leur répertoire.
 
Ils ouvrent d’ailleurs l’elpee par une de leurs compos : le bien nommé "Possession blues". Le son est très Chicago Southside (NDR : si vous voyez ce que je veux dire). La voix de Vini possède des intonations fort proches de Keith Relf (NDR : pour gouverne, il était le chanteur des Yardbirds). Skibo souffle à la manière de Little Walter ou Junior Wells derrière Muddy Waters. La guitare est largement amplifiée. Elle véhicule des vibrations blues rock. Les compositions personnelles sont largement inspirées par le blues urbain des 50s. Et je pense tout particulièrement à "I don't want you", "You go your way" et "Please shake your ass for me". Des fragments qui libèrent une fameuse dose d’énergie et de fraîcheur. Mais les Demons comprennent le sens profond du blues. Ils sont capables d’y injecter toute leur sensibilité, particulièrement lorsqu’ils ralentissent le tempo. Et la cover du "Ive got to be with you tonight" de Slim Harpo explique parfaitement leur admiration pour Duster Bennett. Ce voyage au cœur des swamps leur sied vraiment bien. Ils tempèrent davantage le rythme pour attaquer "Beautiful poison". L’accompagnement est moins étoffé ; la couverture plus roots. L’excellente adaptation du "Sick bed blues" de Skip James baigne au sein d’une atmosphère plus tendue. Seuls le martèlement répétitif d'Evil Evan et la basse lugubre de Tom donnent la réplique à la voix. Après un début très dynamique, les Demons semblent avoir définitivement opté pour le tempo lent. Hommage à la regrettée fille de Willy Dixon, Shili Marie, la reprise bien réussie du "Sittin' on top of the world" de Howlin' Wolf en est la quatrième démonstration consécutive. Vini est à la slide et le Japonais Sumito Ariyoshi siège derrière le piano. Vini s'est armé d'un bottleneck au doigt. Le glissement métallique se détache du décor sonore. Une grande tristesse suinte de tous les instruments et l'atmosphère devient terriblement lourde sur "I don't want to go to heaven". L'effet dramatique rend le cri du vocaliste plaintif ; et lorsque les cordes se libèrent enfin, des flots de notes presque contenues tentent de s'échapper. L'effet est étonnant ! Les Demons ne s'en remettront pas. Le rythme ne reviendra plus. L’opus s’achève par le minimaliste "Blues for the android", un fragment très bien ciselé au cours duquel la guitare ne produit que les notes nécessaires. Mais des notes saisissantes. Et d’une certaine manière, c'est bien l'adjectif qui qualifie le mieux cette musique très personnelle : saisissante.