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Viva Voce

Get Yr Blood Sucked Out

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Anita et Kevin Robinson s’aiment pour la vie. Et pour tout dire, on admire leur amour, leurs cœurs brûlants pour cette noble cause : le rock’n’roll. Ce couple formidable vient d’enfanter « Get Yr Blood Sucked Out », un album magistral, limpide et sensuel. Quatrième rejeton d’une discographie déjà bien nourrie, « Get Yr Blood Sucked Out » commence par un « Believer » d’enfer. Anita extirpe un riff hypnotique de sa guitare, alors que ce diable de Kevin martèle rigoureusement ses fûts. Sa batterie est belliqueuse, elle impose un rythme régulier, métronomique, telle la cadence assignée à ces malheureux galériens. La voix d’Anita se pose, nonchalante, tellement envoûtante. Kevin rejoint alors les lèvres de son épouse pour un clash électrique épique, une rencontre improbable entre The Beta Band et The Jesus and Mary Chain.

Insolente, la musique du duo nous touche en plein cœur : la guitare fuzz gicle dans tous les sens, les hands-clapping surgissent de partout. A ce moment précis, on tombe sous le charme de « From The Devil Himself », collision frontale entre les Dandy Warhols (période « Come Down ») et Yo La Tengo. On succombe. Mais Viva Voce n’en a pas encore terminé : « Drown Them Out » retentit, transperçant air, terre et mer d’un riff chopé du côté des Pixies. Au chant, Anita est cool. Aussi cool que Kim Deal. La formation de Portland, nous assure ensuite le repos du guerrier, le temps d’un joli interlude (« Bill Bixby »). Mais pas question de relâcher la tension. La formation repart de plus belle sur les sulfureux « We Do Not Fuck Around » et « Faster Than A Dead Horse ».

En fin de parcours, On titube tel un Mexicain harassé par l’alcool et les brûlures d’un soleil de plomb. Là, sous cette chaleur écrasante, nous irions nous empaler sur le premier cactus venu. Et d’un dernier cri, on hurlerait à la vie, à la mort : Viva Voce !