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Zoot Money

Fully clothed and naked

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Zoot est devenu très tôt l'un des meilleurs artisans du R&B outre-Manche. Il était déjà présent, à une époque où les meilleurs du genre s'appelaient Alexis Korner et son Blues Incorporated, Graham Bond Organization ou Georgie Fame et les Blue Flames. Venu du Sud anglais, il a d'ailleurs joué quelque temps avec Alexis Korner avant de monter son Big Roll Band. Indigo a déjà gravé des archives live de ce groupe sur l'album "Where you there?". Sur le présent album, toujours enregistré en public, mais en 1966, nous retrouvons le Big Roll Band à une époque où ils jouaient régulièrement dans les meilleurs clubs, comme le "Flamingo" et le "Klooks Kleek".

Le line up était plutôt solide : Paul Williams à la basse, Colin Allen à la batterie, Andy Summers (futur Police) à la guitare, et Nick Newall, Clive Burrows ainsi que Johnny Almond aux cuivres. Le boss se réservait l'orgue Hammond et chantait. Le succès du R&B de l'époque procédait de sa nature ‘dansante’. Comme le prouvent ici "Let the good times roll", le "Barefootin" de Robert Parker, "Smack dab in the middle" et "Hallelujah I love her so" de Ray Charles, titre enrichi par la guitare jazzy, déjà bien éveillée de Summers. Sans oublier "Loving you is sweeter that ever", qui met en exergue les échanges vocaux entre Zoot et Paul Williams. Le tempo ne se ralentit que pour le doux "Nothing's gonna change this live" de Sam Cooke. Un répertoire qui appartient à la phase "Fully clothed" ("tout habillé"), qu'il partage avec ses musiciens. Il reste six titres datant du début des 70s. Ils appartiennent à sa période "Naked" ("Nue"). Dix fragments qu'il interprète seul en s'accompagnant d'une guitare acoustique. Si l'atmosphère très intimiste laisse libre cours à la voix limpide de Zoot, nous n'y retrouvons que peu d'accents blues et R&B habituels. La finale, par contre, est admirable. "Six days on the road" est d'ailleurs devenu un hymne des pub bands anglais. Indigo nous promet encore des archives de Money, dans le futur proche...