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-M-

Rêvalité

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« Rêvalité », le septième opus de Matthieu Chedid, constitue, en quelque sorte, le lien entre le personnage -M-, créé il y a tout juste vingt-cinq ans, et l'homme d'aujourd'hui, un artiste qui se cherche entre réalité et imaginaire.

Fixant comme point de convergence un triptyque qui fait une fois encore la part belle au choix des mots et des mélodies, il leur communique une nouvelle saveur, et notamment à travers la profondeur de la ligne de basse tracée par Gail Ann Dorsey (NDR : elle a notamment milité au sein des backing groups de David Bowie et Tears for Fears).

Il ne s’agit d’ailleurs pas de la seule collaboration, puisque Fatoumata Diawara (chanteuse, comédienne et autrice-compositrice-interprète malienne) s'invite sur « Mais tu sais ».

Assez coloré et nuancé dans son ensemble, l’elpee permet au chanteur de prolonger ses rêves d’enfance tout en se réinventant le temps d'une histoire.

Si le titre phare apporte essentiellement des lignes funky, « Mégalo » est davantage groovy, alors que l’émotion libérée par « Mogodo » (une berceuse chantée par le paternel en 1974) est accentuée par les interventions de percus et de cuivres. Le néo-quinquagénaire se frotte même au psychédélisme sur « Dans le living » ou, à contrario, concède une chanson populaire aux accents radiophonique, sur un morceau simplement baptisé « Dans ta radio » …

Ce doux rêveur succombe à la nostalgie en plongeant dans son passé (« Petit Homme »), mais également rend un vibrant hommage au cinéaste italien « Fellini », tout en construisant la mélodie sur la symphonie n°40 de Mozart.

Plutôt iconoclaste, cette œuvre est partagée en deux parties. La première nous réserve des plages dynamiques alors que la seconde est davantage tendre, introspective et poétique. Enigmatique aussi. A l’instar de l'excellentissime « Ce Jour-Là », compo qui adresse un clin d’œil à sa grand-mère, la poétesse Andrée Chedid. Une piste enrichie de cordes et de chœurs qui se perdent à l'infini…

Des arpèges de grattes prennent leur envol sur « Home », une composition caractérisée par son refrain entêtant, alors que « Le langage des Oiseaux » clôt un des albums les plus réussis de -M-.

Si vous aimez la musique de -M-, vous l’apprécierez tantôt sur le dancefloor ou tranquillement au coin d’un feu de bois. Mais c’est surtout en ‘live’ que ces chansons risquent de prendre toute leur dimension, là où l’artiste s’exprime sans doute le mieux.

Bref, un chef-d’œuvre en treize chapitres, qui inscrit parfaitement Matthieu dans son époque tout en lui permettant de s'y évader…

Et si nous suivions ses traces ?

-M-

Lettre infinie

Écrit par

Le chiffre 13 est un peu mis à toutes les sauces tout au long du nouvel elpee de Matthieu Chedid. Outre la typographie –qui représente la treizième lettre de l’alphabet latin– s’est offert un double luxe : 13 titres et un ‘M’ qui apparaît 13 fois sur l’artwork.

Si en numérologie, cette symbolique signifie la fin de quelque chose et le commencement d’autre chose, le hasard fait bien ces choses puisque c’est le sujet qui est traité tout au long de ce 6ème LP studio. Un disque sur lequel on retrouve la patte de Thomas Bangalter, la moitié de Daft Punk...

Hormis sur l’un ou l’autre morceau, comme pour "Alchimiste" et "Grand petit con", les riffs et solos de gratte tonitruants sont moins présents, et laissent davantage de place aux textes à la fois subtils, profonds et espiègles, à l’instar de "Passions éphémères", "Bonheurs intemporels" et "Révolutions intérieures".

Nouveauté également, la présence de sa fille Billie qui fait bien plus que poser sa voix sur la (presque) totalité des compos, son timbre épousant à merveille celui du paternel. Une jolie ballade en guise de déclamation d’amour lui est même dédiée en clôture. A coup sûr, les Chedid aiment travailler en famille puisque la mère de la petite s’était essayée sur les premiers disques de sa moitié.

Même Happy, le chat a apporté sa collaboration, son ronronnement ouvrant une « Thérapie » d’une grandiloquence cérébrale où son nom est scandé tout au long de l’interprétation.

Après vingt ans de carrière, sa « Lettre infinie » signe là non pas, à proprement parler, une révolution, mais une lecture intéressante de ce qu’il a pu nous proposer jusqu’alors.

Si la pièce maîtresse de ce disque repose sur une constante : proposer un produit finement abouti tant dans les textes que les arrangements, les moyens d’y parvenir sont intellectuellement plus perspicaces et réfléchis. Davantage de raffinement que d’apparat donc !

Lors de son expérimentation, le fils de Louis s’est fixé une ligne de conduite en créant une atmosphère dans laquelle il se sent bien ; un peu comme si l’éternel ado avait décidé tout à coup qu’il était temps de grandir, à l’instar de « L’autre paradis » ou encore « L.O.Ï.C.A. » (sa compagne), dont la ligne mélodique est tracée par le piano et la clarinette…

Bref, si le disque n’oublie pas ses fondamentaux, il incite au voyage, et en adressant un clin d’œil à l’Afrique, « Massaï » nous le rappelle.

-M-

M ou l'abc du gimmick

La tournée triomphante de M touche à sa fin, et déjà on rêve en secret de le revoir au plus vite, parce que ses concerts sont une fête insubmersible, une communion de l’ordre du fantasme exaucé, un rêve d’entertainment malin et pas grossier, qui surprend à chaque fois malgré les « gimmicks » de mise en scène, les rituels sacrés auxquels se plie le fan bonhomme. C’est qu’un concert de M s’aborde avec folie, mais précaution : quid du type (comme moi) qui ne connaît pas les gestes et les refrains à répéter ? Parce qu’un concert de M, c’est certes de la musique (du genre variété rock de bon goût, en rien inavouable dans l’oreille du mélomane), mais aussi un jeu impliquant des règles. A respecter pour avoir l’air d’y croire. On évitera de toutes les énoncer : le fan de M les connaît toutes par cœur. Il n’empêche que ces milliers de bras qui s’agitent comme des feuilles à l’automne (« Mama Sam »), ce silence d’une minute dans une salle comble et massive (au hasard : Forest National), ces briquets par centaines, ce délire warholien (le « gimmick » du mec ou de la fille invité(e) sur la scène), cette empathie contagieuse,… On a beau dire, ça laisse coi. Quoi ? M, tiens, ce petit homme à la mèche conceptuelle (l’‘icône’ M), au costume clownesque et à la guitare qui s’envole (pour de vrai). « Bigger than life », même si on le sent si proche, s’il nous parle comme à ses amis, qu’on soit 200 (il y a 8-9 ans, à la rotonde du Botanique) ou 8000 (en novembre dernier, à FN). Le plus fort chez M, c’est qu’en concert il reste cet homme sincère, pour qui la notion de respect ne semble pas galvaudée : avec lui on se sent comme chez soi, il a le don de mettre à l’aise. Peu importe les soli à la Hendrix (son idole) : M, en plus d’être un showman hors pair et un guitariste de feu, reste avant tout un type sensible et humain, à l’échelle de chacun. Un type bien, en somme, qui malgré le succès garde l’esprit clair et son indépendance, sans courir derrière la gloire et la reconnaissance, à tout prix. Pour tout cela, Mathieu Chedid est l’étoile la plus étincelante du paysage musical français, qui brille tout au-dessus mais ne projette pas d’ombre. Y a de la place pour tout le monde dans les chansons de M. A l’intérieur tout resplendit, comme dans le cœur quand il est amoureux. « M » ? Mieux qu’une lettre : un sentiment essentiel, une quête existentielle. « J’aime donc je suis » ? C’est le souhait de quiconque.

-M-

Mainstream…

Écrit par

Tout comme Akim, l’autre soir, je ne devais pas être là. Mais un concours de circonstance m’a poussé à accepter un remplacement au pied levé. Que j’ai volontiers accepté. Faut dire qu’à la lecture des comptes-rendus dithyrambiques lus dans la presse écrite et web (NDR : y compris celui rédigé par un collaborateur de Musiczine), le rédac’ chef avait envie d’aller lui-même vérifier sur place. Le Zénith affiche complet, deux jours de suite à Lille (NDR : et il y revient le 8 novembre !) M est extrêmement populaire en France ; ce qui explique pourquoi sa nouvelle tournée au sein de l’hexagone marche du tonnerre.

Avant d’entrer dans l’hémicycle, un petit détour par le bar s’impose. Quatre consommations, svp. 20€, m’sieur ! Combien ? Ah oui, les gobelets sont consignés. 2€ pièce. Encore heureux ! En fait, les boissons sont servies dans des récipients à l’effigie de la star. Un avant-goût du show consacré au strass et aux paillettes ?

Un drap est tendu devant la scène. Y est projeté l’image d’un personnage au nez rouge destiné à promouvoir l’association ‘Clown Sans Frontières’ (NDR : dont M est l’un des parrains).

En première partie, place à Nach, c’est-à-dire Anna Chedid, la frangine de Matthieu. Elle est flanquée d’un guitariste, d’un contrebassiste/violoncelliste et d’un drummer qui se tient debout. Elle porte une armature sous sa robe assez courte qui lui donne une allure à la fois sexy et décalée. Et elle chante en se réservant régulièrement les claviers. Dans un style qui lorgne vaguement vers les Rita Mitsouko. Elle possède un beau timbre de voix qu’elle parvient à faire fluctuer entre différents octaves, mais les inflexions ne suivent pas toujours l’amplitude. L’exercice de style est périlleux et nécessite encore du boulot. Bref, pas un mauvais supporting act, mais pas non plus la révélation.

Vers 20h45, le grand drap blanc qui séparait l’espace réservé au supporting act et le reste du podium, tombe. Mais la scène reste dans le noir. Le public s’impatiente et commence à battre des mains. Celui du balcon se lance même dans une ola ou frappe bruyamment sur le plancher. Manifestement, l’audience, ce soir, est acquise à la cause de M. 21h00, les musicos débarquent. Ils sont trois. Le drummer se place à droite de l’estrade. Le bassiste/claviériste (NDR : son instrument est un curieux combiné !) à gauche, et Matthieu à la gratte, au milieu. Il porte des lunettes en forme de M. Plutôt excentriques. Il les troque ensuite contre une paire qui projette un flux lumineux devant lui. Et lorsqu’il les enlève, on remarque qu’il arbore une petite moustache (NDR : oui, c’est une barbe de 3jours !), comme son père Louis, à qui il ressemble de plus en plus. Derrière, on découvre une immense structure métallique amovible, face à un écran géant ; mais couverte de miroirs, en forme de ‘M’. Elle va même finir par se déplacer, pivoter, se retourner, refléter, et servir de poste aux techniciens préposés aux projecteurs. Le light show est à l’avenant, multicolore et multidirectionnel. Le son est puissant et plutôt basique. Rock, si vous préférez, mais sans les détails qui font la différence, chez l’artiste français. Faut dire que le drummer martèle ses fûts comme un batteur au sein d’un groupe de métal. Car ce soir, on si on va en avoir plein les mirettes (jeux de lumières qui descendent presque jusque dans le dos des musicos, en tournant sur eux-mêmes, comme des ovnis, apparition d’un personnage qui se la joue ‘sauvage’, se prenant même pour tarzan, deux danseurs, chaussés des fameuses lunettes/projecteurs, et j’en passe), musicalement, je suis resté sur ma faim. Et puis, les samplings, ce n’est pas trop mon truc. Il y a bien eu la participation d’enfants pour un titre et surtout un petit périple sympa à travers la foule (NDR : qui a commencé juste sous mon nez !), sur une estrade mobile, au cours duquel Matthieu va interpréter ses titres les plus intimistes, en s’accompagnant au piano (NDR : le meilleur moment du concert), et puis lors du premier rappel, une parenthèse acoustique, presque sculptée dans le ‘skiffle’), mais en général, le set a surtout mis en exergue le talent d’entertainer de Matthieu. Le public connaît les paroles de la plupart des chansons par cœur, donc il les chante ; et lorsque plus de 7 000 personnes les reprennent en chœur, ça met l’ambiance. Matthieu serre volontiers les mains de ses fans, les remercie, part en crowdsurfing sur le dos en se lançant dans un solo de guitare. Un étalage de sa technique qu’il n’hésite pas à renouveler. Parfois, il en remet même deux couches. Il fait virevolter sa ‘six cordes’ dans les airs ; accidentellement, elle est emportée par la foule. En fin de parcours, il demande aux spectateurs de lever les bras et d’arborer le signe ‘M’, à l’aide de leurs mains. Motif ? L’enregistrement d’un clip. La foule est alors au bord du délire. Ce qui va engendrer deux rappels. Dont le premier, minimaliste, recueillera mon assentiment. Mais en rédigeant cet article, je me doute que 6 999 personnes risquent fort de manifester leur désapprobation. Parce que si le spectacle était fantastique, enfin, si on le replace dans le contexte des formations prog rock issues des seventies (NDR : souvenez-vous d’Emerson Lake & Palmer et même du Floyd), le concert s’adressait exclusivement au grand-public. J’ai cherché vainement une fibre poétique, tout au long de ce set. Celle que j’M chez Matthieu Chedid, et je ne l’ai pas trouvée… Désolé !

Organisation A Gauche de La Lune

(Voir aussi notre section photos ici)

 

-M-

Noir sur blanc…

Écrit par

Lors de la tournée consécutive à la sortie de l’album « Qui de nous deux », en 2005, j’avais manqué son concert. En cause ? Une vilaine grippe. J’en étais encore plus malade. Pas question donc, cette fois-ci de le louper ! Il y a quelques semaines, j’avais chroniqué son dernier ouvrage ; et je dois avouer que l’écoute de ce disque m’avait procuré énormément de satisfaction. Une fois de plus, ce nouvel opus est une réussite, plein de maturité et de fantaisie. J’avais même terminé mon article par les mots ‘Vite le concert !’

Hier soir Mathieu et son band se produisaient donc, à l’Aéronef de Lille. Départ vers 18h30, histoire d’arriver bien à l’aise, de se choisir une bonne petite place pour participer à une chouette soirée. Ouais ! Mais Indochine était également programmé à deux bornes de mon point de chute. Résultat des courses : quelques bouchons pour sortir du périf et accéder au centre commercial d’Euralille (NDR : originalité, l’Aéronef est une petite salle nichée au sommet dudit centre ; et les voisins ne sont pas dérangés !) Pas de panique, il est 19h30 quand j’arrive à destination ; et il n’y a pas encore trop de monde. Tous piégés comme votre serviteur, sans doute…

Les portes à peine franchies et juste le temps de se trouver un petit espace, les lumières s’éteignent. Quatre jeunes garçons surgissent des coulisses, guitares et baguettes à la main, et prennent place devant le rideau. Leur morceau d’ouverture et surtout leurs voix suffisent à nous faire bouger le popotin. Gush pratique une pop bien léchée, toute fraîche et endiablée. Une solution sonore au sein de laquelle on discerne des influences puisées chez les Beatles, les Beach Boys et Crosby, Stills, Nash & Young. Tout juste pour nous mettre en appétit… Leur set est nickel. Le drummer particulièrement dynamique. Les guitares acoustiques sont bien présentes et les harmonies vocales de toute beauté. Le courant passe immédiatement entre les 2000 personnes alors présentes et ces jeunots, tant leur ferveur de jouer de la musique est communicative. Un set de trente minutes au cours duquel ils vont littéralement chauffer l’audience, achevant même leur prestation par un titre joué à capella et sans micro. Le respect du public est total. Leur succès bien mérité. Gush se retire sous les applaudissements nourris. Lumière et une bonne chope bien fraîche (NDR : fait très chaud dans cette petite enceinte).

Vingt bonnes minutes seront nécessaires pour préparer la suite des événements. 20h30, la scène est déserte et le public réclame son idole. Quelques longues minutes s’écoulent. -M- serait-il sourd à nos appels ??? 20h40, l’auditoire est complètement plongé dans l’obscurité. On entend plus que hurlements, sifflets, battements de mains et de pieds. 20h41, une lumière éblouissante jaillit et dévoile une scène intégralement blanche. Même la batterie et le piano se sont mis au diapason. Tout est absolument immaculé. En toile de fond, derrière un voile estampillé d’un énorme ‘M’, on devine par transparence la silhouette de Matthieu qui entame « Mister Mystère ». Hystérie générale ! Aux trois-quarts du morceau, Matthieu déchire la feuille de papier et traverse le décor qui le séparait de ses musiciens. Nouvelle réaction hystérique. Mais l’accouchement est plutôt ‘douloureux’. On croyait le gaillard guéri des facéties guignolesques qui le caractérisaient ; mais force est de constater que sa tignasse est encore plus exubérante qu’auparavant et le contraste entre son look et celui du reste de la troupe est saisissant. Il est vêtu complètement de noir. De la tête aux pieds. ‘I am the boss’ ! Le rose n’est plus de mise…

Dès le second titre, caché derrière ses lunettes de soleil, il se fend d’un solo dont il a le secret, démontrant par la même occasion qu’il est probablement un des meilleurs guitaristes de l’Hexagone. Lorsqu’il interprète « Hold up » (emprunté à son papa), la mise en scène est saisissante ; on assiste quasiment à un court métrage au cours duquel les musiciens deviennent acteurs. Même le préposé à la sécurité y joue un rôle. Le braquage se termine par la mort des deux complices qui s’écroulent sous les balles de la police et tombent raides-morts parmi les spectateurs des premiers rangs. Génial !

Un changement de costumes s’impose pour la suite des événements. De quoi aligner une série de titres notoires durant lesquels les fans sont invités par Mathieu à reprendre les refrains ou à l’accompagner, même sans aucun support musical. Et ils s’en donnent à cœur joie. La moitié du show est largement dépassée, lorsque les premiers accords de « Je me démasque » retentissent. Sur un texte de sa grand-mère, Andrée, -M- décide de passer à l’acte. C’est le moment choisi pour abandonner définitivement son accoutrement de ‘bête de scène’ et redevenir lui-même. Enlevés le postiche capillaire et les lunettes de soleil. Face à nous se dresse maintenant l’homme tel qu’il est. Le chanteur dans toute sa sensibilité, son humour, sa fragilité. Une seconde (re)naissance !

Et c’est reparti pour une série de standards du style « Le complexe du corn flakes » avant de quitter une première fois le podium. Le public en redemande (évidemment) et la troupe ne se fait pas prier trop longtemps pour faire sa réapparition et nous interpréter trois titres dont le sublime « Onde sensuelle » avant une chorégraphie (croit-on) finale assez surprenante de la part de tous les membres de sa ‘famille’.

Deuxième rappel et Matthieu s’exécute en duo avec sa petite sœur Anna pour « L’élixir », splendidement proposé en ‘deux voix’ ; interprétation soutenue par les membres de Gush pour les chœurs (NDR : bel hommage pour ces jeunes artistes programmés en première partie).

Non encore repue, l’assemblée en réclame une dernière de la part de son favori qui se plie volontiers à la demande. Et c’est un troublant « Lettre à Tanagra », chanson dans laquelle il prononce les mots 'J'aime ton cul', qui clôture une soirée où chacun aura trouvé son bonheur tant du côté scène que du côté public, conquis dès avant l’entame de cette représentation !!!

A ne louper sous aucun prétexte si vous en avez (encore) l’opportunité…

(Organisation : Agauchedelalune + Aéronef)

 

-M-

Mister Mystère

Écrit par

Six ans après « Qui de nous deux ? » et après avoir collaboré de très près à la confection de l’excellent album de Vanessa Paradis « Divinydille », en 2007, -M- nous revient enfin ‘seul’. Pour un quatrième opus intitulé « Mister Mystère ». Afin de nous faire patienter, « Le roi des ombres », arrivé sur les ondes le 21 juillet, nous avait immédiatement mis l’eau à la bouche. 

Enfin, le sept septembre, il est là ! Le voilà. Généreux, -M- nous a concocté un emballage original : dans un boîtier cartonné non pas rose mais entièrement noir et blanc sont réunis (comme dans un coffre contenant un trésor) un Cd de 13 titres et un Dvd. Sorte de mini-clips vidéo, ce dernier reprend les chansons ‘imagées’. Y figurent également quatre titres ou plus exactement quatre textes signés Brigitte Fontaine mis en musique et interprétés par Mathieu. Oserais-je dire moins intéressant ‘musicalement’ parlant… ?

Et le reste ? Ah, l’album, les chansons… Treize morceaux, treize nouvelles perles qui transforment cette succession de titres en superbe petit collier dans notre coffret à bijoux.

Sa voix haut-perchée, ses guitares, ses mélodies, sa poésie, ses sentiments nous rassurent. Le changement de maison de production n’a en rien affecté ses qualités d’auteur-compositeur. Egal à lui-même, -M- nous gratifie de titres plus emballants, plus dansants les uns que les autres.

Sur des textes (NDR : parfois osés) de Brigitte Fontaine, George Ketrek, Hocine Merabet, de son papa Louis ou de lui-même, -M- nous emporte dans des rythmes chaque fois renouvelés, différents, dans un style indéfinissable qui lui est propre, ce qui fait toute son originalité, sa personnalité, son charme. -M- n’appartient à aucun courant, il est ‘le courant’ et il nous emmène dans ses rapides, ses tumultes, hors desquels il est plus que difficile de sortir, une fois le voyage entamé.

Et pourtant, fini le look ‘rose bonbon’, finies les chansonnettes d’un artiste asexué, -M- n’est plus un ‘enfant’, il passe un cap, devient ‘homme’. Il explore les méandres de l’âge adulte, il décline ses thèmes en noir et blanc. Ses chansons sont engagées, osent, choquent parfois…

Mais sa voix (son plus bel organe ???) nous emmène. Voix inégalable, inégalée qui nous conduit dans un éventail de directions parfois diamétralement opposées : la poésie, l’humanitaire, le réel, l’irréel, le fait divers, le sexe, la décadence...

-M- ose prendre certains risques, il réussit à mettre tout cela en musique, et quelle musique ! Préparons-nous à une déferlante d’extraits sur les ondes. « Est-ce que c’est ça », « Phébus », « L’élixir », « Semaine », « Amsétou », « Tout sauf toi » vont rendre à -M- ce qui lui appartient et qu’il mérite : notre reconnaissance. Et puis, notre plaisir… 

Vite, vite, le concert !

-M-

Ne le dis à personne

Écrit par

L’histoire est loin d’être simple. L’émotion est à son comble. Mise en musique par Matthieu Chédid improvisant devant des images perturbantes, la bande originale du deuxième film de Guillaume Canet (adapté du best seller de Harlan Coben) émeut. A condition de connaître les scènes, à condition d’avoir été pris par les personnages et par leur situation. Une musique de film donc, réalisée en une journée de studio, et des sonorités qui évoquent une certaine tristesse, une angoisse qui se fige et se noue en plein estomac. M surprend par sa capacité d’ingérer ce malaise, de le traduire en musique et de le faire ressentir. A savoir que Canet vise les sentiments au-delà de toute chose, les amplifiant à travers les somptueux morceaux d’Otis Redding, Jeff Buckley, U2 ou Groove Armada. C’est toute une incitation à la nostalgie dont il fait preuve. A condition de se laisser aller, à condition de fermer les yeux et de s’échapper. Premier rôle d’interprète pour Chédid - qui réalise là son fantasme à la Neil Young visionnant Dead Man - le fils prodige nourrit la trame par des accords de base autour desquels se pose le thème musical. L’instrumentation choisie (guitare baryton, violoncelles, piano, sampling et backing vocal) pleure ce film au scénario non moins troublant, percutée cependant par des dialogues qui coupent l’atmosphère et la refroidissent. Le morceau éponyme à la durée étirée, sur lequel Chédid pose sa voix, résume parfaitement la situation, malgré un dénouement décevant, trop arrangé et par conséquent décalé par rapport au reste. En gros, une absorption d’émotions vives, une bande sonore intime et épurée, sans pour autant être unique. L’appréciation pourra se faire néanmoins à condition d’aimer le film. A condition d’être prêt.

-M-

En Tête à Tête

Écrit par
Lors des fêtes de fin d’année, il convient de rattraper le retard. Ici, cependant, ce moment d’intimité partagé en compagnie de -M-, ne saurait être un retard. De la mauvaise volonté, tout au plus. A moins d’avoir vécu sur une banquise pendant près d’une décennie, le commun des mortels balbutiant quelques mots dans la langue de Jean-Baptiste Poquelin connaît le fiston de Louis Chedid. -M-, pour le peuple et les intimes, est adulé de tous et ce, depuis la sortie de « Je dis Aime » (2000). Même si sa musique ne touche pas l’unanimité en plein cœur, son monde virtuel rappelle toujours ses admirateurs et admiratrices à sa bonne étoile. Il est donc possible d’échapper aux enregistrements studio. Peut-être. Mais une fois, sur scène, l’homme à la tignasse hirsute laisse ses doigts enflammer la guitare. A ce moment précis, il est impossible de ne pas succomber au charme de cette virtuosité déguisée en rose. -M- sur scène, c’est une expérience vitale, le signe tout puissant de la défaillance de l’impérialisme américain. Aussi, la coupe de cheveux de Mathieu se dresse-t-elle fièrement devant la coupe Afro de Jimi. Qu’est-ce qu’on ne donnerait pas pour assister à un duo de ces spadassins du riff électrique… Dans nos rêves. Aujourd’hui, en chair et en os, en double face digitale, -M- nous fait l’honneur d’une visite de salon, par l’entremise de concerts enregistrés entre Paris, Toulouse, Marseille, Metz, Nantes, Mulhouse, Strasbourg et Beauvais, entre 2004 et 2005. « Mama Sam », « Ma Mélodie », « Je dis Aime », « Qui de nous Deux », « Onde Sensuelle » comptent parmi la flopée de tubes proposée sur « En Tête à Tête », double live au son hallucinant. Mieux qu’un best of, les 23 titres rendent l’ambiance déjantée d’une soirée décapée par les ritournelles euphoriques de notre homme. Présenté dans un coffret au cœur battant, au livret dénombrant les aléas de la tournée, -M- s’installe confortablement au pied du sapin, attendant d’être déballé pour jouer ses riffs cinglants, s’habiller de guirlandes et faire tournoyer les boules de Noël comme autant de boules à facette. Que les fêtes commencent !

-M-

Qui de nous deux

Écrit par

Le fils de Louis Chédid vient de frapper fort, très fort même. En commettant un opus brillant, très billant même. Pas à cause du strass, même si M a toujours reconnu pour influence majeure le Bowie circa " Ziggy Stardust ". Qu'il répercute toujours à travers une image excentrique ! Pour la circonstance teintée principalement de rose. Enfin sur la pochette. Un costume rose, une guitare rose, des cœurs roses, etc. Mais le plus important, c'est qu'il y décline enfin sa propre identité. Celle d'un artiste qui a choisi d'être plutôt que de paraître. De créer plutôt que d'imiter. Et je dois avouer être tombé sous le charme de cet elpee qui oscille entre rock, pop, funk, électro, soul, disco, latino, glam, world et jazz. Le tout régulièrement traversé d'arrangements de cordes. Tout en accordant une place très importante à l'instinct et au baroque. Sans oublier les textes poétiques qui reflètent son univers enfantin et ironique, parlent de la mort, mais surtout abordent pour l'essentiel le thème de l'amour. Pas l'amour béat et formaté 'starac', mais les déséquilibres affectifs de l'éternel ado, ses faiblesses, ses conflits, son inaccessibilité. Et pourtant, M a l'air heureux. C'est ce qu'on ressent dans ses chansons. Et pour cause, vu son talent, il peut voir la vie en rose. Alors dites : j'M…

-M-

Le tour de M

Écrit par

Ce double album live permet de mesurer combien M sait manier sa guitare électrique avec des solos bien percutants. Plus largement, la scène donne à ses chansons le groove et la pêche voulus. On apprécie aussi, mais cela on le savait déjà, les modulations parfois surprenantes de la voix de Mathieu. Tout cela compense les travers récurrents des disques en public : les quelques propos démagogiques qui échappent forcément à la vedette en cours de concert et les refrains repris en chœur passent moins bien sans la magie du direct. C'est le cas du célèbre " Je dis Aime ", brandi " Comme un emblème " pour ouvrir et fermer le disque et dont la reprise entend être " la version du public ".

Heureusement, ils ne sont pas très nombreux sur ces albums. " Le tour de M " est donc une bonne entrée en matière pour découvrir le travail à la fois populaire et hors-normes de ce véritable artiste. Notre préférence sur ces 110 minutes de musique bien énergiques ira au tempo irrésistible du " Complexe du corn flakes " (" Tous les matins, ça me vexe ").