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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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The Clockworks

Dans l'engrenage du succès

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Groupe post-punk de Galway, les Irlandais de The Clockworks remettent les pendules à l'heure après un premier elpee, intitulé "Exit Strategy" remarqué, en donnant une approche plus cinématographique et plus sophistiquée à leur musique à travers des titres comme "La Dolce Vita", "The Magnificent Seven" ou "True Romance". Moins tapageur que Fontaines D.C. ou The Murder Capital, le quatuor appartient pourtant à cette vague qui a atteint les côtes britanniques puis continentales depuis quelques temps. Rencontre avec le chanteur/guitariste James McGregor et le batteur Damian Greaney qui évoquent leurs influences, Londres, l'Irlande., le cinéma... et l'acteur qui vit dans chaque musicien, sans jouer la montre.

En projection, pardon, en concert, ce 7 novembre à l'AB de Bruxelles

Votre musique évoque un mélange entre les Pixies et Daft Punk...

James McGregor : Je le prends comme un compliment.

On décèle un côté post-grunge, une atmosphère cinématographique et, par-dessus, une sorte de disco rétro.

Le premier opus penchait plutôt vers le post-punk ; celui-ci paraît plus fluide, plus mature, d’une certaine manière. Partagez-vous ce constat ?

Damian Greaney : C’est tout à fait juste.

Pourquoi ce disque coule-t-il plus naturellement ? Les années qui passent l’expliquent-elles ou souhaitiez-vous aborder un autre registre, franchir une étape entre le premier et le deuxième long playing, vers un style plus articulé, plus raffiné ?

Damian Greaney :  L’approche était plus intuitive – je vais beaucoup employer ce mot, il faudra que je m’en souvienne. Nous nourrissions dès le départ une vision plus forte du disque : l’idée de l’album, de son déroulement, de l’évolution de ses rythmes dans son ensemble existait d’emblée. Nous avons ensuite consacré beaucoup de temps à peaufiner la manière de l’articuler, jusqu’à notre entière satisfaction. Le premier opus, lui, réunissait des chansons écrites au fil du temps.

Londres a-t-elle fortement influencé cet opus ?

Damian Greaney : Probablement, puisque l’album est né là. Mais nous en avons aussi écrit une bonne partie dans le Suffolk, et ce séjour a sans doute pesé également.

L’idée centrale du disque, c’est l’isolement : nous l’avons composé par rafales, mais à l’écart, comme si nous occupions seuls une maison cernée de champs. Ensuite, comme l’ont relaté des articles de presse, nous avons enregistré la majeure partie de nos parties individuellement, avant de les assembler. D’où un va-et-vient permanent entre solitude, isolement et connexion.
Donc oui, pour répondre à votre question. Mais c’est différent du premier opus, qui parlait assez explicitement de la ville de Londres. Celui-ci va plus loin : la capitale y demeure présente, de façon intrinsèque.

Quelle influence Galway exerce-t-elle sur votre musique en général ?

James McGregor : Grandir à Galway façonne la personne que l’on devient, d’une façon spécifique. Les Irlandais ont un tempérament particulier et, même si le pays est petit, le nord, le sud, l’est et l’ouest diffèrent beaucoup. À l’ouest, on reste calme, zen, très décontracté : presque l’antithèse de la vie londonienne. Lorsque l'on transplante des gars de l’ouest de l’Irlande à Londres, des Irlandais avides de plus, d’excitation, de vie, et qu’on les lâche dans une ville pareille, le choc produit une étincelle. Voilà ce qui a jailli chez nous sur le premier opus.

Galway passe aussi pour une cité musicale...

James McGregor : Oui, comme l’Irlande entière : la musique coule dans les veines des gens, qu’ils jouent ou non. Ils chantent en tout cas au pub, et la culture des pubs reste très forte là-bas.

En regardant la pochette, j’ai pensé aux Residents, formation punk américaine, mais expérimentale, plus ou moins dans la veine des premiers Talking Heads.

James McGregor : Oh, cool. Oui, très actifs.

Certaines références visuelles se rapprochent étrangement de celles que nous avions imaginées pour cet opus. Intéressant : j’ai l’impression d’y entendre New York.

Du punk new-yorkais, comme tu le dis. Non, pardon : ils viennent de Louisiane.

Bernard Butler a produit le premier opus et Johnny Marr est intervenu sur le suivant. Peut-on affirmer que votre musique plonge ses racines dans les années 80, d’autant que le titre « 3D Cinema » renvoie à ce passé ?

Damian Greaney : Précision : Johnny n’a pas produit le deuxième album, nous avons simplement tourné à ses côtés.

Je ne suis probablement pas d’accord. Certaines influences des années 80sont évidentes, comme la musique de Johnny Marr et celle de formations de cette décennie. Mais j’en dirais autant de tout ce qui s’est produit des années 50 à aujourd’hui. Nous ne sommes pas plus coincés à la fin des années 80 que dans n’importe quelle autre décennie.

James McGregor : Que les gens rencontrés en personne, comme Bernard et Johnny, viennent de la fin des années 80 ou 90, relève plutôt de la coïncidence ; ce qui ne signifie pas que nous ayons été influencés par eux. L’influence court depuis les années 50, bien sûr, mais aussi des années 70, 80, 90, 2000. Avec le streaming, comme tout le monde, on écoute tout, et personne ne nous juge parce que nous sautons d’un genre ou d’une décennie à l’autre. C’est un vrai melting-pot.

J’y songeais parce que « Work in Progress » m’évoque ce punk, Kraftwerk et aussi une formation belge, Hooverphonic et son rétro funk futuriste.

Damian Greaney : Impossible de prétendre que les années 80 sont absentes : elles existent, le punk aussi, les Pixies également, issus de ces décennies. Ce sont des formations que nous avons citées en référence pendant l’élaboration de l’album, probablement pour ce morceau dont le titre m’échappe. Mais nous ne nous cantonnons pas à la période 1985-1989 ou à quelque chose d’approchant.

Vous avez conçu et produit ce disque vous-mêmes. Quel changement majeur en a-t-il résulté ?

Damian Greaney : Tout ce que nous avons appris durant les dix années écoulées, vécues ensemble, chaque expérience d’enregistrement et de mixage se sont lentement empilés. Nous avons recommencé à former équipe. Je crois – tu es d’accord, James ? – que nous avons disséqué un à un tous les éléments que nous n’aimions pas dans nos expériences précédentes, ne fût-ce un détail aussi minime que l’égalisation d’une caisse claire à une certaine fréquence. En somme, nous avons pu choisir exactement la sonorité souhaitée, sans limites ou en les corrigeant au mixage. De l’écriture de la chanson à sa livraison au label, nous contrôlions chaque aspect : c’était incroyablement libérateur, la meilleure sensation de ma vie d’artiste.

L’opus recèle des titres comme « La Dolce Vita », « The Magnificent Seven », « True Romance », « You See the Sleeve », « 3D Cinema ». Peut-on affirmer dire qu’il ressemble à la partition d’un film imaginaire ?

Damian Greaney : Nous avons essayé d’aller dans ce sens. Il s’agit surtout de musique et de voix, mais parfois musique et paroles se construisaient séparément, pour créer une musique qui conviendrait à certaines scènes de films. Un jour, alors que nous travaillions sur l’un des morceaux sans trop savoir où le caser, j’ai songé à la musique qui clôt un épisode de série. Sean a alors ouvert sur YouTube, sur le moniteur, une scène de « The Bear » et y a calé notre chanson : elle épousait parfaitement l’émotion recherchée, et nous avons pu terminer le morceau en regardant cette scène. Elle influençait le sentiment, puis la scène influençait la chanson. La réponse courte est donc oui. Le cinéma, les films, nous les consultons et les regardons beaucoup. La plupart des références de cet album étaient musicales, évidemment, puisque nous composons de la musique, mais il y avait aussi énormément de références cinématographiques et télévisuelles dès le départ : ce film-ci, ce film-là, comme vous dites, « La Dolce Vita », « True Romance », peu importe. C’est le langage qui nous accompagne depuis le début.

Vous évoquez aussi le double, la doublure qui remplace l’acteur pour les scènes périlleuses. Tom Freeman, le bassiste, est un acteur, d’une certaine manière, non ?

James McGregor : Peut-être l’est-il, peut-être le sommes-nous tous : chacun présente une facette au monde et en cache une autre. En ce sens, tout le monde joue la comédie.

Pensez-vous jouer un rôle lorsque vous montez sur scène ?

Damian Greaney : Un peu, sûrement. Il y a un élément de performance, parce que la situation est intrinsèquement irréelle : 200 personnes regardent quatre personnes accomplir quelque chose. On brise d’emblée quelque chose. Même chez ceux qui ne jouent pas de rôle sur scène, cet aspect subsiste. Chez des artistes comme les Talking Heads ou David Bowie, cela devient une véritable représentation théâtrale. Nous sommes un peu intrigués par l’idée d’en jouer ; nous l’avons un peu tenté lors de la tournée du premier album. Qu’en penses-tu ?

Vous y êtes contraints : devant tant de regards, il est difficile d’agir naturellement.

James McGregor : D’une certaine manière, oui. Atteindre le point où l’on agit naturellement constitue le niveau ultime d’aisance, de professionnalisme. Quand on n’est plus gêné, on se défait de toute conscience de soi ; mais même alors, on joue encore un peu, puisqu’on se tient debout sur scène pour le public.

Damian Greaney : Pour nous comme pour beaucoup, c’est à son meilleur quand on s’investit émotionnellement dans la chanson. On essaie de la jouer passionnément, un mot que les gens emploient volontiers, mais surtout de s’y investir. Quand on regarde quelqu’un comme Adele interpréter l’un de ses grands succès tout en consultant WhatsApp sur son téléphone, quelque chose se perd : le lien émotionnel avec ce qu’on crée. Il faut y croire, car beaucoup de gens vous regardent quand vous montez sur scène.

Une dernière question sur le cinéma : pensez-vous composer un jour la musique d’un film ?

James McGregor : Sans aucun doute. À 100 %. Si quelqu’un lit ou écoute ces lignes, qu’on nous fasse entrer : c’est le rêve.

Dans l’une des chansons, vous dites que la religion est morte. Le numérique est-il devenu la nouvelle religion des gens ? D’une certaine manière, nous vénérons la technologie.

Damian Greaney : Une religion ou un symbole de religion, peut-être. Une bonne partie de l’album cherche à résoudre cette interrogation ; trouver la réponse n’était pas forcément notre but, il s’agissait plutôt d’explorer les questions. Il existe une relation quasi religieuse à la modernité : nous possédons une technologie de divertissement moderne, que nous adorons en quelque sorte. Peut-être est-ce là le point : nous entretenons une relation avec elle, de natures diverses, et parfois malsaines. Si elle liait deux personnes, nous parlerions de…

Très toxique.

Damian Greaney : Exactement. Et c’est peut-être, en fin de compte, l’espace que l’album tente de créer.

Peut-on décrire votre musique de picturale, cinématographique ?

James McGregor : Oui.

Damian Greaney : Picturale, j’aime bien.

James McGregor : Si tu veux dire qu’elle évoque des images dans l’esprit, oui.

Exactement. On voit des images en écoutant votre musique.

James McGregor : Le soir, quand tu t’allonges dans ton lit, que tu mets tes écouteurs, tu fermes les yeux et tu regardes l’histoire défiler.

« The Magnificent Seven » m’évoque Gorillaz.

Damian Greaney : Oui, ça tient de la jam, mais sur ordinateur plutôt qu’entre quatre gars dans une pièce, guitares en main. James et moi étions retournés à mon université de production musicale ; nous composions des beats et des loops plus proches du hip-hop, à la manière de Kevin Parker. Et James s’est mis à chanter en freestyle, à fond. J’ai immortalisé, sur mon téléphone, une vidéo du tout premier instant où la chanson a pris forme. Un moment magique : en la regardant, nous souriions tous les deux, parce que nous savions que c’était bon. On connaît cette sensation géniale quand un morceau réussi surgit.

Dans « The Double », vous dites être « une œuvre de friction ». N’est-ce pas le mot-clé de l’album ?

Damian Greaney : Cette phrase dit quelque chose de ce que tout l’album tente d’exprimer : tirer entre le noir et le blanc, et tout ce qui se trouve entre les deux, la lumière et l’ombre. L’album parle de connexion, d’isolement, de ces pôles : comment ils interagissent, comment ils se rapportent l’un à l’autre. Il contient beaucoup de friction, et nous en avons suscité nous-mêmes, notamment par l’enregistrement isolé. Tout produire nous-mêmes nous a imposé ces défis en permanence. Quel que soit le résultat, le processus a constitué un défi personnel : nous nous sommes mis au défi, ensemble, d’essayer des choses, confiants que nous quatre, seuls, y parviendrions. Cette phrase appartient à tous les niveaux de ce que l’album cherche à accomplir, qu’il s’agisse d’une méta-analyse de sa genèse ou de la granularité des détails, comme dans cette chanson, où le personnage est une œuvre de fiction, rien que d’en parler.

Résumez-la...

Damian Greaney : Elle ne résume peut-être pas tout, mais elle l’incarne : elle reste présente même quand on ne la remarque pas. C’est comme le sel : chaque repas en contient, parfois le plat est très salé, parfois non, mais j’ai eu le sentiment que c’était peut-être le sel de l’album.

L’épice. Vous venez en Belgique pour un concert, je suppose ?

James McGregor : Oui, c’est notre endroit préféré au monde (il sourit).

 

The Clockworks : The entertainment (V2)

En concert ce 7 novembre à l'AB de Bruxelles

 

Walk Off The Earth

Lorsque la créativité ne rencontre aucune limite…

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Certains collectifs se contentent de jouer leurs morceaux, d'autres transforment chaque concert en aventure. Walk Off The Earth appartient clairement à cette seconde catégorie. Ce vendredi 23 octobre, les Canadiens ont investi l’Ancienne Belgique de Bruxelles, animés par une créativité débordante, des instruments insolites et une bonne humeur contagieuse. Révélée en 2012 grâce à sa reprise virale de « Somebody That I Used To Know » de Gotye — interprétée à cinq sur une seule guitare —, la formation a depuis conquis le monde. Malgré deux Juno Awards et des milliards d’écoutes, ce combo conserve sa recette d'origine : un joyeux mélange de pop, rock, folk et d’harmonies vocales, où l’imagination ne connaît aucune limite.

C'est à Crash Adams que revient la mission de lancer les festivités. Originaire de Toronto, le duo canadien cultive une pop lumineuse, nourrie de mélodies immédiates, de refrains fédérateurs et d'une énergie qui rappelle, par certains aspects, les productions les plus enjouées de Maroon 5. La formation s'est notamment fait connaître grâce au titre particulièrement accrocheur « Give Me A Kiss », qui a largement assis sa popularité sur les plateformes musicales et les réseaux sociaux. Disposant d'une demi-heure, Crash Adams doit aller droit au but. Son univers musical semble d'ailleurs parfaitement adapté à cet exercice, caractérisé par des compositions concises, des rythmiques entraînantes et cette volonté permanente de privilégier le plaisir immédiat.

Là où d'autres premières parties peinent à trouver leur place, la proposition du tandem possède tous les ingrédients nécessaires pour instaurer une atmosphère décontractée avant le spectacle principal. La parenté artistique de ce groupe minoritaire avec Walk Off The Earth saute aux yeux : même goût pour les mélodies accessibles, identique volonté de communiquer une énergie positive et même refus de se laisser enfermer dans une conception trop rigide de la pop. Ce projet constitue ainsi un choix particulièrement cohérent pour jalonner cette tournée européenne, offrant à la soirée une couleur résolument festive dès son premier chapitre.

Autre particularité de cette affiche : la présence des Luminati Suns, invités spéciaux dont l'histoire entretient un lien étroit avec Walk Off The Earth. Derrière ce nom se cachent les trois fils de Gianni Luminati et Sarah Blackwood, deux figures essentielles du collectif canadien. Autant dire que la passion musicale se transmet ici en famille. Loin de n'être qu'une anecdote, cette initiative illustre la philosophie qui anime Walk Off The Earth depuis ses débuts. Chez ces artistes, la musique se conçoit avant tout comme une aventure collective, un espace de liberté où chacun apporte sa personnalité, sa créativité et son enthousiasme.

Sous la bannière des Luminati Suns, cette approche prend une dimension supplémentaire. La jeunesse des musiciens, leur proximité avec l'univers artistique de leurs parents et leur intégration à une tournée internationale confèrent au projet une identité singulière. Il y a quelque chose de réjouissant dans cette transmission. À une époque où l'industrie privilégie souvent les productions standardisées, voir une nouvelle génération s'approprier les instruments et développer sa propre expression rappelle que la création reste avant tout une histoire de passion : un joli trait d'union, en parfaite adéquation avec l'esprit convivial de la soirée.

L'atmosphère s'allège après une introduction préenregistrée du mythique combo Queen. Le très mélodique « Superhero » ramène le concert vers des territoires plus émotionnels, avant que l’enchaînement de « On The Road », « Long Way Home » et « Take Me Home » ne fasse souffler un vent de liberté et d’évasion. Ces morceaux traduisent la fascination de la formation pour les voyages, les rencontres et les liens humains — autant de thèmes récurrents dans son univers.

C’est à ce moment précis que se dresse le dispositif tant attendu du "Table Medley". Plus d'une décennie après l'explosion de leur vidéo virale sur Internet, l'incontournable reprise de Gotye, « Somebody That I Used To Know », demeure indissociable de l'identité de Walk Off The Earth. Elle sert ici de point d'ancrage à une traversée musicale particulièrement éclectique autour d'un seul instrument. Le collectif enchaîne les références, glissant de « Anxiety » au classic rock de Kansas avec « Carry On Wayward Son », avant de retrouver les couleurs eighties de « Your Love » (The Outfield). Le voyage se poursuit via « I Can See Clearly Now », s'aventure vers la pop contemporaine de Chappell Roan (« Good Luck, Babe ! », « Pink Pony Club ») et de Taylor Swift (« Anti-Hero »), pour enfin intégrer l'électropop rêveuse de « Fireflies » (Owl City) et la saveur alternative de « Clint Eastwood » (Gorillaz). Les transitions et les harmonies vocales de ce long playing condensé offrent une cohérence totale à ce qui pourrait n'être qu'un juke-box. Le band réinvente ces œuvres et les adapte à sa propre personnalité.

Impossible pourtant de laisser l'effervescence retomber. « Gang Of Rhythm » surgit comme une nouvelle décharge d'énergie, caractérisé par des accents folk-pop et une irrésistible pulsation. Voilà l'une des grandes forces de Walk Off The Earth : proposer une musique immédiatement accessible sans sacrifier l'originalité des arrangements. La séquence « Saxo, Spacedrum Jam » offre ensuite une parenthèse instrumentale captivante. Entre sonorités aériennes et expérimentations rythmiques, le collectif rappelle que sa créativité dépasse le cadre de ses vidéos internet. Derrière l'apparente légèreté du spectacle se cache une solide maîtrise technique, servie par des artistes déterminés à repousser leurs propres limites.

Un changement d'ambiance s'opère avec « I'll Be There », l'une des compositions les plus touchantes de leur répertoire. Là où d'autres morceaux privilégient l'exubérance, celui-ci mise sur l'émotion et la sincérité du propos : une respiration bienvenue dans un show particulièrement dense. « Knock Em Down » remet les pendules à l'heure sous des rythmiques résolument contemporaines. Ce single récent témoigne de la volonté de la formation de continuer à enrichir son catalogue plutôt que de capitaliser uniquement sur son passé.

Le bouquet final confirme ce talent pour l'appropriation. La reprise de « Hey Ya ! » d'OutKast rappelle la faculté du quintette à s'approprier des titres issus d'horizons éloignés du sien. Sous les doigts des Canadiens, le tube conserve son caractère festif tout en trouvant une nouvelle signature. Enfin, « Rule The World » et « Like You A Lot » concluent cette succession de refrains accrocheurs, confirmant l'aisance avec laquelle le groupe navigue entre compositions personnelles et démonstrations scéniques.

Au terme de cette escale bruxelloise, une évidence s'impose : Walk Off The Earth dépasse de loin le simple phénomène éphémère. Ce combo a su transformer son originalité en une identité artistique pérenne, préservant la fraîcheur de ses débuts. Une soirée placée sous le signe du partage et de l'inventivité qui prouve qu'en matière de création, cette formation n'a décidément pas les pieds sur terre.

Setlist Walk Of The Earth

« Red Hands », « Good Company », « Fire In My Soul », « Bet On Me », « Tribal Beat Jam », « Runaway », « Whatever », « Not To Self », « WTN My Song », « Table Medley », « Superhero », On The Road », « Long Way Home, Take Me Home », « Gang Of Rhythm », « Saxo, Spacedrum Jam », « I'll Be There », « Knock Em Down », Hey Ya ! (OutKast cover), « Rule The World », « Knock Em Down », « Like You A Lot ».

 « Somebody That I Used to Know » - « Anxiety » - « Carry On My Wayward Son » - « Your Love » - « I Can See Clearly Now » - « Good Luck Babe » - « Anti Hero » - « Fireflies » - « Clint Eastwood » - « Pink Pony Girl ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

Concours – 2 x 2 tickets à gagner pour le concert du 21 novembre au Botanique de Bruxelles, dans le cadre du festival Tough Enough

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Gagnez 2 x 2 tickets pour le concert du 21 novembre au Botanique de Bruxelles, dans le cadre du festival Tough Enough.

L’édition 2026 du festival tough Enough se déroulera le 21 novembre 2026. A l’affiche : David Eugene Edwards, The Courettes, C.O.F.F.I.N, Munly & the Lupercalians, Early James, L.A. Sagne, Fervents, Tuesday Violence, France De Griessen, Gipsy Rufina et Elephant Stone, pour un condensé d'americana, de roots, blues et de garage.

Plus d'infos sur https://botanique.be/en/concert/tough-enough-david-eugene-edwards-many-more-2026

Comment gagner ces tickets (2 x 2 places) ?

Remplissez le formulaire en bas de la page, répondez à la question en soulignant la bonne réponse copiez et collez-le dans votre réponse et envoyez-le à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. en mentionnant pour sujet : Concours Tough Enough

(pas d’attachment, il ne sera pas ouvert)

et répondez à la question avant le 17 novembre 2026

1 seul envoi par participant.

 

Les gagnants seront informés personnellement et recevront leurs tickets par e-mail.

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Question : au sein de quel groupe David Eugene Edwards n’a jamais joué ?

 

1)          16 Horsepower

2)          Wovenhand

3)          Passion Fodder

 

 

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Teenage Fanclub

Complimentés par Kurt Cobain…

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Nouvel opus pour les cultes Teenage Fanclub et deux concerts en Belgique cette semaine... Cette formation écossaise, née dans les années 80 et digne héritière de Big Star et des Byrds, signe son treizième disque, Do Not Dare To Dream. Une collection de chansons délicates, ouvragées, qui flirtent avec une indie pop intemporelle. Entretien mené auprès de Norman Blake, l'un des deux seuls membres originels du quintette actuel...

Ce long playing paraît plus joyeux que son prédécesseur ?

Norman Blake : En général, nos compositions dépeignent le monde et traduisons notre expérience de celui-ci. Elles reflètent fidèlement notre situation à un moment précis de notre existence. Nous affichons généralement un bel optimisme, même s’il subsiste un léger courant sous-jacent de cynisme, de prudence peut-être... en tout cas d'ironie. Mais, en tant que collectif, nous demeurons plutôt optimistes.

« Over and Over » évoque Simon et Garfunkel. Représentent-ils un modèle en termes de voix, au même titre qu'ABBA ?

Norman Blake : Je n'oserai nous comparer à de telles légendes : les harmonies de Simon et Garfunkel se révèlent incroyables, tout comme les arrangements et le génie compositionnel d'ABBA. Simplement, croiser nos voix de la sorte et chercher à les harmoniser s'imposait à nous comme une évidence. C'est particulièrement vrai depuis trois albums, depuis qu'Euro Childs a rejoint le combo, car il possède une magnifique voix d'alto. Je me situe quelque part au milieu, tandis que Raymond en couvre les parties inférieures. Nous pouvons désormais façonner des harmonies à trois voix que nous prenons plaisir à explorer. Lorsque nous enregistrons les morceaux, nous travaillons en formation complète dans une même pièce, puis nous les arrangeons par la suite. Raymond ou moi-même arrivons au studio d'enregistrement munis de la composition, que le band s'approprie ensuite progressivement. Nous tenons à enregistrer ensemble pour fixer l'essentiel du morceau en une seule prise.

Stonehenge

Le disque a été enregistré dans les Hébrides extérieures ; ces îles ont-elles exercé une influence sur l'œuvre, selon vous ?

Norman Blake : Nous aimons explorer différents lieux afin de stimuler notre inspiration. Nous avions conçu un album à Glasgow et, concrètement, nous avions fini par passer des mois en studio à observer notre nombril. Or, pour nous, l'enregistrement doit constituer un événement. C'est pourquoi nous avons mis en boîte quelques disques ces dernières années à Hambourg, une ville formidable. Nous en avons également enregistré un à Chicago, et ce dernier-né sur l'île de Great Bernera : le paysage y est vraiment magnifique, aride et désert. Le Black Bay Studio se niche dans une petite baie, un endroit isolé qui abrite plus de moutons que d'humains et qui se situe à environ une heure de route de toute civilisation. À cet endroit se dressent de nombreux sites néolithiques, dont l'un très célèbre appelé Callanish : un alignement de pierres plus ancien que Stonehenge, mais contrairement à ce dernier, totalement préservé du tourisme. Vous pouvez marcher jusqu'aux mégalithes et les toucher, exactement comme le faisaient les hommes il y a quelques milliers d'années. Ce lieu dégage une atmosphère unique, un environnement qui a profondément imprégné notre musique, dictant la façon dont les chansons ont évolué pour devenir ce qu'elles sont.

Détendus

Il ne reste que deux membres originaux sur cinq. Comment évolue la dynamique de la formation ?

Norman Blake : Techniquement, nous comptons trois membres originaux, puisque Francis Macdonald, qui se chargeait de la batterie sur notre premier album, s'est absenté pour étudier à l'université avant de revenir sept disques plus tard. Quoi qu'il en soit, la dynamique se révèle géniale. Nous avons parfois l'impression qu'Euro Childs est le petit nouveau, alors qu'il joue pour le groupe depuis sept ans. Dave McGowan, qui est le véritable dernier arrivé, nous accompagne depuis 20 ans. Mais cet équilibre demeure primordial. Non seulement la dynamique de la formation musicale, mais aussi celle de notre entité de tournée : nous comptons cinq musiciens sur scène, auxquels s'ajoutent notre directeur de tournée, nos ingénieurs du son et des retours, ainsi que notre responsable des produits dérivés. Nous voyageons à neuf sur la route, il s'avère donc crucial qu'une excellente entente règne entre tout le monde. La vie d'un band repose entièrement sur cette alchimie. Nous ne nous épanouissons pas dans le chaos ou les bouleversements ; nous sommes tous plutôt décontractés et nous apprécierons la compagnie les uns des autres. Teenage Fanclub reste un groupe très serein, où tout le monde s'entend à merveille, et cet équilibre s'avère capital pour notre créativité.

13 disques en 37 ans, ce rythme vous semble-t-il soutenu ?

Norman Blake : Nous aurions pu être un peu plus productifs, mais cela représente une moyenne d'environ une sortie tous les trois ans, ce qui reste honorable. Nous avons traversé une période intermédiaire, il y a 15 ou 20 ans, durant laquelle nous publiions un opus tous les quatre ans. Désormais, nous nous efforçons d'en proposer un tous les deux ans et demi ou trois ans. Pour pouvoir tourner aujourd'hui, il faut impérativement présenter un nouvel album qui serve de moteur à la tournée. Nous avons la chance de pouvoir enregistrer et tourner ; nous en profitons tant que nous le pouvons.

Like a Virgin et Kurt Cobain

Exprimez-vous toujours de la satisfaction envers la reprise de « Like a Virgin » de Madonna que vous aviez commise, et l'interprétez-vous durant vos concerts ?

Norman Blake : Nous ne l'avons plus interprétée depuis probablement trois décennies. Ce morceau provenait d'un disque intitulé The King. Il avait été mis en boîte en une seule soirée. En réalité, nous participions à un jeu en studio en nous suggérant mutuellement des reprises. L'une des règles de ce défi stipulait qu'il fallait jouer uniquement de mémoire, sans effectuer la moindre recherche, internet n'existant pas à cette époque. Il fallait tout reconstituer de tête. En raison de cette contrainte, nous ne l'avons jamais jouée en ‘live’, et je ne l'ai pas réécoutée depuis bien longtemps...

Kurt Cobain décrivait à l'époque votre formation comme le meilleur groupe du monde. S'agissait-il d'une malédiction ou d'une bénédiction ?

Norman Blake : Un tel compliment s'avère toujours plaisant, mais je ne pense pas que nous représentions son band favori à Glasgow, car Kurt vouait une immense admiration aux Vaselines. Cela dit, nous avons partagé les planches avec Nirvana lors de la tournée européenne de Nevermind. Vivre un tel phénomène de l'intérieur et côtoyer une telle déferlante au moment où elle se produit constituait une expérience extraordinaire. Ces jeunes gars de l'État de Washington se montraient d'une gentillesse absolue... Nous ne réalisions pas encore que leur musique se transformait en un raz-de-marée mondial. Mais cette déclaration de Kurt Cobain demeurait une délicate attention…

Teenage Fanclub : Do Not Dare To Dream (Merge Records/Konkurrent)
En concert à Liège le 23 octobre, à Bruges le 24 octobre

Blood Red Shoes

Blood Red Shoes ? Une jolie paire !

Écrit par

Blood Red Shoes s'apprête à débarquer cette semaine à Anvers et à Lille pour défendre son nouvel opus... Binôme tout à fait original composé de Laura-Mary Carter (guitare) et de Steven Ansell à la batterie, le duo dispense, depuis vingt ans, une forme d’indie pop-rock alternative bien plus raffinée que celle de Royal Blood par exemple ou des White Stripes à l'époque. Leur nouveau long playing (Stay Lonely) vient de paraître, emboîtant le pas à l'effort solo de la guitariste qui a tourné auprès des Queens of the Stone Age : cette influence imprègne ce disque de dix titres, accrocheurs et joliment rugueux à la fois. Rencontre avec Blood Red Shoes, sans cirage de pompes !

« Grande valse », pourquoi ce titre en français ?
Steven Ansell : Nous ne connaissons rien à la musique classique, mais nous trouvions comique d'attribuer à cette chanson un nom tiré d'une musique sophistiquée, musicalement développée, pour l'associer à une composition qui nous paraissait un peu idiote. Néanmoins, ce morceau s'apparente tout de même à une valse…

Queens Of The Stone Age


« Grande Valse » évoque certains morceaux de Queens of the Stone Age. Le fait d'avoir partagé la scène avec eux vous aurait-il influencés ?
Laura-Mary Carter : J'adore leur musique, donc une influence existe certainement.

Le fait d'avoir enregistré un disque en solo entre-temps a-t-il modifié votre approche de la composition pour votre combo ?
L.M.C. : Il s'est révélé très intéressant de s'éloigner un temps pour ensuite retravailler ensemble, parce que collaborer exige de partager les mêmes élans. Quand il s'agit de paroles notamment, nous éprouvons le besoin que les mots fassent sens pour nous deux. J'avais oublié que je m'étais habituée à écrire toute seule, le retour s'est donc avéré captivant, mais je reste persuadée que cette escapade a produit un certain effet.
S.A. : Tu as exploré des facettes de ta voix qui habitent désormais cet album, des nuances que nous n'avions jamais vraiment découvertes auparavant. C'est comme si tu avais déniché des couleurs supplémentaires que nous avons intégrées. Tu n'aurais pu chanter ainsi si tu n'avais pas mené ton projet solo.

Ce qui s'avère marquant pour votre duo, c'est que par rapport aux White Stripes ou à Royal Blood par exemple, au niveau d'un binôme guitare-batterie, vous chantez tous les deux...
S.A. : C'est de loin la caractéristique la plus intéressante au sein de notre formation.
L.M.C. : J'imagine que j'apprécie les Pixies ou Blonde Redhead pour cette raison : la présence de deux voix, masculine et féminine. Mais il demeure également très rare de voir un combo de deux membres compter deux chanteurs. Et surtout un batteur et une guitariste.
S.A. : Oui, je ne suis pas certain qu'il existe d'autres bands qui proposent cette configuration...

Punk !


Le fait d'exercer un contrôle total sur la production confère-t-il à cet elpee un caractère particulier ?
S.A. : Oui. Nous avons toujours revendiqué beaucoup de contrôle sur nos créations, à cause de nos personnalités et parce que nous avons grandi sur la scène punk où prédominait l'autogestion. Désormais, nous disposons de notre propre studio et de notre propre label ; nous pouvons littéralement concevoir chaque pièce entièrement nous-mêmes. Cela signifie en quelque sorte que notre identité imprègne chaque élément de la fabrication. Tous les défauts, toutes les aspérités étranges et belles qu'il contient proviennent de notre démarche. Cette autonomie recèle quelque chose d'assez effrayant et de vraiment splendide...

Mais l'absence de producteur ne constitue-t-elle pas un inconvénient, dans la mesure où vous ne bénéficiez jamais d'un regard extérieur pour évaluer votre production ?
S.A. : Nous avons développé un langage secret entre nous. Il devient donc de plus en plus difficile pour une tierce personne de nous décoder. Sans le vouloir, nous pouvons paraître impénétrables et distants vis-à-vis des autres parce que nous partageons une histoire commune et nous comprenons d'un seul regard.

Quand on conçoit un disque sans producteur, cela implique-t-il de consacrer plus de temps à l'évaluation de son propre travail ?
S.A. : Sans aucun doute, le processus s'avère certainement plus difficile à certains égards. On éprouve un besoin de recul. Je ne sais pas, la création a-t-elle exigé plus de temps que le précédent ?
L.M.C. : Non, je ne pense pas que c’était si différent. Nous avons procédé un peu différemment : nous ne l'avons pas bouclé en un mois comme autrefois, quand nous options pour une immersion totale dans le studio durant l'enregistrement. Pour Stay Lonely, nous nous sommes accordé quelques pauses salutaires.
S.A. : Nous testions le résultat en voiture, une sorte d'acid test...

Et vous bénéficiez également du luxe de posséder votre propre studio, ce qui signifie que vous pouviez y laisser votre travail, vous accorder une promenade ou des vacances, puis y revenir pour façonner à nouveau les morceaux.
S.A. :
Oui, cette liberté aide vraiment, mais elle représente aussi une malédiction. Cela signifie que l'on peut retoucher l'œuvre à l'infini : on risque vraiment de gâcher des morceaux de cette manière. La seule limite résidait dans notre ressenti et notre imagination, et non dans une restriction physique ou financière.
L.M.C. : Nous avions l'habitude de céder à la colère parfois pour tenter de perfectionner les morceaux ; nous gérons bien mieux la situation aujourd'hui en acceptant que le résultat ne soit pas parfait.

Soulwax et Pixies


Votre musique dégage un côté rugueux, très organique, une sorte de pouls : « 2020 on television » évoque les débuts de Soulwax. Le premier opus de cette formation possédait une guitare puissante et brute, mais teintée d'une certaine efficacité pop…
S.A. : Oui, et ils sculptent les sons d'une manière vraiment stimulante. Ils emploient l'électronique pour façonner une texture intéressante, non pour lisser l'ensemble.

Sollicitez-vous parfois un mellotron, notamment sur « 2020 on Television » ?
L.M.C. : Cet instrument a beaucoup nourri mon projet solo, mais ma mémoire flanche quant à son utilisation sur ce disque.
S.A. : Non, en revanche, nous avons dégradé et écrasé de vieilles sonorités usées. Réduire leur qualité permet de simuler le grain d'un mellotron.

Laura-Mary, vous évoquiez les Pixies... Constituent-ils une influence majeure ?
L.M.C. : Oui, sans l'ombre d'un doute. Ils ont toujours guidé nos pas. Nous avons d'ailleurs partagé une tournée d'environ un mois auprès d'eux. Durant notre jeunesse, certains bands nous marquaient profondément, et celui-ci en faisait partie. Leurs harmonies vocales et la singularité de leurs morceaux transparaissent chez nous.
S.A. : Cela reste de la musique pop, mais une pop mâtinée d'étrangeté, de laideur et de folie. Cette esthétique appartient à notre ADN (rires) !

Blood Red Shoes : Stay Lonely (Jazz Live/ V2)

En concert au Zappa d'Anvers le 21 octobre et le 22 à l’Aéronef de Lille, mais c’est complet.

SALVIA (Ukraine + Belgium)

Concours – 2 x 1 ticket à gagner pour le concert de SALVIA le jeudi 17 décembre 2026 au Botanique à Bruxelles (Rotonde)

Écrit par

Concours – 2 x 1 ticket à gagner pour le concert de SALVIA le jeudi 17 décembre 2026 au Botanique à Bruxelles (Rotonde).

Gagnez 2 x 1 tickets pour le concert de SALVIA le jeudi 17 décembre 2026 au Botanique à Bruxelles (Rotonde). SALVIA est le projet de Nicole Selivan, artiste ukrainienne installée à Bruxelles. Elle propose une musique sombre et hypnotique, à la croisée des chemins de la darkwave, du post-punk et de la dreampop, caractérisée par des lignes de basse profondes et des rythmiques électroniques. Elle relève de l'écurie Mayway Records, basée à Courtrai.

Plus d'infos sur https://botanique.be/fr/concert/salvia-2026

Comment gagner ces tickets (2 x 1 places) ?

Remplissez le formulaire en bas de la page, répondez à la question en soulignant la bonne réponse copiez et collez-le dans votre réponse et envoyez-le à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

(pas d’attachment, il ne sera pas ouvert)

et répondez à la question avant le 8 décembre 2026

1 seul envoi par participant.

 

Le gagnant sera informé personnellement et recevra son billet par e-mail.

 

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Question : de quel pays est originaire SALVIA ?

  1. Pologne
  2. Ukraine
     
  3. Roumanie

 

 

Prénom :

Nom :

E-mail :

 

Panchiko

Connaissez-vous l'incroyable histoire de Panchiko ?

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En 1997, à Nottingham, Owain Davies, Andy Wright, Shaun Ferreday et un batteur prénommé John fondent Panchiko. En 2000, ils gravent un EP intitulé "Death Metal", mais cet enregistrement ne rencontre pas le succès espéré, ils décident de ne pas poursuivre l’aventure.

Mais le groupe attire l'attention du public en 2016, lorsqu'un utilisateur de 4chan découvre dans un magasin d'occasion de la cité qui a enfanté Robin des Bois, leur EP "D>E>A>T>H>M>E>T>A>L", et le partage en ligne. Le disque acquiert le statut de "Lostwave" et donne naissance à une communauté de fans qui s'est alors consacrée à la recherche des membres de la formation. Des investigations qui durent jusqu'en 2020, lorsque Davies est retrouvé et contacté par un fan via Facebook : Panchiko renaît de ses cendres et sort deux albums : "Failed at Math" en 2023 et "Ginkgo" en 2025.

Et il se produisaient ce samedi 10 octobre 2026, à l’Aéronef de Lille, précédés par deux supporting acts, Mirra Maze et Alison's Halo.

Mirra Maze constitue une excellente surprise. Leur répertoire navigue quelque part entre shoegaze, néo psych-pop, indie pop et rock alternatif. De quoi enflammer immédiatement un public qui n'attend que ça ! C.J. Mirra, Luci Mercer, Jack Benjamin et Tom enchaînent leurs deux singles sur la scène lilloise, "Red Violet Light" et surtout le magnifique "Self Medicate", avec énormément de talent. Leur mini gig de cinq titres constitue une vraie découverte (page ‘Artistes’ ici). 

Les Anglais avaient bien chauffé la salle ! Mais, hélas, les Américains d’Alison's Halo vont un peu refroidir l'atmosphère... Pourtant, Catherine et Adam Cooper, accompagnés de David Rogers ou Roger Brogan bourlinguent depuis 1994, à la recherche d'un véritable succès. Agréable, leur musique vogue à la croisée des chemins de la dream pop et du shoegaze, mais une balance mal réglée éclipse la voix cristalline de Catherine, que l'on entend à peine. Le volume sonore des guitares est trop élevé ! Ajoutons-y le faux départ d'un morceau et une présence, sur les planches, proche du néant, et vous obtenez une prestation quelque peu décevante).

Place enfin à Panchiko ! Dix petites minutes de retard à peine sur l'horaire initialement prévu. Pas mal après deux premières parties.

Le set s’ouvre par "Ginkgo" et "All they wanted". Et de suite on peut remarquer la bonhomie de ses membres. Andy Wright fait le pitre. Il n'arrête pas d'envoyer des "pouces" au public, alors que Shaun Ferreday le concurrence avec des "cœurs". Et les nouveaux membres, Rob Harris et John Schofield, ne sont pas en reste.

Mais comment se comporte Owen Davies, le chanteur-guitariste du band ?

Sans doute plus réservé, il se concentre essentiellement sur son chant : et quelle voix !!! De la puissance, un registre à plusieurs octaves. Et le tout est juste !

On ressent immédiatement que les membres du combo sont heureux de ce qu'ils vivent. Evidemment, durant leurs seize années loin de la scène rock, auraient-ils pu imaginer un jour se retrouver à Lille, face à un millier de fans conquis ? Et c'est ainsi depuis le début de leur tournée. Et parfois dans des salles bien plus grandes !

Les morceaux s'enchaînent, toujours en alliant de beauté et originalité : "Until I know", "Cut", "Failed at Math", "Gwen Everest", "Florida", "Shelled and Cooked", ... jusqu'aux irrésistibles "Death Metal" et "La Puta".

La prestation est sans faille. Owen Davies est, entre-temps, sorti de sa réserve et s'est adressé, à plusieurs reprises, à la foule. Non sans une pointe d’humour, car ça rigolait bien plein centre, sur le devant du podium. Ces fans-là devaient venir de Nottingham ! Car il faut avouer qu’on avait bien du mal à les comprendre vu leur foutu accent à couper au couteau...

En tous cas, si vous ne savez pas quel groupe découvrir, foncez les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes sur Panchiko ! C'est du très haut niveau.

(Organisation : Aéronef)

Ultra Vomit

L’art d’appréhender le metal au second degré…

Écrit par

Il fallait oser : transformer le métal en une gigantesque cour de récréation, détourner les plus grands noms du genre et métamorphoser des histoires de canards, de chiens ou de pâtisseries en véritables hymnes. Depuis plus de vingt ans, Ultra Vomit cultive cet art du grand n'importe quoi grâce à un talent unique. Ce vendredi 9 octobre, les Nantais font escale à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, tandis que Bob's Not Dead se charge d'ouvrir les hostilités. Cette affiche réjouit les amateurs de guitares saturées et d'humour sans frontières.

Véritable OVNI de la production française, ce combo s'avère capable de transmuer les riffs les plus assassins en une farce musicale. Inutile d’espérer décrocher une place à la dernière minute : le concert affiche complet. C'est une nouvelle démonstration de la popularité grandissante d’une formation qui impose sa marque de fabrique, à mi-chemin entre puissance, pastiche et humour potache.

Après avoir notamment rempli l'Olympia à Paris et l'OM à Liège, Ultra Vomit inscrit l'Ancienne Belgique à son tableau de chasse. Ce succès témoigne de l'évolution d'un auditoire manifestement prêt à célébrer un band qui revendique son goût du second degré. Le quatuor rappelle une évidence : on peut aimer les rythmiques dévastatrices tout en conservant un penchant pour l'absurde. C'est précisément cette liberté qui explique la longévité et la popularité de ce groupe. 

À 20 heures, Bob's Not Dead ouvre les hostilités dans un registre éloigné des déflagrations métalliques promises par la tête d'affiche. Immergé dans son univers punk acoustique, brandissant des textes mordants et un humour volontiers provocateur, le Français impose sa personnalité singulière. Derrière la gouaille et les formules assassines se dessine un artiste sensible, capable de déclencher le sourire autant que la réflexion. Malgré un contraste musical évident par rapport à Ultra Vomit, une même volonté de bousculer les conventions réunit les artistes.

Cette entrée en matière atypique remplit parfaitement son rôle de mise en jambes, l'artiste réussissant à embraser la fosse avant l'arrivée des Nantais. Ici ce sont les mots qui servent de trame. Des textes tantôt caustiques, tantôt tendres, mais toujours en préservant une authenticité imperméable aux modes. 

Pour Ultra Vomit, le ridicule s'avère une affaire de professionnels : la puissance du métal, le sérieux en moins. À 20 h 50, les Nantais ont la lourde mission de donner corps à la promesse d'une soirée aussi brutale que désopilante. Car derrière ce nom singulier se cache une véritable machine de guerre. Ce combo ne se résume pas à un band humoristique ; il réunit avant tout des musiciens aguerris, capables de jongler entre heavy metal traditionnel, thrash, death metal, metalcore et sonorités modernes.

Cocorico belge : la réalisation du décor scénique est signé Kaernunos, atelier de création d'Uccle, en région bruxelloise. Spécialisée dans la conception d'accessoires et d'univers fantastiques pour le cinéma ou le théâtre – illustrée notamment par la série « Vikings » –, cette structure artisanale signe l'écrin d'Ultra Vomit. Exit l'estrade réduite à quelques amplificateurs et à une batterie : le quatuor s'offre un espace théâtral démesuré. De grandes structures rouges, des plateformes à plusieurs niveaux, des escaliers lumineux et une imposante installation vidéo donnent à l'ensemble des allures de music-hall passé à la moulinette du gros son. Les inscriptions lumineuses aux couleurs flamboyantes renforcent cette esthétique excessive, entre émission de variétés déjantée et cabaret monumental.

La batterie, juchée en hauteur, domine l'ensemble tandis que les autres musiciens arpentent les différents niveaux du dispositif. Les projections vidéo et les jeux de lumière permettent de changer d'ambiance au gré des compositions et de leurs innombrables clins d'œil musicaux. Cette scénographie prolonge directement l'identité artistique de la formation. Tout semble exagéré, presque caricatural, mais derrière cette extravagance se devine un minutieux travail de fabrication. Habitués à donner vie à des mondes imaginaires, les artisans bruxellois apportent une dimension visuelle qui rapproche le spectacle d'une production théâtrale. Le contraste s'avère savoureux puisque cette débauche de moyens sert des morceaux dont les sujets oscillent entre canards, pâtisseries et considérations absurdes. Grâce à cette mise en scène grandiose, Ultra Vomit pousse son concept jusqu'au bout, et le résultat visuel est saisissant.

La spécialité de la formation consiste à s'approprier les codes des grands noms du genre pour mieux les détourner. Metallica, Rammstein, Gojira, Motörhead, ou encore toute une galerie de références parfois très éloignées du métal, constituent autant de terrains de jeu pour cette bande de joyeux artificiers. C'est précisément là que réside le génie d'Ultra Vomit : faire cohabiter une musique techniquement redoutable et des textes totalement absurdes, sans que l’un ne prenne jamais le pas sur l'autre.

Impossible d'évoquer le combo sans revenir sur les morceaux qui construisent sa réputation. « Je collectionne des canards (vivants) », « Boulangerie Pâtisserie », « Mechanical Chiwawa » ou encore « Évier Metal » illustrent à merveille cette capacité à métamorphoser les situations les plus improbables en compositions particulièrement efficaces. Le plus étonnant reste le soin apporté aux arrangements. Les parodies s'avèrent tellement bien réalisées qu'en occultant les paroles, l'auditeur croit écouter une authentique formation de metal extrême.

Paru en 2024, le dernier opus, « Le Pouvoir de la Puissance », enrichit encore cet arsenal. Des titres comme « Doigts de Metal », « Le Coq », « Takoyaki » ou « Ricard Peinard » prolongent cette tradition du grand écart stylistique, où la virtuosité instrumentale sert une imagination sans limites. Sur le podium, cette diversité constitue la grande force du groupe. Les changements de styles, les clins d'œil musicaux et les interventions humoristiques transforment le concert en un véritable spectacle, bien au-delà d'une simple succession de morceaux.

Ce qui distingue surtout Ultra Vomit de nombreuses autres formations, c'est cette faculté de tourner en dérision un univers souvent associé à une certaine gravité. Les Nantais connaissent les codes du métal sur le bout des doigts : guitares saturées, rythmiques explosives et attitudes martiales. Mais plutôt que de les reproduire au premier degré, ils préfèrent les pousser jusqu'à l'absurde. Cette autodérision n'empêche jamais le band de faire preuve d'une réelle crédibilité musicale. C'est même tout le paradoxe de cet elpee : plus les chansons s'avèrent ridicules, plus leur interprétation exige de la rigueur. Là où certains craignent une simple succession de plaisanteries, la formation propose une formule élaborée, nourrie par des années de pratique et une solide connaissance de l'histoire du rock. Cette approche explique pourquoi le quatuor parvient à séduire bien au-delà du cercle traditionnel des amateurs de musique extrême.

Cette escale bruxelloise à guichets fermés confirme le statut de phénomène incontournable du métal francophone acquis par Ultra Vomit. Le groupe développe une formule immédiatement identifiable, mélange de virtuosité, de parodie et d'énergie communicative. Cette recette continue de séduire la foule. Au fond, les Nantais réalisent un exploit remarquable : rendre hommage au métal tout en bousculant joyeusement ses conventions. Une chose est certaine : le combo n'a pas besoin de se prendre au sérieux pour être pris au sérieux. C'est l'art de prouver qu'entre deux riffs ravageurs, un bon éclat de rire est très susceptible de s'inviter parfaitement dans l’auditoire !

(Organisation : Intersection VZW)

Guy Verlinde & The Artisans of Solace

L’élégance du blues pour un dernier tour de piste en Wallonie.

Écrit par

Un parfum particulier flotte dans l’air du Zik-Zak ce 2 octobre 2026. La salle d’Ittre lance un mois d’octobre placé sous le signe de son dixième anniversaire, mais l'événement réside surtout dans les adieux à la Wallonie de Guy Verlinde & The Artisans of Solace, venus donner leur ultime concert dans la région avant la dissolution de la formation. Cette réalité confère à la soirée une dimension supplémentaire, partagée entre célébration, émotion et sentiment de tourner une page. À 50 ans, Guy Verlinde bénéficie d'un contexte idéal pour revisiter une carrière qui le place depuis deux décennies parmi les figures incontournables du blues noir-jaune-rouge. Fort de 17 opus au compteur et de podiums partagés au fil des années en compagnie de légendes telles que B.B. King, Santana, John Fogerty, John Hiatt, Jeff Beck ou encore Canned Heat, le musicien jouit d'une réputation de performer solidement établie bien au-delà des frontières belges. Cette tournée anniversaire s'impose moins comme une rétrospective nostalgique que comme une mise en mouvement de tout ce parcours.

Dès son entrée sur les planches, Verlinde rappelle précisément pourquoi il a bâti sa renommée sur le live. Guitare en bandoulière, harmonica et micro américain à portée de main, la voix chargée de vécu, le Gantois ne cherche jamais à jouer au guitar hero. Chez lui, le blues demeure avant tout une affaire de narration, de transmission et de proximité. Il s'adresse à la foule, introduit les morceaux, laisse respirer les silences et transforme rapidement la salle en un lieu presque intime. Malgré une cinquantaine de préventes seulement, l'intensité s'avère parfaite et la complicité unit l'auditoire et les artistes à la manière d’un showcase cosy. Le Zik-Zak se prête idéalement à cet exercice. Sa configuration rapprochée et son acoustique permettent d'approcher directement les musiciens, une qualité que la salle revendique d'ailleurs comme l'un de ses principaux atouts.

Guy Verlinde ne joue évidemment pas seul ; The Artisans of Solace soutiennent magistralement le concert. À la guitare électrique, Stef Paglia, également connu pour son travail au sein de la formation The BluesBones, apporte cette touche nerveuse et contemporaine capable d'orienter le blues vers le rock sans jamais le dénaturer. Ses interventions visent la sobriété : quelques notes suffisent souvent pour densifier un morceau ou répondre à Verlinde par de savoureux dialogues de guitares. Derrière les claviers et le banjo, Tom Eylenbosch insuffle au contraire beaucoup de couleurs. Tantôt blues, tantôt folk ou Americana, son jeu élargit considérablement le spectre sonore du combo. La paire rythmique constituée de René Stock à la contrebasse et de Benoit Maddens à la batterie et aux percussions offre à l'ensemble cette respiration si particulière : un ancrage assez solide pour propulser les morceaux, mais toujours assez souple pour laisser circuler l'émotion.

C'est d'ailleurs là que réside la véritable réussite des Artisans of Solace. Ce quintette ne se contente pas d'escorter Guy Verlinde : il donne une seconde vie à ses compositions. Le blues traditionnel constitue toujours la colonne vertébrale du répertoire, mais celui-ci se nourrit largement de roots, de folk et d'Americana. Le programme officiel présentait justement cette musique comme un voyage traversé par des histoires d'amour, d'espoir et de résurrection. Sur l'estrade, ces mots prennent tout leur sens. Le concert progresse ainsi par vagues. Durant les moments électriques, Paglia et Verlinde intensifient progressivement la tension tandis que la section rythmique métamorphose le Zik-Zak en véritable club de blues. Viennent ensuite des passages nettement plus dépouillés, où une guitare acoustique, une ligne de contrebasse ou quelques accords de clavier suffisent pour modifier totalement l'atmosphère.

Verlinde excelle dans cette alternance. Il sait pousser l'auditoire à frapper du pied avant, quelques minutes plus tard, de guider la foule vers une écoute beaucoup plus intérieure. C'est précisément ce qui distingue Guy Verlinde de bon nombre de musiciens enfermés dans une conception orthodoxe du genre. Son univers ne repose pas sur une succession de démonstrations instrumentales. Même lorsque le combo prend son envol, la virtuosité demeure au service des chansons. Les solos racontent une histoire, les respirations comptent, tout comme les regards complices. On perçoit derrière ce band de nombreuses heures de route et de planches communes. Le Zik-Zak annonçait d'ailleurs les Artisans comme des partenaires en compagnie desquels Verlinde a déjà parcouru « beaucoup de kilomètres musicaux ». Ce vécu s'entend : les changements de dynamique s'opèrent naturellement et personne n'a besoin de surveiller son voisin pour deviner la direction du morceau.

Dans ce contexte particulier, certains titres revêtent une autre couleur. Face à cette ultime apparition wallonne, les thèmes de reconstruction, de passage du temps et de renaissance semblent commenter d'eux-mêmes la soirée. Verlinde conserve cette chaleur et cette générosité qui caractérisent depuis longtemps son identité artistique. Il échange volontiers par le dialogue et l'humour, ce qui lui permet de désamorcer les séquences chargées d'émotion. La fosse d'Ittre répond présent. L'auditoire écoute intensément, mais applaudit tout aussi généreusement les improvisations instrumentales.

Plus le concert progresse, plus la séparation entre l'estrade et la salle s'efface. C'est là que Verlinde donne le meilleur de lui-même : lorsqu'il ne semble plus interpréter un répertoire face à des spectateurs, mais plutôt bâtir la soirée en leur compagnie. Au moment où résonnent les dernières notes, une pointe de mélancolie surgit. Car au-delà du « 50th Anniversary Tour », cette date s'apparente à un au revoir. Pas nécessairement à Guy Verlinde, dont l'activité musicale se poursuit, mais à cette alchimie précise unissant cinq musiciens. Elle mérite amplement cette célébration.

Après deux décennies passées à défendre sa propre vision de cette musique, Guy Verlinde n'a plus grand-chose à prouver. Ce concert montre pourtant un artiste éloigné de tout pilote automatique. À 50 ans, il célèbre son parcours sans s'ériger en attraction patrimoniale, préférant rappeler que le blues reste vivant tant qu'on lui insuffle une part de soi. Aux côtés de Stef Paglia, Tom Eylenbosch, René Stock et Benoit Maddens, il a structuré une formation capable d'unir puissance électrique, finesse acoustique et profondeur émotionnelle. Pour le Zik-Zak, qui fête ses dix ans en ce mois d'octobre 2026, l'ouverture s'avère hautement symbolique : une salle créée par des passionnés accueille un musicien qui, après des milliers de kilomètres, continue à jouer comme si chaque concert était unique.

La soirée s'achève sur une note chaleureuse et authentique, où le blues retrouve ses fondements : des histoires, des musiciens et une communauté pour les partager.

Setlist : « Bon Ton Rouler », « Lovestrong », « Feel Alive », « Treat Me Right », « Soul Javin’ », « Me And My Blues », « Learnin’ How To Love You », « Lovelight Shine », « My Little Girl », « Better Days Ahead », « Ain’T No Sunshine », « Goin’ Down To Mississippi », « Gator Bop », « Winter Blues ».

Rappel : « Powered By The Blues ».

Organisation : Rock Nation et Zik-Zak.

 

Les Tit' Nassels

Les Autres

Écrit par

Près de trente ans après leurs débuts, Les Tit’Nassels poursuivent leur route en façonnant la chanson française selon leur propre méthode : raconter de petites histoires pour aborder des sujets bien plus vastes. Sur cet elpee, Axl et Sophie semblent avoir déniché le titre idéal pour synthétiser leur univers. Car derrière les personnages, les anecdotes, l’humour et les mélodies immédiatement familières, leur œuvre traite depuis toujours des relations humaines.

Cette fois, ils l’annoncent clairement : « Les Autres » occupent le centre du tableau. Après « À double tour », dont les deux volumes ont marqué le début des années 2020, le binôme revient au travers d'un opus plus resserré de neuf morceaux. Pas question pour autant de révolutionner une formule éprouvée. Les Tit’Nassels restent attachés à une chanson française mélodique, accessible et profondément narrative, où le texte prime sur la démonstration. Leur force réside dans cette capacité à feindre le récit d'une aventure ordinaire avant que celle-ci ne finisse par nous renvoyer à nos propres contradictions.

Le morceau éponyme « Les Autres » donne naturellement le ton. Il y est question de ces individus que l’on croise, que l’on aime, que l’on juge parfois trop vite et dont les trajectoires s’entremêlent à la nôtre. À une époque où le repli sur soi devient parfois un réflexe, Axl et Sophie défendent au contraire une idée fondamentale : nous n’existons jamais tout à fait seuls. Derrière la simplicité du propos transparaît une vision profondément humaniste.

C’est probablement là que bat le cœur de ce disque. Le duo observe le quotidien sans chercher à transformer chaque titre en manifeste. Les inquiétudes personnelles côtoient les coups de cœur et les coups de gueule, nourris par cette tendresse légèrement désabusée qui caractérise leur signature. Mais cette douceur n'exclut pas le mordant.

Au travers du titre « Hashtag », dévoilé en 2026, la formation prouve qu’elle sait toujours sortir les griffes. Le morceau prend directement pour cible le discours masculiniste et délaisse par moments la délicatesse habituelle du combo pour adopter des mots beaucoup plus tranchants. L’engagement ne s’impose pourtant jamais de manière artificielle : il prolonge cette obsession pour les rapports interpersonnels, la perception de l’altérité et la manière dont certaines idéologies corrompent ces liens. Un constat similaire s'impose à l'écoute de « La Ballade Des Imbéciles Heureux », dont le titre arbore cette ironie typique de la formation. Derrière son apparente légèreté se cache une critique de la facilité intellectuelle, de cette tentation confortable qui pousse à ne plus rien questionner pour vivre plus tranquillement. Là encore, les musiciens préfèrent raconter et suggérer plutôt que donner des leçons.

Cette démarche distingue Les Tit’Nassels de nombreux groupes dits « engagés ». Chez eux, le message ne supplante jamais les personnages. L’humain reste au premier plan. Musicalement, les premiers éléments disponibles ne laissent pas présager de rupture radicale. Et tant mieux. L’identité du band repose précisément sur des mélodies immédiatement identifiables, une écriture où la musique soutient le récit sans l’étouffer, et surtout sur la complémentarité d’Axl et Sophie. Après tant d’années, l'union de leurs deux voix demeure le véritable fil conducteur de l’aventure. Il s'avère d’ailleurs cohérent de voir Les Tit’Nassels dédier aujourd’hui un long playing aux « autres ». Depuis leurs premières compositions, ils bâtissent leur répertoire à partir de figures ordinaires, de rencontres, d’amours, de désillusions et de fragments de vie. En changeant constamment de visage, ils racontent finalement toujours un peu la même personne : nous.

Dans « Les Autres », le duo rappelle surtout une évidence que notre époque tend parfois à oublier : seul, on peut raconter son histoire, mais ce sont les autres qui lui donnent du relief.

Le spectacle s'annonce festif, déjanté, schizonévrose à souhait et délirant !

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