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Addie Brik

Strike the tent

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Si on pouvait sédimenter le son d’un album, et n’écouter que certaines ‘couches’, alors je pourrais mettre en ‘off’ la couche ‘voix’ afin d’apprécier quelques morceaux de cet album d’Addie Brick qui a parfois de sympathiques sonorités tziganes ou latines. Malheureusement, je suis obligée de supporter les plaintes langoureuses de la chanteuse qui vient littéralement gâcher la fête, en se prenant tour à tour pour la Castafiore, Mariah Carey, la petite sirène… En plus, à ces moments-là, l’arrangement vire au rose à paillettes et dégouline pour m’écœurer davantage. Aucune ligne de conduite au sein du disque, les inspirations de musique traditionnelle sont tellement hétéroclites, on dirait… des parodies, ou ‘le tour du monde en 12 chansons’.

On plante ainsi la tente, en compagnie de Miss Castafiore, dans un monastère tibétain, en Chine, à Marrakech, en Angleterre, dans un camp tzigane, dans la Pampa. C’est un peu comme des vacances organisées pour visiter le maximum de pays en un minimum de temps. Le genre musical ? Rock, pop, électro, new age, world music. La voix elle-même n’a aucune identité.

Le meilleur moment reste ce morceau digne de la comédie musicale du Roi Lion, où des voix à la Era sont soutenues par un beat préenregistré. Dans un morceau électro, on peut entendre malgré tout, sous les vibratos, de chouettes mélodies de harpe et d’accordéon. Vraiment, quel gâchis !

L’héroïne du conte d’Andersen avait eu la bonne idée d’échanger sa voix contre des jambes. Allez, Addie, crois-moi, pouvoir courir sur la plage, c’est super !

 

Addie Brik

Loved Hungry

Écrit par
Américaine émigrée à Londres, la belle Addie Brik, pianiste chanteuse de son état, a voulu mettre les petits plats dans les grands pour son premier long format. Un grand orchestre à cordes (le Russian Chamber Orchestra de Londres), les To Rococo Rot, des programmations, des musiciens jazz/rock et un grand chœur féminin se sont unis pour un résultat musical qui part dans tous les sens. Aussi chatoyante que la décoration d’un cabaret turc, la musique de « Loved Hungry » a choisi de ne pas se cantonner à un style. On part de grandes envolées orchestrales à la John Barry (« My little pony ride ») en passant par de l’électro-funk (« Saki »), du jazz, du folk, de la samba dépressive (« I get home »), du trip hop (« Fruit Fly ») et de l’ambient (« Holes and Bridges »). Vocalement, son timbre évolue dans un registre proche d’une Tori Amos, en plus maniéré (oui, c’est possible), qui se lamente plus qu’elle ne chante. Et c’est bien à cause de la voix d’Addie qu’on a bien du mal à s’envoyer cette dizaine de chansons. Car musicalement, ils ont beau être totalement aboutis, ces morceaux ne restent que des écrins vides si une voix digne de nom ne vient pas se caler dessus.